Religieux et saints de l'Aube


Sainte Marguerite Bourgeoys


       Dès le commencement du XIII° siècle il y a à Troyes une rue de l’Isle, car le quartier où elle se trouve est alors appelé l’Isle de Troyes, en raison des cours d’eau qui l’entourent.

       Le 14 décembre 1954, le Conseil Municipal décide de donner le nom de Marguerite Bourgeoys à la voie nouvelle ouverte entre la rue de L’Isle et le boulevard Henri Barbusse, le long de la cité de relogement.

 

Marguerite Bourgeoys naît à Troyes le Vendredi saint 17 avril 1620 (en face de la mairie), et est baptisée le même jour en l’Église Saint-Jean.

Elle est la sixième enfant d’une famille qui en comptera douze.

Son père, Abraham, cumule les fonctions de marchand chandelier et de monnayeur de la Monnaie de Troyes. Cette dernière fonction, plus honorable que lucrative, lui permet de se considérer comme presque noble, ou du moins, supérieur aux bourgeois.

Sa mère, Guillemette Garnier, est la fille d’un marchand tisserand, issu d’une famille de Troyes, apparentée aux Colbert.

Marguerite vit dans un milieu chrétien une vie toute simple. A la fin de décembre 1638, sa mère décède, et elle devient responsable de l’éducation de ses 3 frères et sœur mineurs.

C’est à Troyes, lors d’une procession à la Vierge du Rosaire le 7 octobre 1640, pour implorer de Notre-Dame le reflux de l’invasion austro-espagnole, " qu’une touche particulière de Dieu transforme le cœur de Marguerite et interpelle sa foi ". Elle est touchée par la beauté de la statue de pierre qui se trouve au-dessus du portail de l’abbaye bénédictine de Notre-Dame-aux-Nonnains.

Elle se joint à une équipe de jeunes chrétiennes (dont Louise de Chomedey, alias sœur Sainte Marie, une des sœurs de Paul de Chomedey de Maisonneuve) qui prient ensemble, enseignent et aident les plus pauvres.

Elle fait un essai de vie religieuse chez les carmélites qui viennent de s’installer à Troyes, puis chez les capucines, et, avec l’aide d’un conseiller spirituel (M. Gendret, prêtre à Saint-Nizier), elle nourrit le projet de servir Dieu dans la simplicité, sans les grilles d’un cloître.

En 1653, après un séjour de 10 ans à Ville-Marie, Paul de Chomedey revient dans sa patrie pour lever des soldats. Il est aussi à la recherche d’une institutrice laïque pour assurer la formation intellectuelle des enfants des colons français et des Amérindiens. Sa sœur Louise, chanoinesse, connaît bien Marguerite, dont elle apprécie les qualités pratiques, morales et spirituelles. Elle lui fait rencontrer son frère, au parloir du couvent.

Marguerite prie, réfléchit, prend conseil, et se déclare prête à traverser l’Océan pour réaliser l’idéal de sa jeunesse.

C’est ainsi qu’elle embarque sur le Saint-Nicolas, à Saint-Nazaire, le 20 juillet 1653. Le 22 septembre, elle arrive au Québec, et le 16 novembre, à Ville-Marie (Montréal).

Elle rêve de participer à la fondation d’une société où s’incarnerait l’idéal des premiers chrétiens.

Elle fonde le 30 avril 1658 la première école (dans une étable abandonnée), et forme bientôt une véritable communauté.

En 1663, Louis XIV prend en main le gouvernement de la colonie et, pour en favoriser le peuplement, le roi demande à Colbert d’organiser l’émigration féminine en Nouvelle-France.

Le 1er ministre choisit dans chaque province française, 2 orphelines dont le père, officier ou soldat, est mort en défendant les intérêts de la France. Ces jeunes filles reçoivent une pension du roi, d’où vient leur nom de " Filles du roy ".

En effet, d’après les statistiques de l’époque, le Canada compte, pour 764 célibataires en âge de se marier, 45 filles et 719 garçons.

Marguerite prend en main la formation générale des Filles du Roy, envoyées de France, pour fonder de nouveaux foyers.

Ainsi que l’a rappelé Jean-Paul II lors de sa canonisation, Marguerite " veut préparer les jeunes filles à être de bonnes mères de famille, par une éducation complète. Il s’agit, bien sûr, de les former à la foi, à la piété, à la vie chrétienne et à l’apostolat, mais aussi de les initier aux arts domestiques... elle les prépare à être épouses et mères valables, cultivées, laborieuses, rayonnantes, et en même temps, elle aide ces rudes hommes à devenir des époux compréhensifs et de bons pères...".

Des lettres patentes signées en mai 1671, lui sont accordées par le Roi Louis XIV, et en 1976 Marguerite Bourgeoys reçoit par un mandement, la confirmation canonique de sa congrégation de Notre-Dame.

De 1658 à 1680, elle fait trois voyages en France pour aller chercher des recrues et " voir aux affaires de la congrégation ".

En 1675, elle fait construire la chapelle Notre-Dame de Bon Secours.

En 1680, elle se consacre à la formation de missions en territoires indiens.

Elle a énormément de difficultés dans son évangélisation, mais Dieu lui manifeste toujours sa présence : " quand elle n’a plus rien, il multiplie la farine dans la huche, le vin pour la messe, le blé au grenier... ".

Marguerite Bourgeoys décède à Ville-Marie (Canada), le 12 janvier 1700, après 47 ans d’une vie consacrée à une oeuvre d’enseignement au Nouveau-Monde, ayant établi 8 maisons offrant l‘enseignement à 600 élèves.

Elle est béatifiée par Pie XII en 1950, et le 26 novembre, une plaque commémorative est inaugurée sur le mur extérieur de l’église Saint-Jean.

Elle est canonisée le 31 octobre 1982 par Jean-Paul II (après la reconnaissance d’un nouveau miracle, la guérison de M. Gauthier).

C’est la première Sainte canadienne !

En l’an 2000, les sœurs de la Congrégation Notre-Dame continuent l’œuvre de leur donatrice dans 4 continents : en France, au Canada, aux États-Unis, au Japon, au Honduras, au Guatemala, au Paraguay, à San Salvador, au Cameroun... avec 1.500 groupes communautaires, et 800 personnes associées.

Le diocèse de Troyes l’a inscrite à son calendrier le 12 janvier.

 

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