La Politique



le Chevalier de JARS


Le chevalier de Jars
Le chevalier de Jars

En 1633, les Troyens sont témoins d’une tragi-comédie qui les remplit de stupeur.

Nous ne devons pas oublier le procès que le cardinal de Richelieu a fait instruire à Troyes contre le chevalier de Jars, dont le seul crime est de s’être opposé à quelques projets de ce ministre autoritaire.

Charles de l’Aubespine, abbé de Noirlac et de Préaux, qui, dans son Ambassade en Angleterre, a pris le nom de Marquis de Châteauneuf, voit à Londres un jeune seigneur Français, en qui les talents égalent la naissance.

Le jeune de Rochechouard, s’est dérobé par la fuite, au ressentiment du Cardinal de Richelieu, qui l’a trouvé mêlé dans l’entreprise formée contre son autorité, de concert avec la jeune Reine Anne d’Autriche .

 

Cette révolution mettrait Anne d’Autriche à la tête des affaires, soit qu’elle eût donné un héritier à la couronne, soit qu’elle eût épousé le Duc d’Orléans.

Cette Princesse a besoin d’amis dont les intérêts soient liés aux siens, et Châteauneuf peut la servir.

Jars entraîne Châteauneuf (fait Garde des Sceaux par Richelieu) dans le parti de la Reine, et devient leur agent secret en 1630.

Fin 1632, le Cardinal tombe malade.

Comptant sur sa fin prochaine, le Garde des Sceaux, par l’entremise du Chevalier de Jars, négocie avec toutes les factions opposées au cardinal.

Mais Richelieu ne meurt pas, et en février 1633, il fait arrêter le Garde des sceaux.

Le même jour, le Chevalier de Jars, son confident, est mis à la Bastille où il passe onze mois dans un cachot. En vertu d’une commission royale, l’instruction et le jugement du crime de lèse-majesté dont est inculpé le chevalier de Jars, sont renvoyés devant le présidial de Troyes présidé par Isaac de Laffemas.

 

En octobre, le chevalier de Jars est amené à Troyes, avec toutes les apparences d’un homme que l’on conduit à la mort, et commence son jugement, par une commission présidée par Laffemas, connu sous la qualification de Bourreau du cardinal.

Le Chevalier est interrogé de 5 heures du soir jusqu‘à 8 heures du matin. La série d’interrogatoires se continue les 15, 19, 21, 28 octobre et le 5 novembre. Pendant l’instruction de son procès, il en subit 80 !

Le jour de la Toussaint, il assiste à la messe à la chapelle des Jacobins et voit Laffemas avec sa femme qui reviennent de communier.

Il échappe à ses gardes, le prends à la gorge et lui dit " qu’ayant sur les lèvres son Dieu et son Créateur vivant, il est temps de dire la vérité et de le justifier devant Dieu et devant les hommes, et d’avouer son innocence et son injustice à le persécuter, ajoutant que, puisqu’il fait mine d’être chrétien, il lui faut dans cet instant se rendre à la vérité; reconnaître qu’il est un scélérat; qu’il le renonce pour son juge et prend à témoins tous les assistants; qu’il le récuse comme tel ".

Arrêté aussitôt, le chevalier de Jars est reconduit en prison.

Il se justifie de toutes les accusations

Les témoins qui sont entendus sur cette affaire sont plus considérables par leur nombre que par le poids de leurs dépositions. Aucun d’eux ne charge le chevalier de Jars.

Amené en présence de ses juges, il leur parle avec cette noble fermeté qui convient à l’innocence, et se justifie sur tout ce qu’on lui impute.

Mais il est condamné à avoir la tête tranchée.

Cependant, le prévôt de l’Ile de France, qui le garde à Troyes, lui donne bon espoir sur l’issue de son procès.

En effet, Laffemas, à l’audience, a eu l’imprudence de donner connaissance aux juges d’une lettre du roi dans laquelle il est dit :

"  Si le chevalier est condamné à la genne, qu’on la lui montre et qu’on ne la lui donne pas. S’il est condamné à mort, qu’on sursoie à l’exécution ".

Le 14 novembre, le chevalier monté sur une charrette, avec le prieur des Jacobins, est mené au Marché au blé (place J. Jaurès), où est dressé un échafaud, sur lequel il monte, et s’approche du billot fatal, attendant le jugement du roi.

Pendant une demi-heure, on le fait assister aux préparatifs de son supplice. On ne lui coupe pas les cheveux, et on lui annonce la commutation de la peine de mort en prison perpétuelle.

Cela est accueilli avec beaucoup de joie par les 30 à 40.000 troyens qui remplissent tout le Marché et les environs.

Il est reconduit au Couvent des Jacobins, suivi par plus de 8.000 personnes.

La foule entre dans le chœur de l’église, on sonne les cloches, et on chante le Te Deum. La joie est très grande dans toute la population.

Il est reconduit à la Bastille, et obtient son élargissement en 1639.

Il se retire en Italie où il passe agréablement quatre années, aimé et considéré des Cardinaux-Neveux, et de toute la Cour Romaine.

En 1643, la Reine devenue Régente, lui accorde de riches pensions et l’honore ouvertement de sa confiance.

Il décède en 1670.

 

 

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