Jumelages


Tournai (Belgique)



La première expérience d’une union concertée entre 2 villes d’Europe s’est réalisée le 4 Novembre 1951, par le jumelage de la ville de Troyes avec celle de Tournai. Ce rapprochement a bénéficié au départ du fait que ces 2 cités constituent des centres textiles. A la faveur de généreux échanges de renseignements, il s’est instauré dans les multiples usines de bonneterie de Tournai et de sa région une méthode de travail, créée et expérimentée à Troyes, qui rend le travail des ouvrières plus facile, moins fatiguant et plus rémunérateur. Des centaines d’ouvrières belges et d’innombrables autres à la suite, bénéficieront de ce procédé qu’elles ne connaissent que sous le nom de la « méthode troyenne ». C’est ainsi que le vocable « Troyes » rayonna dans la population du Tournaisis, cheminement en profondeur dans le sens souhaité par les promoteurs du jumelage et favorable au rapprochement des membres des cités-jumelles. La délégation Tournaisienne conduite par M. le Bourgmestre De Rasse rentre du jumelage, en novembre 1951, fort sensible à l’accueil qui leur a été réservé par M. le Maire Terré et M. Gesp, Consul de Belgique à Troyes. Il était constaté à cette époque que la  main-d’œuvre féminine qualifiée se faisait rare dans les bonneteries du Tournaisis. Les industriels de la région demandèrent au service de Réadaptation Professionnelle de l’Office National de Placement et du Chômage, dépendant du Ministère du Travail et de la Prévoyance Sociale, de former les ouvrières. C’est ainsi que la réadaptation des chômeuses s’est faite vers la bonneterie, en employant la méthode découverte à Troyes, qui permit de former des ouvrières « polyvalentes spécialisées ». En 1953, une ouvrière cousait dans le Tournaisis 15 douzaines de paires de bas nylon par 8 heures. Troyes apporta la bonne solution, et furent obtenus des résultats remarquables tant  pour la qualité que pour la productivité avec moins de fatigue malgré les 50 dizaines  par ouvrière et par 8 heures de travail. Cette expérience permit d’ouvrir en 1954, dans la Province de Hainaut, une Ecole Professionnelle pour l’Apprentissage de la jeune main-d’œuvre destinée à la Confection Industrielle de Bonneterie : 22 élèves en 1954, 86 en 1956. 

D'importantes cérémonies ont marqué les 16 et 17 mai 1981, pour le XXX° anniversaire de ce premier jumelage. Les délégations belge, allemande, néerlandaise et britannique ont été reçues par M. Robert Galley, Maire de Troyes disant : " L'Europe ne se fera avec nous ou ne se fera pas ". M. Lemoine accueillit les membres des d'associations tournaisienne et troyenne. Une animation était réalisée sur le forum de l'Hôtel de Ville aves les groupes folkloriques. Le lendemain était inaugurée la " Rue de Tournai ".

Du 13 au 17 septembre 1982 eut lieu un grand raid cyclo-pédestre : Tournai-Troyes.

Nous étions 4 adjoints au maire à Troyes et un conseiller municipal, faisant partie du Rotary Club, et il en était de même à Tournai, où le bourgmestre M. Dumont et 3 de ses adjoints étaient membre du Rotary. Nos clubs se sont jumelés aussi, se sont retrouvés chaque année, dans l’une des 2 villes, et ainsi, nous avons pu favoriser de nombreux jumelages sportifs et culturels : musiciens, artistes, colombophiles, radio amateurs… Des séjours d’enfants Troyens eurent lieu à Tournai et des vacances d’enfants avec nos 5 villes jumelées, à Lamoura : 200 jeunes écoliers de CM2.

Tournai est la plus vieille cité de Belgique. Ses origines remontent au 1er siècle avant notre ère. Cité royale sous Childéric, elle sera sous Clovis la première capitale de ce qui deviendra la France. Beaucoup de ses bâtiments, civils, militaires et religieux témoignent encore de son riche passé. Tournai aime perpétuer son folklore et ses traditions avec son célèbre « Lundi parjuré » ou « Lundi perdu » (lundi suivant l’épiphanie) où l’on mange le fameux « lapin à la tournaisienne » et l’on tire les « billets des rois », mais également avec sa grande procession qui a eu lieu chaque année depuis 1092 (2ème dimanche de septembre) où son fastueux cortège se déploie dans les rues de la cité. Tournai se pare également de couleurs lors de son marché aux fleurs (vendredi saint) et de ses journées « Tournai en fête » et avec ses cortèges (juin).

En 1953, est créée à Tournai, la Confrérie des Chevaliers de la Tour, qui a pour but de réunir chaque année, les plus hautes personnalités belges et étrangères : ministres, gouverneurs, sénateurs, députés, consuls, officiers, maires, personnalités du monde économique, artistique, culturel, social ou diplomatique. En 1971, le Grand Maître m’invite pour être intronisé. C’est une imposante cérémonie. Nous sommes revêtus d’une toge rouge bordée de blanc, d’un bonnet id, et j’arbore la grande médaille de gueule à la tour d’argent qui m’a été remise. C’est une cérémonie haute en couleurs, pleine d’émotion et d’humour, qui se tient dans le Salon de la Reine. Ensuite, défile devant nous un magnifique  festival-parade de musiques militaires du monde entier, qui dure plusieurs heures. Voici mon intronisation par le Grand Maître : « La guerre de Troie n’aura pas lieu, Ainsi prétend le théâtre qui n’est pas toujours folâtre, Et franchement, c’est tant mieux, Car, déjà les troyens, en masse, ont envahi la place. Ils le font en toute amitié, et sans besoin de se cacher à l’intérieur d’un faux bidet. Celui qui sera nôtre aujourd’hui porte un nom qui, longtemps, a luit, au firmament de la charité et de la fraternité. Même s’ils ne sont pas lépreux, de l’accueillir, les Tournaisiens sont heureux, et, s’il se plaisait chez nous, au risque d’en oublier l’heure, personne ne lui dirait : « Il est minuit docteur Schweitzer ».

Le Conseil Municipal du 8 juillet 1966 attribue le nom de Rue de Tournai à une rue incorporée dans le domaine communal le 16 avril 1984.


Dr Sonrier et Jacques Schweitzer
Dr Sonrier et Jacques Schweitzer
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