Visites importantes



De Gaulle 28 avril 1963


C’est un voyage qui fera date dans l’histoire de l’Aube et de Troyes : le chef d’Etat passe 2 jours complets dans le département de l’Aube ! Je peux en parler, j’ai vécu cette euphorie !

 

534  ans après Jeanne d’Arc, le général de Gaulle, précédé de ses « gens d’armes », fait son entrée dans notre bonne ville de Troyes.

 

         Il reçoit partout dans l’Aube, un chaleureux accueil. A Troyes, plus de 10.000 personnes ont acclamé le Président de la République. 

 

Colombey-les-deux-Eglises n’est pas loin, et le Général de Gaulle était dans son pays, lorsqu’il préluda à son séjour dans l’Aube, le 25 avril 1963. Il venait faire à ses voisins et précisément en tant que voisin, une visite qui, tant à Bayel qu’à Lignol-le-Château, aux Forges de Clairvaux et à Longchamp-sur-Onjon, fut accueillie avec une grande sympathie, par toute la population. Lignol-le-Château est le premier arrêt : accueil du maire Bernard Piot et de presque tout le pays ; puis, c’est Bayel, accueilli par le maire M. Marquot et visite de la cristallerie ; ensuite, c’est Clairvaux où la population de Ville-sous-la-Ferté et des Forges s’est massée, puis il va déjeuner chez lui à « la Boisserie ». Le samedi 27 le général de Gaulle entame son véritable séjour dans l’Aube, séjour qui durera 2 jours. Il est accueilli à Soulaines par le Préfet Richardot, Henri Terré président du Conseil Général, Briot député. Second arrêt à Ville-sous-la-Ferté où, comme partout ailleurs, il y a le maire, son conseil municipal, les pompiers… A Ville-sur-Terre, il est accueilli par le maire M. Roustang, puis il se rend à Bar-sur-Aube, debout dans sa voiture découverte, les applaudissements crépitent avec les « Vive de Gaulle » ! Accompagné de M. Frey, ministre de l’Information et M. Maziol, ministre de la Reconstruction, il est accueilli par le maire M. Supper. Il retrouve la veuve du colonel Supper, qui fut pendant 35 ans un de ses fidèles compagnons d’armes, et prend le repas à la sous-préfecture. Puis c’est Ailleville, accueilli par le maire M. Maurice Noël, Montier-en-l’Isle, Arsonval, Magny-Fouchard, puis une étape importante à Vendeuvre-sur-Barse où un chaleureux accueil lui est fait, reçu par le maire M. Chauchot ; ensuite Thieffrain avec le discours de bienvenue du maire M. Jules Chardin, Magnant où il est accueilli par M. Massin le maire, qui évoque le capitaine Philippe de Hautecloque, futur général Leclerc, qui fut blessé dans la commune lors d’un bombardement aérien. C’est ensuite la sous-préfecture de Bar-sur-Seine où il est reçu par le maire Bernard Pieds : « Bar-sur-Seine, croix de guerre 1939-1945 reçoit avec émotion, sur cette place même où ont été martyrisés et où sont tombés plusieurs de ses enfants… Elle accueille pour la première fois, un Président de la République "en voyage officiel ". Après son discours, comme il a l’habitude de le faire, le Général se mêle à la foule. A Virey-sous-Bar, même scénario, la chorale entonne le " Chant des Partisans". Puis, c’est Fouchères, Saint-Parres-les-Vaudes, Buchères où le Général se recueille devant le monument élevé à la mémoire des victimes du massacre, Bréviandes, Saint-Julien où il est accueilli par le maire M. Ganne. Quelques 10.000 personnes sont massées sur son parcours. Le Président de la République passe la nuit à la Préfecture de Troyes (un lit plus long avait été fabriqué spécialement, en raison de sa grande taille), après un dîner intime. Le lendemain dimanche, de Gaulle est accueilli sur le parvis de la cathédrale, par l’évêque Mgr Le Couëdic, et les chanoines. Dans son sermon, notre évêque rappelle que Jeanne d’Arc s’est prosternée devant l’autel. Après la cérémonie, Le Président reçoit à la Préfecture de très nombreuses personnalités civiles et militaires, dont le général Massu qui lui fait rendre les honneurs par les troupes rassemblées, place de la Libération. Le Général dit : « …l’Aube est en train de se développer et ce que l’on ressent est encourageant pour l’avenir ». La foule est massée dans les rues et s’agglutine sur la place de l’hôtel de ville, lorsque le Général est accueilli par Henri Terré et son Conseil municipal. Je lui suis présenté, avec mes collègues adjoints dans le bureau du Maire, et il nous dit à tous en nous serrant la main : « Heureux de vous voir » ! M. Terré lui offre la première médaille qui a été frappée à cette intention. Salle des fêtes, l’accueillent les maires du département venus en masse présenter leurs problèmes (les ¾ des communes n’ont pas d’eau…). «… Vous êtes un département qui se développe d’une manière rapide, et je garderai de l’Aube une impression profonde », dira de Gaulle. M. Séjournet président de la Chambre syndicale de la Bonneterie offre pour Mme de Gaulle, des échantillons de la production troyenne et expose au Président la situation de la profession : «… il faudrait davantage de logements pour attirer une population ouvrière plus nombreuse, faute de quoi la Bonneterie de Troyes continuera à s’expatrier dans d’autres régions, ce qui paraît contraire à l’intérêt général… ». Sur la place de l’Hôtel-de-Ville sont massés des milliers de Troyens depuis plus d’une heure. Lorsque le Président de la République débouche sur le perron, une immense  clameur s’élève dans la foule. Aux cris de «  Vive de Gaulle », le Chef de l’Etat prend place sur le podium avec M. Henri Terré. Son discours sera fréquemment coupé par les applaudissements de la foule. Le Président fait applaudir son 1er Ministre M. Georges Pompidou. La foule manifeste bruyamment son assentiment lorsque le Chef de l’Etat parle de l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché Commun… Durant 21 minutes, le Président de la République évoque tous les problèmes… Ensuite, le Général descend dans la foule pour serrer les mains qui se tendent. Le service d’ordre contient à grand peine cette foule passionnée, mais le Général entre dans les rangs serrés et salue tous ceux qui le sollicitent. Parfois les barrières cèdent sous la pression et les « gorilles » doivent intervenir pour éviter que le Chef de l’Etat ne soit étouffé par les Troyens. La même scène se déroule encore rue Georges Clémenceau où, sur plus de 10 rangs, la population lui réserve une ovation monstre, puis Quai des Comtes de Champagne et enfin place de la Préfecture. Là encore, durant de longues minutes il serre encore des mains, avant de regagner la Préfecture où il va déjeuner en compagnie de quelques personnalités auboises. A 15 h 15, le cortège quitte Troyes : à Pont-Sainte-Marie, le maire M. Cornet l’accueille sous une banderole qui dit : « Merci mon Général ». A Feuges il est reçu par le Maire M. Mescam et comme à chaque étape, la voiture de Mme de Gaule est très entourée et elle reçoit des bouquets de fleurs. A Arcis-sur-Aube, la patrie de Danton, le maire M. Mauclère et des milliers et des milliers de personnes venues de tout le canton, réservent au général une réception hors pair : il y a des larmes, des cris de joie, des rires. Ayant évoqué le passé historique d’Arcis, le Général déclare : « Il y a aussi un autre souvenir, peut-être historique aussi, que je garde au cœur. Le 11 juin 1940, je me suis trouvé ici dans un café de cette même place. Je faisais alors partie du gouvernement. Et déjà, ici même, de grandes décisions étaient prises. Et si je vous dis ces choses, peut-être que vous ignoriez, c’est parce que, peu de temps après cette date, vous vous en souvenez, la France sauvait son honneur et reparaissait à l’histoire ». En effet, le 11 juin 1940, le Général de Gaulle, sous-secrétaire d’Etat  à la Défense, avait rencontré à Arcis le général Huntziger qui avait établi son état-major dans le bâtiment de l’Hôtel de Ville. De l’entretien qu’il eut avec lui, il retira la conviction que la campagne de France était perdue. L’ovation a été délirante. Voué, Villette-sur-Aube, Pouan-les-Vallées, Méry-sur-Seine, Mesgrigny, autant d’étapes chaleureuses pour de Gaulle.

 

Sur le quai de la gare de Nogent-sur-Seine, le Président de la République est accueilli par le maire, le docteur Beneult. Puis, le train présidentiel démarre pour Paris, alors que beaucoup de personnes courent jusqu’au pont qui enjambe la voie ferrée, pour un ultime adieu.

 


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