Religieux et saints de l'Aube


Sainte Jule


Il est bien peu de saints troyens qui, comme sainte Jule, ont donné leur nom à une rue de la ville, signe de l’existence d’un culte local.

 Sainte Jule naît à Troyes, un peu avant le milieu du III° siècle, un manuscrit du VIII° au IX° siècle, raconte sa vie.

Elle embrasse la foi de Jésus-Christ lorsque le christianisme est annoncé et reçu dans la ville. 

A cette époque, les Allemands viennent souvent dans les Gaules, soit pour le butin, soit pour y faire des conquêtes.

Dans une de ces expéditions, un capitaine, nommé Claude, conduit une de ces troupes de pillards, et dirige sa marche jusqu’à Troyes qui est alors sous la domination romaine. Il y fait plusieurs captifs, parmi lesquels se trouve Jule, âgée de dix-huit ans, et remarquable pas sa beauté.

Ses attraits le touchent, et il conçoit le dessein de l’épouser.

Claude la conduit dans son pays, lui propose le mariage et lui fait les plus belles promesses.

Mais Jule, qui s’est consacrée à Jésus-Christ lui répond avec autant de courage que de douceur : " Sachez que je suis épouse de Jésus-Christ le fils de Dieu, que je lui jure une foi inviolable, et que je ne puis contracter alliance avec aucun mortel. Son ange est toujours avec moi, et si un amour impur vous fait attenter à ma personne, il vengera bientôt sur vous l’injure que vous m’avez faite ". A ces mots, Claude ému de colère dit: "Quel est donc votre époux? Quel est celui qu’il a chargé de venger sur moi le chagrin que je pourrais vous causer ? Vous êtes donc chrétienne?". Jule réplique: "Oui, et si vous le devenez vous-même, le fils de Dieu vous assistera dans toutes les circonstances de votre vie."

Les ennemis de Claude menaçant d’envahir son pays, il se voit obligé de s’armer contre eux et de préparer la guerre.

Avant de partir, il se recommande aux prières de Jule : " Suppliez votre Dieu, que je revienne victorieux; si j’ai de bonheur, à mon retour je vous honorerai plus que jamais. "  Marchez avec confiance, ô mon maître, je vais me mettre en prières et vous reviendrez satisfait" Claude défait ses ennemis et remporte une magnifique victoire.

Depuis, toutes les fois qu’il est obligé de marcher contre ses ennemis, il en revient vainqueur par l’intercession de Jule.

Cette dernière, au bout de quelques années revient à Troyes, sur l’inspiration de Dieu. Claude l’accompagne, non plus en barbare, mais en chrétien fidèle.

A Troyes, la persécution d’Aurélien se fait sentir.

Jule assiste et console les fidèles qui sont dans les prisons, les visitant publiquement et sans crainte.

L’empereur la fait comparaître devant lui, et voyant qu’elle reste inébranlable dans la foi de Jésus-Christ, il la fait étendre nue sur un chevalet et met sur son dos des charbons ardents.

Mais aussitôt, " les bourreaux furent frappés d’aveuglement et s’écrièrent : Jule, secourez-nous. D’autres vinrent pour l’assommer à coups de nerfs de bœufs, et leurs efforts furent encore inutiles. "

L’empereur lui dit : " Sacrifie aux dieux, ou tu mourras aujourd’hui par le glaive ".

La voyant inflexible, il la condamne à être décapitée.

Claude apprend cette sentence, rencontre l’empereur et lui dit : " Jule m’a servi de maître dans sa religion, ordonnez ma mort en même temps que la sienne. Son Dieu m’a comblé de biens par son moyen, j’adore ce Dieu unique... "

Alors l’empereur fait décapiter Claude comme sainte Jule, et 20 autres qui se présentèrent comme chrétiens, le 12 des calendes, c’est-à-dire le 21 juillet 275.

En 1233, le corps de sainte Jule est transféré à l’abbaye bénédictine de Jouarre, diocèse de Meaux, où elle est implorée, principalement dans les cas de contagion.

Le trésor de la collégiale Saint Etienne de Troyes conserva le crâne de cette sainte dans un reliquaire fort riche, qui disparut à la Révolution.

En 1864, la chapelle de l’ancien lycée Pithou (aujourd’hui espace Argence), fut dédiée à sainte Jule, et on y déposa quelques reliques de la sainte, et un vitrail la représentant, fut posé en 1881.

On vénérait rue des Filles-Dieu, un puits de source (voir les anciennes gravures), dit de sainte Jule, dans lequel on puisait de l’eau pour les malades : " C’était une merveille expérimentée ordinairement par ceux qui ont des fièvres, s’aillent à sa chapelle recommander à Dieu par les mérites de sainte Jule, y font leurs prières de grande ferveur d’esprit et avec un saint mouvement de foi et dévotion, boivent de l’eau de ce puits d’où ils trouvent soulagement et guérison" Ce monument se voyait à l'entrée à gauche de la ruelle de Sainte-Jule ou des Filles-Dieu, qui autrefois formait le grand chemin de Troyes à Paris. Il avait été épargné par les révolutions de 1793 et de 1830, mais il n'était pas possible qu'il échappât à la manie de changer et de détruire sans nécessité, qui est une maladie un peu moins de notre époque. Le bâtiment démoli en 1833, jusqu'aux fondations, a fourni quelques mètres de moëllons, la chaîne séculaire à mailles de fer, le seau dont les pauvres malades approchaient leurs lèvres avec espérance et respect, auront passé chez le revendeur, sans qu'on ait même pris soin de désigner par une croix, par une inscription ou tout autre signe, ce coin de terre arrosé et consacré par le sang de la Vierge troyenne.  

Notre église Saint-Martin, possède un très beau vitrail relatant la vie de sainte Jule, datant de 1606. On peut y lire :

 "Sainte Jule, de Troyes native, des barbares est emmenée captive " 

"Claude l’empereur la demande à espouse, elle luy répond que à Jésus est espouse ".

"L’empereur converti fait faire un l’oratoire Où la sainte faisait prière méritante ".

"En l’oratoire priant pour l’empereur, Il retournoit de la guerre vainqueur ".

"Par une vision à Troyes s’en retourne, où Claude la suit négligeant sa couronne ".

Exerçant charité en tourment on l’a mise, pour lui faire quitter son Dieu et son Eglise ".

 

On peut voir une statue de sainte Jule dans les églises de St-Martin, de St-André et de St-Julien.

Les reliques de sainte Jule sont enfermées dans une châsse de l'abbaye de Notre-Dame de Jouarre. Elle date de 1220. Elle est considérée comme un chef d'oeuvre d'orfèvrerie religieuse :" Cette châsse, la plus belle de toutes celles que nous possédons est de même forme à peu près que celle de saint Potentien : petit édifice oblong à 4 pans rectangulaires, surmontée d'un toit à double égout. Elle mesure 1 m 14 de longueur sur une hauteur de 0 m 766. Les grands côtés sont ornés de 6  arcatures soutenues par des colonnettes en argent. Aux 2 extrémités se trouve une arcade trilobée plus grande que les autres. Les toits ont chacun 3 tableaux. Cette châsse a été considérablement endommagée. On a enlevé les statuettes et les métaux précieux, les tableaux émaillés qui la décorait ". La châsse a été offerte par l'abbesse Eustochia, à sainte Jule vierge. 

Quelques reliques ont été données à St-Martin, à la chapelle du Lycée et à la cathédrale.

Sa fête est célébrée dans le diocèse de Troyes, le 24 juillet.

Le conseil municipal donne son nom à une rue avant 1869. 

 

 

 


 

 

 

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