Ne les oublions pas !


Michel BAROIN


Né le 29 novembre 1930 à Paris, décédé accidentellement lors d’un accident d’avion au Cameroun, dans la nuit du 4 au 5 février 1987.

Personnalité très attachée à notre ville, Michel Baroin a joué un rôle prépondérant dans la société française, et est considéré comme le leader de l’Économie Sociale en France.

       Docteur en droit, diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris, il est Commissaire principal de la Sûreté nationale (1956-1964), sous-préfet de Nogent-sur-Seine (1964-1969), Secrétaire général de la Préfecture de l’Aube (1969-1971), chargé de mission au cabinet du président de l’Assemblée Nationale, Achille Peretti (1971-1973) et Edgar Faure (1973), conseiller général de l’Aube (1973), maire de Nogent-sur-Seine (1983-1987).

Mis en disponibilité en 1974, Michel Baroin est alors à la tête d‘un véritable empire :

- président de la Garantie Mutuelle des Fonctionnaires (première société à forme mutuelle d‘Europe), président de la G.M.F. Sauvegarde,

- président de la F.N.A.C.,

- président de la FONDES (Fondation de l’Économie Sociale),

- président de la Banque Centrale des Coopératives et des Mutuelles,         

- président des Garages Mutualistes Français,

- président de la Fondation Homme Citoyen,

- président de Sécurité Réparation Automobile,

- administrateur d’Europ Assistance,

- administrateur de la Maison de Valérie,

- président de la mission du bicentenaire de la Révolution, ...

Il est également auteur de romans policiers.

De 1977 à 1979, il est Grand Maître du Grand Orient de France.

Secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Fonctionnaires Supérieurs de Police, il élabore et rédige un Code international de déontologie policière et le négocie à Genève, pour qu’il soit inscrit à l’ordre du jour de l’organisation des Nations Unies, et adopté.

Il veut faire coexister un système d’Assurances traditionnelles, allié à un Club multi-service d’Assurances modernes.

Il est l’un des créateurs de la Charte de l’Économie sociale.

Les hommes politiques d’aujourd’hui, devraient prendre exemple sur lui.

Pour Michel Baroin, la politique n’est que l’art de conduire les affaires de la cité. Ainsi, en 1983, il se présente aux élections municipales à Nogent-sur-Seine, à la demande de deux anciens maires. Ces derniers, dans le passé, se sont présentés l’un contre l’autre, l’un à la tête de l’Union de la gauche et l’autre à la tête d’une liste modérée. Le deuxième a battu le premier. Ils se sont retrouvés, tous les trois, sur la même liste, au-delà des étiquettes!

         Michel Baroin pense qu’il est possible, en France, d’avoir une nouvelle conception de la politique. Sa volonté est de rassembler les gens de bonne volonté dans le respect des différences pour gérer ensemble le bien commun, seule compte pour lui la personne humaine.

Il crée la Fondation de l’homme citoyen, et me fait l’honneur de me choisir comme délégué départemental. Nous nous rencontrions chaque mois, soit à Paris, Nogent ou Troyes. Il dit au sujet de cette Fondation : " Préservons l’héritage que nous a légué l’histoire, la démocratie athénienne, la morale juive et l’ordonnance romaine, ou encore l’intuition et le romantisme celte. Préservons encore le message des encyclopédistes du XVIII° siècle, et leurs maîtres-mots : Homme, raison, nature, progrès, bonheur. Notre finalité doit rester le bonheur, ce mot dont on disait au XVII° siècle qu’il était nouveau en Europe ".

Pour Michel Baroin, participer au perfectionnement moral et matériel, en y contribuant par son propre perfectionnement, est l’essentiel de la tâche de toute vie humaine.

Il dit quelque temps avant sa mort : " j’aimerais continuer ma route vers un avenir où ma tâche serait de permettre aux hommes d’entrer en contact les uns avec les autres, où je serais l’un des artisans d’une plus grande harmonie sociale ".

Il a une maxime qu’il aime à citer: " Éviter ce qui divise pour rechercher ce qui unit ".

Il dit souvent : "Je suis un homme libre de toute allégeance politique et qui entend bien le rester... Je refuse toute dictature quelles qu‘en soient les formes, d‘où qu‘elle vienne, et me dois d‘intervenir lorsque les principes de liberté et de dignité de la personne humaine sont menacés.. ".

L’amitié était pour lui un culte, une véritable religion.

Cet homme a un pouvoir considérable dans la France des années soixante-dix et quatre-vingt.

Il était classé comme le patron le plus cité dans la presse, l’Express le nomme comme " l’un des hommes d’influence les plus puissants du pays ". Il avait une dimension internationale, et par son action, il heurtait des intérêts politiques et économiques.

Président de la G.M.F. (un empire de 56 milliards de francs), il voulait devenir le n°1 de la communication en France, et quarante-huit heures avant sa mort, il avait déclaré se porter candidat à la reprise de TF1...

        C’était un proche de François Mitterrand et de Jacques Chirac, un camarade de Science-Po.

         Dans la nuit du 4 au 5 février 1987, le petit avion qui transporte Michel Baroin et huit compagnons de voyage s’écrase sur un village camerounais : " l’attention portée par la presse et l’importance accordée par les hommes politiques à cet événement révèlent aux Français l’influence et la puissance de l’homme qui vient de disparaître ".

Michel Baroin avait l’ambition d’être un jour candidat à la présidence de la République.

        Il nous laisse son fils François, auquel il a inculqué ses principes, et avec lequel, la ville de Troyes, qui l’a choisi comme maire, ne peut qu’être entre de bonnes mains. François Baroin a d’ailleurs écrit : " Le moteur de mon engagement politique, c’est d’essayer d’être utile aux autres ", et " Ce n’est pas le pouvoir qui compte, c’est le pouvoir de faire qui importe ".

      Michel Baroin a écrit entre autres " Les Aubois et la Politique ", qu'il a dédié à sa femme " qui m'a donné l'appui dont j'avais besoin ".

 

       C'est pourquoi, en terminant, je ne veux pas oublier Madame Michèle Baroin, qui au décès de son mari a été élue Conseiller Général, et que nous rencontrons toujours avec plaisir lors de réceptions du Grand Troyes, de la Mairie... C’est pourquoi je lui dédie ces quelques phrases que son mari m’avait dites lorsque je l’avais interviewé alors que je réalisais "  Le Petit  Futé - Troyes 1986  :  

« Avec quelle femme souhaiteriez-vous passer la nuit ? Ma femme. Que détestez-vous ? Personne. Qu’adorez-vous ? Mes enfants. Votre atout majeur ? Mon intelligence. Votre défaut majeur ? Ma gentillesse. Votre rêve le plus fou ? La France. Quel personnage célèbre auriez-vous aimé être ? De Gaulle. Si vous étiez un animal ? Un aigle. Un végétal ? Un chêne. Un Pays ? La France.  Un véhicule ? Un avion. Un meuble ? Une commode. Si vous étiez un vin ? Un Bordeaux. Comment la souhaitez-vous ? Comme est ma femme. Quels gens appréciez-vous dans l’Aube ? Les paysans ». Tout un programme ! ! 

 

       Michel Baroin était Chevalier de la Légion d’Honneur, Chevalier de l’Ordre National du Mérite, Chevalier des Palmes Académiques, Croix de Commandeur (avec diamants) de l’Américan Légion...

Mme Baroin, Jacques Chirac et Jacques Schweitzer

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