Religieux et saints de l'Aube


Saint Bernard de Clairvaux


Saint Bernard de Clairvaux naît en 1090. Son père est Chevalier du Duc de Bourgogne. En recevant pour la première fois Bernard dans ses bras, sa pieuse mère l’élève aussi haut qu’elle peut vers le Ciel. Geste prophétique ?

Il a 8 ans lorsque sa mère soucieuse de pourvoir à ses études, le met dans une école renommée de Châtillon-sur-Seine, tenue par des chanoines. C’est là que de 1098 à 1112, se forme le caractère de cet homme extraordinaire. Il est né avec toutes les qualités du chef, il a au plus haut degré le don de l’autorité, mais aussi la piété la plus vive. Il a également les agréments extérieurs " bien pris, blond, le teint clair, les yeux bleus…".

1111 voit débuter la carrière monastique de Bernard par un véritable coup d’éclat : gagnés par on éloquence, un de ses oncles, deux cousins, trois de ses frères, un de ses meilleurs amis déjà pourvu de hautes dignités ecclésiastiques, se retirent au monastère de Citeaux. Trois ans plus tard, pleinement confirmé dans la vie monastique, Bernard, âgé de 25 ans, par avec 12 compagnons, et le 25 juin 1115, les moines plantent leur tente au val d’Absinthe, qui deviendra Clairvaux. L’emplacement lui est donné par son cousin Josbert de la Ferté. Les débuts sont extrêmement pénibles, il faut défricher le sol, élever de modestes bâtiments, former à la vie monastique de nombreux disciples… Saint Bernard suffit à tout, mène une vie austère, mangeant et dormant à peine, vivant dans une soupente meublée d’un escabeau, d’une planche et d’une botte de paille. Le costume des moines ne connaît qu’une bure grossière, leur nourriture consiste en légumes et en pain, le silence règne continuellement parmi eux. Avec les années, le prestige de Bernard s’accroît et la voix publique le prône de plus en plus. Bernard est favorisé du don des miracles. Il commence à être appelé dans les provinces voisines pour ramener les monastères ou les chapitres déchus à leur première ferveur, il est en possession de parler aux plus grands, au Roi, au Comte de Champagne… avec une pleine liberté. Saint Bernard conseille au comte Thibaud II de faire lui-même la distribution le plus souvent possible de secours en argent et  d’aumônes en nature, de visiter lui-même les hôpitaux. Son fils Henri le Libéral le fait aussi après son père. Bernard obtient même du comte de Champagne la grâce d’un criminel qu’on mène à la potence. Il saisit la corde du malheureux en disant : " Remettez-moi cet homme, je veux le pendre de mes propres mains ". Il l’arrache à son bourreau et en fait un frère dans son abbaye de Clairvaux.

Rapidement, l'essor de Clairvaux permet de créer les premières abbayes de la filiation claravalienne, Trois-Fontaines et Fontenay. Et dès 1120 Bernard de Clairvaux intervient partout où il pense que l'Eglise est attaquée.

En 1127, le roi Baudouin envoie une lettre à saint Bernard pour demander la rédaction d’une règle pour la milice de protection des Lieux Saints, créée par l’aubois Hugues de Payns. En janvier 1128, un concile  réuni à Troyes adopte ce texte, et naît ainsi l'ordre des Templiers, moines-chevaliers au service des pèlerins vers Jérusalem.

L’ascendant de Bernard attire dans son cloître une population monastique de plus en plus nombreuse, mais ne s’exerce pas avec moins de bonheur au dehors : sur les papes et les rois, sur les comtes de Champagne… il faut y ajouter son action sur deux de nos évêques : Atton (1122-45) et Henri de Carenthie (1145-69). Il faut également rappeler son amitié avec Guillaume de Champeaux, l’évêque de Châlons, avec saint Malachie évêque d’Armaght.

A partir de 1130 alors que 2 papes revendiquent le siège pontifical, on lui demande d'intervenir. Il se prononce en faveur d'Innocent II contre Anaclet. Il rallie le Roi de France et l'Empereur d'Allemagne à la cause de l'unité de l'Eglise. En 1131, le pape s’arrête à Clairvaux et l’année suivante, il visite avec lui et l’empereur, les villes d'Italie pour les rallier à cette unité. Il y rencontre un chanoine, Bernardo Paganelli, qui devient moine à Clairvaux, et sera pape sous le nom d’Eugène III, en 1145. En 1135, il est au concile de Pise. Au Concile de Sens en 1140, Bernard de Clairvaux rallie Rome à la querelle qui l'oppose à Abélard, maître-dialecticien de l'université de Paris et le fait condamner, avant de se réconcilier l’année suivante. En 1144, Bernard arbitre le conflit entre le roi de France et le comte de Champagne Thibaud. L'abbé de Clairvaux lui dédit son livre : " De la Considération ", et lui dicte ses devoirs. Bernard prêche en pays d’Oc contre l’hérésie cathare.

Le saint abbé parcourt bien des fois les routes du diocèse. En 1147, après un long périple en Allemagne, et en Suisse, Bernard prêche la seconde croisade au Vézelay. A Noël il prêche à Spire. Il intervient à Mayence pour empêcher les massacres de juifs par les fanatiques. En 1147, il favorise la désignation de Suger comme premier ministre royal...

La personnalité hors du commun de l'abbé de Clairvaux, assurément l'une des plus grandes figures intellectuelles de son époque, explique le rayonnement et l'essor que prit rapidement le nouveau monastère champenois.

Ses chemins sont semés de miracles : à Troyes, une fillette impotente et muette, à Cunfin, une aveugle et un enfant boiteux, à Donnement, il met de la salive sur les yeux d’un enfant qui recouvre la vue, à Rosney, c’est un moribond couché sur un chariot qu’il met debout en lui imposant les mains, ainsi qu’à un enfant perclus qu’il guérit, à Bar-sur-Aube, 4 boiteuses, 2 aveugles, 2 sourds-muets, à Bar-sur-seine 1 aveugle, à Mussy 1 hydropique, à Brienne, une fille boiteuse se voit subitement rendueà la santé, puis c’est une femme aveugle et un enfant aussi, auxquels il rend la vue avec un signe de croix sur les yeux, à Traînel des femmes aveugles, à Fontarce 1 sourd-muet, à Clairvaux 1 vieillard de Meurville paralysé et l’un des moines atteint de frénésie…

A la mort de saint Bernard, le 20 août 1153, l’abbaye de Clairvaux regroupe 800 moines et convers, sa puissance économique est considérable, plus de 300 monastères dépendent d’elle.

Le pape Benoît XVI, lors de la fête du grand docteur de l'Eglise : "… nous rappelons Bernard de Clairvaux qui fut appelé par le Pape Pie VIII doctor mellifluus, conduit par les événements à voyager à travers l'Europe pour servir l'Eglise et défendre la foi chrétienne…".

Je ne sais si vous connaissez le miracle de la lactation de saint Bernard de Clairvaux qui est relaté dès le début du XIV° s. Le saint se voit conférer la science de l'Ecriture et la faculté de prêcher après avoir été allaité par la Vierge. Voici ce que le jeune homme en prières vécut dans l'Eglise : " Quand il vint à ces paroles : montrez que vous êtes notre Mère, l'image détacha miraculeusement une de ses mains et, la portant à sa mamelle, elle en fit distiller trois gouttes de lait dans la bouche et sur la langue du Saint, qui produisirent en son âme une douceur et un ravissement d’esprit extraordinaires ". Bernard a donc été allaité par la Vierge, dit… la légende…

On trouve des statues ou des tableaux représentant le saint abbé, à Saint-Jean-au-Marché, Saint-Julien, Arconville, Bayel, Champignol, Fontvannes, Fouchères, Lignol, Luyères, Ramerupt, Rosnay-l’Hôpital, Soulaines et Ville-sous-Laferté. On le voit aussi sur des vitraux de la cathédrale, de St Nizier, Ste-Savine, les Noës, Bar-sur-Seine, Charmont, Coclois et Rouvres-les-Vignes. Un vitrail montrant la lactation de saint Bernard se trouve à Laines-aux-Bois.

En 1813, le dernier abbé de Clairvaux remet au Préfet de l’Aube le crâne de saint Bernard. Le Préfet dépose aussitôt cette précieuse relique au  trésor de la cathédrale. Il est dans une châsse en cuivre doré, garni d’émaux champenois du XII° siècle.

En 1790, certains moines adhèrent à la loge maçonnique locale dite " de la Vertu ".  


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