Ne les oublions pas !



Le Colonel DRIANT


Il est un titre qui le rend cher aux cœurs des Troyens, c’est celui de Commandant du 1er bataillon de Chasseurs à Pied. Il vécut en effet 6 ans dans notre ville et laisse un souvenir inoubliable.

 

Emile Cyprien Driant naît en 1855. Il intègre Saint-Cyr. Promu lieutenant en 1883, il est affecté à Tunis où le général Boulanger, gouverneur général de la Tunisie, le prend comme officier d'ordonnance. Il lui accordera la main de sa fille.

Capitaine en 1886, il suit à Paris Boulanger, alors ministre de la guerre.

Il retourne en Tunisie au 4e zouaves et s'installe à Carthage.

Rappelé en métropole, " l'idole du soldat " (comme il est appelé), est nommé instructeur à Saint-Cyr en 1892.

En 1899, il reçoit le commandement du 1er bataillon de chasseurs à pied de la caserne Beurnonville à Troyes.

Il habite rue Guivet, tout près de la caserne, où naissent deux garçons, dont l’un entre au collège Urbain IV.

Il exerce son commandement avec maîtrise, et fait du 1er Chasseurs, le bataillon d’élite connu dans toute l’armée sous le nom de " bataillon Driant ", et " qu’il aurait conduit au bout du monde ".

Il se plait à Troyes, mais il plait aussi, car même la municipalité de gauche, et le " Petit Troyen " son organe, ne cherchent pas la moindre noise au gendre de Boulanger !

Sa détermination et son courage le conduisent à risquer sa vie en 1901 lorsqu'il intervient pour raisonner un forcené à Sainte-Savine, qui a déjà tué un homme, blessé plusieurs et tenu tête à 20 policiers !

Politiquement engagé dans un catholicisme de droite, il subit les contre-coups de l'anticléricalisme ambiant des années de la loi de séparation de l’église et de l'Etat. Une campagne de presse (La Lanterne) lui reproche d'avoir organisé un office en la cathédrale de Troyes à l'occasion de la fête de Sidi-Brahim et d'avoir attenté à la liberté de conscience de ses hommes en les contraignant à assister à l'office.

Frappé de quinze jours d'arrêt, il demande sa mise à la retraite et décide d'entrer en politique afin de défendre l'Armée au Parlement. Des milliers de lettres lui parviennent alors, qui l’émeuvent au plus profond de son âme.

Il est élu député, et à la tribune, il expose la défense des intérêts supérieurs de la Nation : " La Patrie avant le Parti ". On lui doit la création de la Croix de Guerre, la loi en faveur des veuves de guerre, l’organisation de la défense de la Lorraine et d’autres secteurs délaissés…

A la déclaration de guerre, le commandant Driant demande à reprendre du service : il a 60 ans. Il est affecté à l’Etat-Major de Verdun. Au très dur combat de Gercourt, il marche en tête d’un de ses bataillons de chasseurs, est cité pour ce fait d’armes et promu officier de la Légion d’Honneur. Nommé lieutenant-colonel en 1915, il visite chaque jour ses hommes en 1ère ligne.

En 1916, lors d’une attaque allemande, ses chasseurs tiennent magnifiquement sous un bombardement effroyable et sous l’attaque de tout un corps d’armée allemande. Faisant le coup de feu au milieu des survivants, il tombe frappé d’une balle à la tête, les restes de son groupe parvenant à franchir les lignes allemandes, ayant contenu 2 jours l’ennemi et permis aux renforts d’arriver. Sur ses 1200 combattants, il ne reste que 3 officiers et une cinquantaine de chasseurs par bataillon…

Il est inhumé par les Allemands à proximité des lieux de son trépas.

Son éloge funèbre est prononcé par Paul Deschanel, la Ligue des patriotes de Maurice Barrès fait célébrer un service solennel à Notre-Dame de Paris, présidé par le cardinal Amette. Alphonse XIII d'Espagne, un admirateur d'Emile Driant charge son ambassadeur à Berlin d'enquêter sur sa disparition.

En octobre 1922, le corps de Driant est exhumé. Un mausolée est érigé au bois des Caures, près de son ancien poste de commandement. Chaque année, une cérémonie y est célébrée le 21 février, en souvenir du colonel Driant et de ses chasseurs tombés pour la défense de Verdun.

Driant fait oeuvre d'écrivain sous le pseudonyme de Danrit. Le succès est au rendez-vous, les romans se suivent : La guerre de demain, La guerre de forteresse, La guerre en rase campagne, La guerre souterraine, L'invasion noire, Robinsons sous-marins, L'aviateur du Pacifique… Dans ses écrits, une vaste place est accordée à l'armée. Il affirme son goût des grands hommes et sa méfiance à l'égard des parlementaires. Le Capitaine Danrit écrira près de 30 romans en 25 ans.

Il publie surtout un livre au titre prémonitoire, " Vers un nouveau Sedan ", dont la conclusion est éloquente : " une guerre qui nous mettrait demain aux prises avec l'Allemagne serait une guerre désastreuse. Nous serions battus comme en 1870, plus complètement qu'en 1870 ".

 

De nombreux livres parlent de lui, écrits par le Maréchal Pétain, le maréchal Joffre, des académiciens et journalistes éminents…

En 1919, Troyes donne son nom à la rue du Beffroi, et en 1932, celui du 1er bataillon de Chasseurs à pied, rue qui longe la caserne Beurnonville (en 1849, elle s'appelait rue de la Caserne, et en 1932, rue Maréchal-Beurnnonville).  

En 1931, mon premier groupe scout portait le nom de " Colonel Driant " !

Le 23 juin 2016, la Mairie de Troyes inaugure une stèle en hommage au " Lieutenant-Colonel " Driant, rue Turenne, devant le collège Beurnonville.

  

 

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