Histoires d'eau



La Vienne


La Vienne est une petite rivière, ou plutôt un ensemble de ruisseaux dont les sources jaillissent sur les finages de Torvilliers, de la Rivière-de-Corps et de Saint-André, et dont les eaux, grossies de quelques ruisseaux secondaires, vont se jeter, partie dans la Seine, partie dans le canal de la Haute-Seine, sur le territoire de Troyes.

 

         Son nom, qui est porté par plusieurs autres rivières de France, tire son origine du vieux langage celtique (Ven en Flamand, Vehen en Hollandais. Veen, signifie tourbière). Les vallées de la Vienne et de la Vanne produisent beaucoup de tourbe.

 

On trouve pour la première fois le nom de Vienne, dans une charte énumérant les biens de l’abbaye de Montier-la-Celle, du 21 janvier 1164 : « cursum aque, que Vienna vocatur, per domum vestram ». En 1319, une charte du couvent des Jacobins le mentionne ainsi : « fluvius qui dicitur Vienna ».

 

La Vienne, avant 1424, se jetait, par 3 fossés ou ruisseaux, dans les fossés de  Troyes « à l’endroit de la Tour Boileau »  et les eaux coulaient dans la direction de la porte de Croncels et passaient ainsi, partie sous l’arche Maury et partie sur le vieux coulis. En raison du niveau à donner à l’eau, la Vienne fut ramenée directement sur le canal de Croncels ou des Trévois, puis l’eau se jetait dans les fossés de  Troyes, à peu près en face la rue « des Bons Enfants » (On appelait Bons enfants, au moyen-âge, les enfants fréquentant les écoles publiques).

 

Depuis 1425, la Vienne passait sous le canal des Trévois par un moufle, et se jetait dans les fossés à 800 mètres au-dessus du réservoir de Croncels. Postérieurement, une partie de ce ruisseau fut conduite jusqu’au cours d’eau passant  sous le pont de Jully. Les pentes étant insuffisantes, en 1772, une ordonnance du bureau de la ville de Troyes décida un nouveau détournement des eaux de la Vienne, qui abordèrent la ville près de la Tour Boileau, passèrent près des portes du Beffroi, de la Madeleine et de Preize, se jetant ensuite dans la bonde Gendret.

 

         Le duc de Guise et son fils, le comte d’Aumale, habitent souvent la ville de Troyes. Ils y sont en avril et en mai 1542. Pour l’amusement du jeune comte, la ville fait disposer, entre le ruisseau de la Vienne et le cimetière de l’église Saint-Gilles, près de la Butte des arbalétriers, une carrière pour courir la bague (tâcher d'emporter, avec la lance, la bague suspendue).

 

         Le nom de Vienne se donne indistinctement, depuis le XVII° siècle, à tous les ruisseaux qui, coulant dans le sens de l’ouest à l’est, arrosent la banlieue immédiate de Troyes à l’occident.

 

Il faut distinguer des 2 rivières : la fontaine de Nagot (1ère mention en 1686, c’était celui d’un hameau qui n’existe plus), appelée depuis le XVIII° siècle Nouvelle-Vienne, et la fontaine Saint-Martin ou Vieille-Vienne.

 

Ces mots Vieille et Nouvelle expriment une idée d’antériorité d’appellation, mais non d’ancienneté d’existence ou d’importance. Ils sont venus à la suite des travaux de redressement de 1772. La Vieille Vienne s’emploie pour le ruisseau qui prend sa source à Saint-André, et passe sous le pont de Croncels, du côté opposé à l’emplacement de l’ancien fort Chevreuse, au pied duquel coule le Nagot, qui naît au bas de la côte Saint-Hippolyte (chapelle de la Rivière-de-Corps). La Nouvelle Vienne est la plus importante comme débit et comme chemin parcouru. C’est la rivière dite de Corps (ce nom est un souvenir de la défaite d’Attila, dont un épisode eut lieu dans cette contrée : le nombre des morts a été tel que les cadavres emplissaient le lit de la rivière), la rivière Nagot, du nom de sa source principale. Son point le plus lointain d’émergence est une petite fontaine, demeurée secondaire, dite de Nuisement, située au nord-est de Torvilliers. Jusqu’à 1772-1778, le cours des 2 Viennes se confondait à cet endroit.

 

Voûtée de 1847 à 1876, la Nouvelle-Vienne passe, à 4 mètres de profondeur, sous l’angle nord-ouest de la cour de la caserne Beurnonville, sous le boulevard Victor-Hugo, sous les jardins publics, le boulevard Gambetta, le Cirque, sous le canal même, puis sous l’angle du presbytère protestant et sous le boulevard Danton.

 

La Vieille-Vienne prend sa source à la fontaine Saint-Martin, au sud d’Echenilly et aborde ensuite l’Ile Germaine où s’élevait autrefois l’abbaye de Montier-la-Celle. Là elle se divise en plusieurs canaux dont elle rassemble ensuite les eaux avant de se rapprocher de la Nouvelle Vienne, aux Faux-Fossés Saint-Nicolas. Elle entre en ville par les Gayettes, borde au nord les pépinières Baltet, passe sous le faubourg Croncels, longe l’Ecole Charles-Baltet, se glisse sous le canal des Trévois ou Croncels, et descend les maisons du boulevard du 14 Juillet, au canal de la Haute-Seine.

 

En 2006 débute la réalisation de la première tranche de la Voie Verte des Viennes, au pied du siège du Grand Troyes à Troyes. Celle-ci traverse Sainte-Savine en passant par les jardins familiaux et rejoint la rue Paul Doumer. Longue de 1,2 km, elle longe le rû qui lui a donné son nom. Jalonnée par 5 passerelles, elle est aménagée avec un mobilier urbain de qualité, choisi pour s'intégrer de façon harmonieuse à l'environnement.

 

Depuis son inauguration en juin 2007, par les habitants des communes avoisinantes, tant pour des raisons pratiques que pour le cadre exceptionnel qu'offre ce véritable « poumon vert ». Elle a été réalisée avec le soutien financier du Conseil Régional de Champagne-Ardenne et le Conseil général de l'Aube. La deuxième tranche de la Voie verte des Viennes, d'une longueur de 1,3 km, mène jusqu'à l'entrée de La Rivière-de-Corps, en traversant l'ile Germaine, un petit bois situé sur la commune de Saint-André-les-Vergers. Elle franchit la rue Notre Dame des Prés dont la traversée a été sécurisée de chaque côté, à l'image de la 1ère tranche, grâce à des chicanes, obligeant les cyclistes et particulièrement les enfants, à poser un pied à terre afin d'écarter le risque d’accident que constitue cet axe très emprunté par les automobilistes. L'écartement des chicanes a été étudié dans le but de permettre le passage d'un vélo équipé d'un attelage et de faciliter l'accès du site aux personnes handicapées, qui peuvent passer sans encombre avec un fauteuil roulant. A l'extrémité de cette deuxième tranche, une aire de repos surplombant la voie verte, a été aménagée. A l'instar de la 1ère tranche, tout a été mis en œuvre pour protéger au mieux l'environnement. 

 

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