Pendant les guerres...



Bar-sur-Seine et communes voisines en 1814


Alors que Blücher (général et feld-maréchal prussien) marchait de Saint-Dizier sur Brienne et Troyes, le prince de Wrède (feld-maréchal bavarois), commandant l’avant-garde de la grande armée autrichienne, s’avançait de Chaumont sur Bar-sur-Aube, tandis qu’une une forte colonne de cette armée, qui de Langres avait pénétré à Dijon, s’avançait également sur Troyes, sous les ordres d’un prince de Hesse-Hombourg, par Chatillon et Bar-sur-Seine, où elle entra le 23 janvier 1814, sans éprouver de résistance, si ce n’est de la part de quelques compagnies nationales qui échangèrent avec elle, du haut de la côte qui d’un côté couvre Bar-sur-Seine, quelques coups de fusils avant de se retirer.

 

         Bar-sur-Seine a été de tout le département, la ville qui ait peut-être le moins à se plaindre des alliés, sauf des réquisitions.

 

         L’habitant fut non seulement contraint de fournir aux excessives exigences du soldat, d’endurer les outrages, les vexations de toutes espèces que celui-ci lui faisait éprouver, mais aussi très souvent de fuir son domicile, d’abandonner sa famille même, pour se soustraire aux mauvais traitements, aux coups dont à chaque instant il était menacé, et dont très souvent aussi il devenait la victime.

 

         Si Bar-sur-Seine a le moins à se plaindre, on n’en peut dire autant des pays qui l’avoisinent, de Mussy, de Riceys et autres endroits, dont grand nombre d’habitants furent dépouillés de ce qu’ils possédaient, indignement maltraités, et où le meurtre, le viol et l’incendie laissèrent des traces affreuses.

 

         Du 23 janvier au 5 juin, l’ennemi occupa cette vallée, qui fut constamment surchargée de troupes de toutes armes, appartenant aux différentes nations coalisées, qui s’y livrèrent à tous les excès.

 

         Par exemple, dans les communes de Polisy et Polisot, il eut été impossible de rencontrer un animal vivant : chevaux, vaches, moutons et volailles, tout avait disparu, le chien et le chat eux-mêmes avaient également péri.

 

         Polisot, moins riche que Polisy, perdit 9 maisons, dévorées par les flammes des incendies que l’étranger y alluma.

 

         Comme partout, les bois et les carrières devinrent le refuge de la plupart des malheureux habitants.

 

         M. le comte de Brosses, chef de la maison de Polisy, alors membre de la haute cour impériale de Paris, et officier dans la deuxième légion de la garde nationale, se trouvait à Paris, mais une partie de sa famille habitait le château de Polisy. Ce fut aux prières, aux supplications de cette honorable famille près des généraux, ministres et officiers supérieurs, qui occupèrent cette maison, que les habitants de ces 2 communes durent les nombreux allègements aux maux si nombreux, qui pesaient sur tous.

 

         Les sacrifices de cette maison furent énormes, obligée de fournir à l’étranger tout ce qu’il exigeait d’elle, et, malgré tout, venant elle-même au secours des plus nécessiteux habitants.

 

         Les chevaux furent pris, les voitures emmenées, les greniers vidés, le linge, les matelas et les couvertures enlevés.

 

         Une partie des livres de la  bibliothèque, et des collections de cartes précieuses éprouvèrent le même sort.

 

         Bar-sur-Seine fut d’abord occupée par les troupes alliées du 23 janvier au 25 février, époque de la première retraite.

 

         Elle reçu la visite du roi de Prusse et de l’empereur de Russie, Alexandre 1er, qui dit au maire de Bar-sur-Seine : « J’espère que nous serons bientôt à Paris, que nous y entrerons même facilement, car tout dans la haute société, dans votre clergé, même dans votre gouvernement, repousse votre empereur et se déclare pour nous. Toutefois, c’est un grand homme, et qui a beaucoup fait pour la France ».

 

         Au nombre des officiers de marque qui occupèrent le château de Polisy, il faut citer le comte Rozamouski, ministre plénipotentiaire de Russie, le prince Louis de Rohan, commandant un corps autrichien, et le baron Stein (Heinrich Friedrich Karl vom Stein), ministre d’état prussien.

 

         Ce dernier, a été remercié pour sa belle et généreuse conduite, non seulement à l’égard de la protection qu’il accorda aux habitants, mais encore des secours en argent, que sur sa casette il fit distribuer aux malheureux, pendant les 8 jours qu’il séjourna au château.

 

         Les généraux russes et prussiens, ne pouvaient dissimuler leur haine contre la France, et surtout ces derniers, qui, dans leur horrible désir d’assouvir leur rage et leur vengeance sur la capitale, dont ils convoitaient déjà les richesses, répétaient que Paris étant le gouffre où la fortune publique vient se perdre, ils rendraient un service important à la France, en faisant éprouver à cette ville le sort de Moscou    

 


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