Troyes et l'Aube précurseurs



Les Compagnons du devoir


Une légende assez répandue cite Maître Jacques, le Roi Salomon et le Père Soubise en tant que fondateurs des compagnons. 

Maître Jacques arrive sur le chantier de la construction du Premier Temple de Jérusalem, au temps de Salomon (X° siècle av. J.-C.).

Devenu maître des tailleurs de pierre, menuisiers et maçons, il revient en France, en compagnie d'un autre maître, dénommé Soubise. Il y introduit les méthodes de travail et ce qu’ils ont appris sur ce chantier où des ouvriers d’origines diverses ont appris à travailler ensemble.

Quand on parle du père Soubise, on parle du rôle des Abbayes dans les fondements du compagnonnage.  

Une autre légende identifie Maître Jacques à Jacques de Molay, dernier Grand Maître de l’Ordre des Templiers.

Les compagnons du XV° siècle se sont ainsi forgé des légendes fabuleuses qui mêlent les références bibliques, les symboles de la chevalerie et les règles des Métiers.

Le compagnonnage naît au XII° siècle, dans le cadre de la construction des cathédrales qui assure à des jeunes gens, une formation à des métiers traditionnels, basée sur l’apprentissage, la vie en communauté et le voyage appelé Tour de France.

Le XIX° y a ajouté le mystère des Templiers, l’alchimie et la franc-maçonnerie.

On retrouve dans celle-ci la plupart des symboles utilisés pendant plus de mille ans par les compagnons du Devoir.

Les Compagnons, comme les Francs-Maçons, utilisent des signes de reconnaissance et des attouchements, usent de symboles tels que l'équerre et le compas, sont équipés d'une canne, pratiquent des rites de passage, d'identification, de célébration funéraires.

Il a vraisemblablement fallu plusieurs siècles pour que les maçons de métiers abandonnent leurs outils au profit de spéculations philosophiques.

Si le compagnonnage avait donné naissance à la franc-maçonnerie, il aurait été appelé à disparaître.

Si la franc-maçonnerie descendait du compagnonnage, comment peut-on expliquer la pérennité de l'institution compagnonnique ? Les compagnons auraient logiquement dû disparaître et tel n'est pas le cas.

On peut parler de mimétisme entre ces 2 institutions.

 

 Depuis plus de 600 ans, les Compagnons sont présents à Troyes, qui semble être le berceau du compagnonnage.

En effet, l’ordonnance de 1419, de Philippe VI, réglant le travail des cordonniers de Troyes, est le plus ancien document décrivant le système de compagnonnage dans son principe d’apprentissage. Il distingue clairement ces compagnons itinérants des hommes de métier sédentaires, maîtres, valets et apprentis, les trois piliers des corporations médiévales.

 

Au Moyen-Age, besace à l’épaule, bâton au poing et le savoir-faire pour viatique, ils cheminent d’un chantier à l’autre et bâtissent les cathédrales.

Ce sont les Compagnons du Tour de France, devanciers des modernes Compagnons du devoir. Ils représentent les métiers les plus divers.

Le Tour de France est ponctué d’auberges tenues par des Mères et sont situées à trente ou quarante kilomètres les unes des autres (étape d’une journée à pied).

Aujourd’hui, un réseau de Maisons construites ou restaurées par les compagnons, permet à 800 jeunes de voyager dans toute l’Europe.

La longue tradition du Compagnonnage français, tout au long de son existence, a permis à ses membres d’atteindre un haut degré de compétence et de connaissances professionnelles.

Les Compagnons ont porté au plus haut niveau le goût " de la belle ouvrage et du travail bien fait ".

 

A Troyes, ils ont restauré l’Hôtel de Mauroy et y ont créé une bibliothèque et un musée de l’outil unique au monde.

La Maison accueille environ 85 pensionnaires résidents qui, pour la plupart, sont en formation d’apprentissage en maçonnerie, plomberie, charpente, menuiserie…

En tant que Centre de formation des apprentis en alternance, la Maison de Troyes accueille des jeunes de 16 à 25 ans, dès leur sortie de classe de troisième. Les autres résidents sont des jeunes aspirants-compagnons faisant étape dans leur tour de France ou des stagiaires de la formation continue sur de courtes durées.

 

Le Troyen Nicolas George, est Compagnon Charpentier. Il complète sa formation comme Prévôt de la Maison de Troyes. Le prévôt est un jeune compagnon qui a terminé son tour de France. Il est en quelque sorte le chef d’établissement, pour une durée de trois à cinq ans.

 

La partie économat est assurée par une "Dame Hôtesse ", toujours présente dans une maison des Compagnons pour donner aux jeunes les repères familiaux dont ils ont besoin.

Elle tient donc le rôle de celle que l’on appelle " la mère ". C’est avant tout la maîtresse de maison qui s’occupe de l’intendance, de l’hébergement et surtout de l’accueil des jeunes.

Depuis des siècles, le succès des Compagnons tient à leur volonté de confronter jeunes et anciens, néophytes et experts, salariés et employeurs, hommes itinérants et sédentaires.

Ces rencontres sont une source de richesses incomparables et constituent les bases du Compagnonnage du Devoir.

 

 

 

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