Les Comtes de Champagne


Henri II comte de Champagne (1187-1197)


Henri II
Henri II

La comtesse Marie donne à Henri le Libéral deux fils.

 

Le premier, qui reçoit le nom de son père, naît le 29 juillet 1166, le jour de la fête de saint Loup, que le comte juge bon de remercier en offrant à l’abbaye, dont le grand évêque de Troyes est le patron, un bel évangéliaire aujourd’hui conservé à la Bibliothèque municipale de Troyes.

 

Henri II n’étant pas en âge de régner à la mort de son père, le 16 mars 1181, la comtesse Marie reste en charge de la régence, qui lui a été confiée par son époux en 1179, et dont elle remplit fort bien les devoirs, " viriliter ", à la manière d’un homme, dit un chroniqueur.

 

Henri II de Champagne devient majeur en 1187.

Comme son père Henri 1er, il a l’amour du bien public en partage.

 

" En 1188, la ville de Troyes est à deux doigts de sa perte. Au mois de juillet, on tenait la foire appelée la foire chaude ou de Saint-Jean-Baptiste. La ville était remplie de marchands qui y étaient venus de toutes parts. La sécheresse était alors extraordinaire, et le 23 du mois, lendemain de la Sainte Magdeleine, un incendie terrible se déclara la nuit, et s’accrut avec une rapidité incroyable, augmentée encore par l’impétuosité du vent.

Les secours devinrent inutiles, les citoyens furent repoussés par les flammes, plusieurs y périrent et la perte monta à des sommes immenses.

La cathédrale, l’église Saint-Etienne, l’Hôtel-Dieu, les étuves aux hommes, furent consumés ainsi que l’abbaye de Notre-Dame-aux-Nonnains, où plusieurs religieuses furent la proie des flammes. On ne marcha plus que sur des ruines, les habitants gémissaient sur les cendres de leurs maisons, et un avenir affreux se présentait à leur esprit.

Le comte Henri, pénétré du malheur de son peuple, employa ses revenus à la reconstruction des édifices publics et des maisons particulières, et à dédommager ceux qui avaient été enveloppés dans cette affreuse calamité... "

 

En 1190, ce prince s’embarque pour la Terre-Sainte, où il emmène la fleur de la noblesse champenoise. Avant de partir, il réunit ses barons et leur fait prêter le serment qu’au cas où il ne reviendrait pas de Terre Sainte, ils reconnaîtraient comme comte de Champagne son jeune frère Thibaud. En attendant qu’il fût en âge de régner, ils obéiraient à sa mère, la comtesse Marie, à laquelle il confiait le gouvernement de ses états.

  

Il débarque en avant-garde devant Saint-Jean-d’Acre  le 27 juillet 1190 et rejoint les forces qui assiègent la ville.  [Après la prise de la ville, Philippe Auguste repart en France, et Henri de Champagne reste en Terre Sainte où il participe à la bataille d’Arsouf.

 

À la mort de Conrad de Montferrat, assassiné le 28 avril 1192, pour les barons du royaume, Henri II est l’homme providentiel. Ils le choisissent comme roi et lui font épouser la veuve de Conrad (enceinte de ce dernier), qui, confie un chroniqueur : " j’en aurais fait tout autant, car elle était trop belle et gente " ! 

   La ville d’Acre lui fait un accueil triomphal et déploie pour lui tous les fastes de l’Orient : façades tapissées de soie, rondes de femmes, encens brûlant sur les places…

En 1197, l’empereur Henri VI (fils de l’empereur Frédéric Barberousse) décide de combattre en Terre Sainte espérant reprendre Jérusalem à la faveur des luttes de succession qui déchirent l’empire après la mort de Saladin. Henri II organise l’envoi d’une armée de secours, lorsqu’il tombe accidentellement d’une fenêtre de son palais.

Ainsi meurt, âgé de 31 ans, le " comte palatin des Troyens maître de Tyr et d’Acre ", comme il s’intitule lui-même.

Cette nouvelle frappe douloureusement la comtesse Marie. Depuis que ce fils, dont elle est fière, s’est mis au service de la Terre Sainte, elle lui a apporté sans compter le soutien financier nécessaire, dépouillant la Champagne pour le royaume de Jérusalem, se dépouillant elle-même jusqu’au dénuement et à l’endettement.

 

Son deuil fut tel que le pape Innocent III s’en émut, écrivant le 25 février 1198 à l’archevêque de Reims :

" ... notre fille en Jésus-Christ, Marie, comtesse de Champagne, se trouve plongée par la mort de son fils dans le plus grand abattement. Nous éprouvons pour elle la plus vive compassion, car la mort de ce prince n’est pas seulement une perte pour elle, mais nous sommes tous atteints par ce coup qui met en péril la Chrétienté... ".

 

Henri II reste presque ignoré de l’histoire.

 

   

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