Religion


Les ordres religieux, militaires, hospitaliers

 

Les Ordres Religieux, Militaires, Hospitaliers eurent un impact au niveau de notre région, et nous permettent d’apprécier la puissance, l’influence qui leur a été donné d’exercer sur notre département de l’Aube.

 

L’instauration ou la restauration de la vie commune dans le clergé afin de lutter contre l’indiscipline, l’individualisme des clercs, furent à l’origine de la création des ordres monastiques occidentaux.

 

Près de la grande famille communautaire bénédictine, se réclamant de la règle de sait Benoît, le XII° siècle vit surgir un nouveau type communautaire chrétien, se réclamant de la règle d’Augustin d’Hippone : le chevalier-moine. Ces moines-soldats fondent les ordres religieux militaires. Ces ordres communautaires voués à la protection et à la défense des pèlerins en Terre Sainte, sont d’abord les Templiers, puis les Hospitaliers, et les Teutoniques. Au soutien militaire des pèlerins croisés fait place une aide communautaire, proprement hospitalière, suscitant le développement et la création des ordres charitables comme les Antonins, les Hospitaliers du Saint-Esprit, ou de rachat de chrétiens capturés en Terre Sainte comme l’Ordre Hospitalier de la Trinité.

 

Les Templiers (voir ce chapitre).

 

Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem :

 

Ceux-ci, ont été créés en 1120, pour recueillir et soulager les pèlerins dans cette ville. Ils comprennent des chevaliers, des frères-sergents ou servants, des frères prêtres ou chapelains et des religieuses. A partir du XIV° siècle, les religieuses hospitalières vivront complètement à part dans des monastères qui leur étaient spécialement affectés, mais soumises à la direction des grands maîtres. Après leur repli de Terre Sainte, les hospitaliers s’établirent à Chypre, puis Rhodes en 1310, et enfin à Malte en 1530. Ils abandonnent Malte en 1798, après une capitulation signée sous l’œil de Bonaparte. Cet ordre parait avoir eu le plus grand rayonnement hospitalier dans l’Aube. Noël Brûlart de Sillery Commandeur du Temple de Troyes pendant 40 ans (son portrait sur bois est au trésor de la cathédrale) est un des principaux personnages de la France sous Louis XIII (son frère Nicolas fut un des hommes de confiance de Henri IV, dont il négocia le mariage avec Marie de Médicis, Garde des sceaux, chancelier de France, un des principaux membres du gouvernement de la régente). Sa demeure était La Commanderie, rue du Temple (Général Saussier).

 

Aujourd’hui, les hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem devenus l’ordre de Malte, poursuivent encore leur action hospitalière séculaire.

 

L’Ordre Teutonique :

 

Vers 1190, des chevaliers allemands fondent « l’Ordo Sanctus Mariae Teutonicorum ». Ils établissent leur maison mère à Saint-Jean d’Acre. Voués à la Vierge, ils portaient un manteau blanc à croix noire sur l’épaule gauche. Les frères de Sainte-Marie des teutoniques se divisaient en chevaliers, tous nobles, et en prêtres, les uns et les autres de langue allemande. Dès le XIII° siècle, la nouvelle mission des teutoniques sera de conquérir la Prusse païenne et d’étendre la pénétration allemande vers l’Est. De Terre Sainte, le siège de l’ordre sera transféré à Vienne, puis en 1309, à Marienburg. Les teutoniques posséderont des établissements et des biens en Italie, en Sicile et en Champagne.

 

L’ordre de la Sainte-Trinité, des Mathurins ou des Trinitaires :

 

L’ordre de la Sainte-Trinité fondé en 1198, a pour mission, de racheter les captifs, tombés aux mains des Maures et des Sarrasins. Il put apprécier dès sa fondation, la bienveillance des Comtes de Champagne. L’un des 2 fondateurs est saint Félix de Valois (1127-1212), neveu du comte Thibaut II. En 1239, Simon le Trinitaire était chapelain de Thibaut IV. Le grand maître fut toujours un français. Les Troyens sont témoins de leurs actions, avec des processions solennelles (aux XVI° et XVII° siècles) au cours desquelles figurent des prisonniers libérés. De nos jours, les trinitaires sont environ 600, dont 400 prêtres, qui se consacrent à des activités caritatives, dont l'accueil des prisonniers. Cet ordre avait une branche féminine possédant 2 établissements (Perpignan et Paris).

 

Les Antonins :

 

Les Antonins sont un ordre hospitalier de création française. A la fin du XI° siècle, un gentilhomme bâtit un hôpital à la Motte-Saint-Didier, près de Vienne, proche d’une église dédiée à saint Antoine. Les Antonins doivent leur installation à Troyes en 1264 à Troyes, au comte Thibaut V. Le pape champenois Urbain IV approuve cette société et encourage l’action hospitalière de son premier grand maître et fondateur des pèlerins, des malades et des pauvres. En 1298, Boniface VIII érige le prieuré en abbaye. Les antonins, chanoines réguliers, vivent alors sous la règle de saint Augustin.  Leur maison de Tonnerre fut unie à la commanderie de Troyes en 1545. L’ordre fut réformé par son 23° abbé, au XVII° siècle, Antoine Tolosain. L’ordre fut supprimé et incorporé à celui de Malte par bulle du 17 septembre 1776. Les antonins du faubourg Saint-Martin à Troyes, furent réunis à l’ordre de Malte au mois de juillet 1777. Lors de la Révolution française, ils étaient encore 66 dans leur communauté.

 

Les Hospitaliers de Roncevaux :

 

Un vaste monastère « La Royale Collégiale de Roncevaux » en Navarre, fut la maison-mère de cet ordre hospitalier militaire. L’église actuelle, du XIII° siècle, renferme les restes mortels des preux de Charlemagne. Les Hospitaliers de Roncevaux possèderont un temps la maison-Dieu le Comte à Bar-sur-Seine. Un mandement de Philippe le Bel les nomme en cet endroit en 1298.  Ils administreront la maison-Dieu de Braux, doyenné de Margerie, fondée par Régnault, frère du comte de Bar. Thibaut V donne à l’Hôpital de Braux « 200 livres de rente ». Pierre de Roncevaux était aumônier et vice-chancelier de notre comte Thibaut V en 1259. Thibaut V date d’ailleurs une de ses libéralités de Roncevaux en Navarre, le 13 janvier 1256.

 

Les Hospitaliers du Saint-Esprit :

 

Cette communauté charitable fut  créée en 1160, pour l’assistance aux infirmes et aux malades de l’hôpital de Montpellier. Il fut constitué en ordre religieux militaire et hospitalier composé de clercs et de laïcs. Il abandonna très vite son orientation militaire pour ne se consacrer qu’à la vie hospitalière. Le pape autorisa son grand maître à recevoir dans l’ordre des chevaliers laïcs, même mariés. En 1672, Louis XIV unit les biens de différents ordres dont celui des hospitaliers du Saint-Esprit, à l’ordre des chevaliers de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare.

 

L’Ordre militaire et hospitalier de Saint-Lazare :

 

 Fondé à Jérusalem vers 1120, il serait le plus ancien ordre religieux militaire et hospitalier. Ses premières années de fondations charitables l’orientèrent principalement pour l’assistance aux pèlerins et le secours médical aux lépreux. Implanté en France par Louis VII, protégé par Louis IX, l’ordre fonda de nombreuses léproseries en occident. Son grand maître fut un lépreux jusqu’en 1244. On a parlé de 15.000 lépreux séquestrés en France, sur un total de 100.000au XIII° siècle. Des documents du XIV° siècle signalent l’établissement en France de 1.500 léproseries, maladreries (voir le chapitre « La lèpre »). L’ordre de Saint-Lazare possédait de par le monde, près de 300 établissements hospitaliers avant le XV° siècle. L’ordre fut incorporé à celui de Notre-Dame du Mont-Carmel en 1608. Ces 2 ordres réunis absorbèrent celui de Saint-Esprit sous le gouvernement de Louvois, son grand maître.

 

Pour le seul département de l’Aube, on dénombrait en 1855, plus de 60 anciens établissements hospitaliers. 

 

Les finances de ces ordres caritatifs, l’intelligente gestion de leurs biens ruraux et citadins, donnèrent à notre département, une impulsion permanente, de la période médiévale à celle de l’ancien régime. De nombreux privilèges étaient attachés aux fondations charitables des ordres hospitaliers. Chaque établissement était patron d’une chapelle ou d’une église. La destination charitable de la fondation était perpétuelle. Un droit d’asile et d’inviolabilité lui était reconnue. Chaque hôpital possédait un campanile indiquant ainsi son droit de cloche. La mise en valeur, par ces différents ordres hospitaliers de leurs riches propriétés immobilières, terres, vignes, fut très souvent remplacée par un faire-valoir leur permettant d’en retirer des rentes.

 

Dans un monde médiéval enfiévré d’idéaux en conflits, ce fut une des gloires de la Champagne de comprendre la valeur de l’appel hospitalier.

 

Nous pouvons dire, que nos ordres hospitaliers ont largement anticipé sur notre « aide médicale », et furent un facteur de progrès médical et pharmaceutique.

 

 

 Localisations auboises des Ordres Religieux, Militaires, Hospitaliers :

 

A = Antonins, H = Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem, R = ordre hospitalier de Roncevaux, SE = Hospitaliers du Saint-Esprit, SL = Hospitaliers de Saint-Lazare, T = Templiers, TM = Trinitaires Mathurins, Tt = Teutoniques.

 

Attelles T, Arrentières T, Avalleur T, Bar-sur-Aube T H SE SL, Bar-sur-Seine R TM SE, Beauvoir (Chaumesnil) Tt, Beauvoir (Fontette) T, Bonlieu (Piney) T, Bouilly T, Braux RH, Brienne-le-Vieille SL Tt, Brienne-le-Château SL Tt, Buxières-sur-Aube T, La Chapelle-Vallon T, Chappes T, Chaumesnil T, Chaussepierre T, Cormost TM, Errey (Messon) T, Espincey T, Essoyes SL, La-Forêt-Chenue (Saint-Phal) T, Fresnay T, La Gloire-Dieu RM, Gerbau (Rigny-le-Feron) T, Herbisse SL, L’Hopitau Maison d’Orient (Géraudot) H, La Loge-Bazin (Amance) T, La Loge-Lione Loge d’Orient (Brevonnes) T, Marigny-le-Châtel H, Menois T, Mesnil-Saint-Loup T, La Milly (Brevonnes) T, Le Pavillon T,  Le Perchois (Saint-Phal) H, Petit-Volours (Nogent-en-Othe) T, La Picarde (Géraudot) T H, Resson (La Saulsotte) T, Rigny-le-Feron T, Rosnay-l’Hôpital H, La Rothière T, Sancey (St-Julien-les-Villas) T, Savières T, Serres-les-Montceaux T, Sivrey (Auxon) T, Saint-Phal T, Troyes T HA TM, Vallée (Bercenay-en-Othe) T, Villemaur SL, Ville-sur-Terre T, Le Temple de Villiers (Verrières) T.

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