Histoires d'eau



Jeux d'eau à Troyes


En 1495, la municipalité adopte un plan de jets d’eau à l’intérieur de la ville, mais la pénurie des finances lui fait abandonner ce projet.

En 1629, Etienne Richot, ingénieur-fontainier du roi (né à Troyes), devant le maire et une assemblée d’échevins, de conseillers de bailliage, de représentants du clergé, de la justice, se déclare" désireux de rendre quelque agréable service à ceste ville de Troyes et faire paroistre en son pays l’effect de son industrie et de la cognoissance qu’il est acquise en la conduite des eaues".

Il projette l’installation d’une ou plusieurs fontaines en places publiques :

- la première se situerait place du Marché au Blé (place Jean Jaurès), avec un bassin orné d’architectures, avec un piédestal sur lequel Hercule grandeur nature égorgerait un lion qui rejetterait par la gorge six pouces d’eau sortant par quatre cascades et tomberait dans le bassin, puis coulerait le long des rues pour les nettoyer de leurs immondices,

- un autre bassin serait installé en l’Etape au vin (place Audiffred), avec un Bacchus pressant et foulant aux pieds des raisins blancs, desquels sortirait de l’eau très claire, fraîche et désirable à boire,  

- il pourrait y avoir place des Changes (place du Marché au Pain), un amas de fruits desquels sortiraient quatre filets d’eau qui, tombant sur le pavé, enlèveraient la puanteur de cette place,  

- près de la Maison de Ville, un superbe bassin, au milieu duquel serait élevée une statue renommée qui jetterait l’eau à douze pieds de haut, jetant l’eau par sa trompette,

- place Notre-Dame (près de la place de la Préfecture), il construirait une pyramide de vingt pieds de haut, au milieu d’un bassin, et il sortirait un bouillon d’eau qui tomberait en cascade, jusqu’en bas et serait admirable à regarder,

- enfin, près de Saint-Pierre, il pourrait y avoir un bassin avec plusieurs statues qui jetteraient de l’eau à quinze pieds de haut.

Ce projet n’est pas plus heureux que le précédent.

En 1846, une fontaine est édifiée place du Préau.

Par testament de 1849, la Ville utilise un legs de M. Jaillant Deschainets pour établir des bornes fontaines, et propose l’érection de fontaines monumentales destinées à perpétuer le souvenir d’un comte de Champagne et du généreux donateur.

En 1852, un éminent statuaire, M. Simart propose d’offrir gratuitement le modèle d’une statue monumentale placée dans un bassin.

En 1853, Argence, conseiller municipal, qui sera maire en 1859, pense également qu'il serait naturel d'établir des fontaines monumentales, l'une pourrait être édifiée sur la place de l'Embarcadaire, l'autre sur la place de l'Hôtel de Ville : " elles contribueraient à l'embellissement de la cité, et ce serait le cas de consacrer ces fontaines à des souvenirs historiques. On placerait sur l'une d'elles la statue d'un de ces comtes de Champagne si puissants, si populaires au XIII° siècle, celle d'Henri le Libéral, qui divisa la Seine en plusieurs canaux, la conduisit jusque dans l'intérieur de la ville, et contribua ainsi au développement de l'industrie Troyenne si florissante au moyen-âge".

Monsieur Simart, notre compatriote, écrit aussitôt, une nouvelle fois à Monsieur le Maire :" Le profond sentiment de reconnaissance et de respect dont je suis pénétré pour les bienfaits de ma ville natale, m'enhardit à soumettre au Conseil municipal une proposition qui ne sera qu'une faible expression de mes sentiments, mais que je serai heureux et fier de voir agréer par lui. Si le projet d'une fontaine monumentale s'exécute, j'offre de faire gratuitement le modèle de la statue qui sera placée sur le monument ".

En 1860, dans notre jardin de la Vallée Suisse, le maire fait passer l’eau de Servigny, et en fait une cascade avec un point d’eau.

Monsieur Argence ancien maire, par testament, donne de l’argent pour l’érection d’une fontaine monumentale dont on n’a encore aucune idée à Troyes.

En 1896, naît la Fontaine Argence (du sculpteur Mathurin Moreau), avec un bassin octogonal de 10 mètres de diamètre, avec sirènes, cygnes et 4 personnages majestueux : 2 hommes contemplatifs, 2 femmes rêveuses, à demi-nus, entourés d’attributs nautiques : ancres, cordages, coquillages... A l’étage au-dessus, dans la vasque, des enfants, à chevelure abondante, forment une petite ronde autour de la colonne centrale. Les dauphins ne sont pas oubliés, ils forment une ceinture autour de la vasque supérieure. Une seconde vasque, plus petite, les domine. Elle est surmontée d’un vase qui rabat les eaux. Un petit moteur électrique de 6 C.V. brassait 40m3 à l’heure, en circuit fermé, et c’était toujours la même eau qui fonctionnait en circuit fermé, pour les 50 jets ; ainsi pas une goutte n’était gaspillée. Pendant la guerre de 1914, le train des équipages vient y faire boire ses chevaux. Comme dans d’autres villes de France ou de l’étranger, il est arrivé plusieurs fois, que de joyeux noctambules ont pris des bains de minuit ! Malheureusement, pendant quelques années (à partir de 1993), l‘eau a laissé sa place à des massifs de fleurs. Heureusement, le 4 juin 2012, elle reprend son ancienne fonction, alimentée comme à l'origine, par les eaux de la Vienne qui coulent en dessous !

Ce fut longtemps le seul monument décoratif de la Ville de Troyes ", lit-on dans les textes anciens. 

Dans la cour de la mairie aussi, des fleurs ont remplacé le petit bassin, où évoluaient quelques poissons rouges (que j'avais mis discrètement !). 

La place en face de la Préfecture était anciennement occupée par l’église Saint-Jacques, et l’abbaye de Notre-Dame-aux-Nonnains. La Révolution les ayant démolies en 1904, en 1912, est acceptée l’idée du bassin, pour la joie des enfants et des pigeons de Saint-Urbain venant s’y désaltérer. Un vent de discorde se lève. A l’époque, c’est le maire M. Mony qui préside à l’achat du Rapt, mais avec l’intention de le dresser au centre de la cour de l’Hôtel de Ville. Le sculpteur veut absolument devant la Préfecture. Le nouveau maire, M. Lemblin dit : " les promesses de M. Mony, faites soit au café, soit chez moi, après un cordial déjeuner, ne comptent pas pour lui. L’amnésie se produit au fur et à mesure de la digestion ". Suchetet dit : " Ce n’est pas un mauvais homme. Il n’a qu’un défaut. C’est de ne prendre aucune note de ses engagements et il se contredit sans y attacher d’importance ". Ce n’est qu’en 1925, que 4 jets d’eau jaillissent de la bouche béante de grenouilles géantes, postées aux quatre points cardinaux.

Depuis 1975, au milieu du rond-point de la piscine, existe un bassin avec jet d’eau.

Le très beau plan d’eau du bassin de la Préfecture a été conservé. C’est un grand réservoir d’air fort appréciable. Depuis 1977, trois jets d’eau impétueux y ont été installés.

Place Maréchal Foch, existait un ensemble aquatique avec jet de décembre 1984 à 2010.

L’eau coule à nouveau sur les places rénovées de Saint-Urbain et Jean Jaurès, devant l’église Saint-Jean, place Langevin.

Mais aussi dans la cour du Musée, place Langevin, à l’emplacement de l’ancienne Ecole Normale puis de la MJC de l’Avenue du ler Mai, le grand bassin d'eau du jardin de la Préfecture, allant du bas de la rue Emile Zola au Canal, après la création du parking, dans le nouveau campus rue de l'Isle...                    

Egalement, de nouveaux jeux d'eau ont vu le jour, lors  des travaux pour l'ouverture du canal, entre la rue Passerat et le quai des Comtes de Champagne, près du ront point du  Cirque, boulevard Danton, avenue Chomedey de Maisonneuve, place de la Mairie... qui font l'admiration des Troyens comme des visiteurs !!

 

En mai 2014 : cure de jouvence pour la fontaine Argence, avec le réaménagement paysager de ses abords, la mettant à l'honneur.

 

 

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