Troyens très célèbres



Henry-Prudence Gambey


Henry-Prudence GAMBEY

Henry-Prudence Gambey naît à Troyes, le 8 octobre 1787, de Edme-Prudence Gambey, horloger et de Marie-Jeanne-Charlotte-Flore Picard, fille de Nicolas Picard, notaire et procureur au baillage de Larzicourt.

 

Après avoir passé ses premières années à Larzicourt, le jeune Gambey suivit son père à Vitry-le-François, et ce fut dans cette ville que, travaillant sous la direction paternelle, il manifesta de bonne heure, ces heureuses dispositions pour la mécanique à qui il dût, plus tard, une magnifique réputation. Il fit de rapides et étonnants progrès dans les sciences mathématiques en même temps que son père l’initiait aux travaux de sa profession. Le jeune élève à l’esprit particulièrement précoce, employait ses heures de loisir à l’étude du dessin et à la construction de divers appareils mécaniques que lui révélait sa jeune imagination, lesquels attiraient un grand concours d’amateurs dans l’atelier de M. Gambey.

 

L’un des plus assidus, M. Cottenet, ingénieur des Ponts et Chaussées, qui portait le plus vif intérêt au jeune artiste dont il appréciait les heureuses dispositions, lui conseilla de se rendre à Paris, et de se livrer à la construction des instruments de précision.

 

Peu de jours après son arrivée à Paris, il se rendit chez M. Ferrat, constructeur d’instruments à Bourg-la-Reine. Admis dans ses ateliers, le jeune Gambey ne tarda pas à s’y distinguer. Ses talents se révélèrent au point que 3 semaines après son entrée il était contremaître et directeur des travaux.

 

Il revint à Paris où l’avait précédé une réputation d’étonnante habileté. M. Lenoir, constructeur d’instruments le plus en vogue à cette poque, l’admit dans ses ateliers. Là encore, il surpassa en peu de temps les plus habiles et les plus expérimentés, apportant des améliorations notables dans la construction de divers instruments.

 

En 1808, à l’âge de 20 ans, il entre à l’Ecole des Arts et Métiers en qualité de chef d’atelier.

 

En mai 1809, il épouse Jeanne, Marguerite, Augustine Legrand.

 

Il termine une machine à diviser qu’il cède à l’Ecole des Arts et Métiers, et fonde rue du faubourg Saint-Denis, un petit atelier d’instruments de précision qu’il fabriquait lui-même et livrait au commerce. Les premiers instruments de précision que M. Gambey livre, soit à la Marine, soit aux observatoires privés, sont très remarquables.

 

Gambey s’est tout d’abord fait connaître par une machine à graduer les instruments d’astronomie. Les premiers clients se montrent enchantés et les commandes se multiplient pour l’atelier du faubourg Saint-Denis dans lequel Gambey, avec l’aide de plusieurs ouvriers, construit toutes sortes d’appareils.

 

Lors de l’Exposition Universelle de Paris, en 1819, il expose au Louvre : un cercle répétiteur astronomique, un théodolite, un cercle répétiteur à réflexion, une boussole destinée à l’observation des variations diurnes de l’aiguille aimantée, un comparateur. Le jury lui décerne la médaille d’or.

 

Le membre le plus compétent de la Société Royale de Londres déclare : « de l’autre côté du détroit, personne n’aurait pu, sous le double rapport de l’élégance et de la précision, faire mieux que le jeune artiste de la rue du faubourg Saint-Denis ».

 

Dès ce jour, la réputation de Gambey était faite, il avait 32 ans.

 

Ses instruments ont alors une grande réputation dans toutes les régions du monde. Les théodolites de Gambey sont désormais les seuls utilisés en France. Il sortait de son atelier des instruments d’une perfection idéale. Dès lors, investi de la confiance de tous les savants, il est associé à tous leurs projets. C’est ainsi qu’il construit le premier cathétomètre, l’héliostat, la boussole d’inclinaison, qu’il présente à l’exposition de 1823, avec un équatorial. Le jury dit qu’il n’existe pas en France d’artiste supérieur à M. Gambey, et il lui décerne une nouvelle médaille d’or.

 

C’est désormais la gloire pour notre compatriote. Il livre des appareils à de nombreux pays, et reçoit des marques de reconnaissance de partout. En 1824, il devient membre de la Société pour l’Avancement des Sciences de Genève. En 1826, la Société Française d’Encouragement pour l’Industrie Nationale lui décerne une médaille d’or, et le nomme membre du Comité des Arts Mécaniques.

 

A l’exposition Universelle de 1827, Gambey présente une lunette méridienne à laquelle un cercle de déclinaison est adapté, destiné à l’Observatoire Royal de Paris. On lui décerne une troisième médaille d’or.

 

A 40 ans, en 1827, Sa Majesté lui accorde son Ordre Royal de la Légion d’Honneur. Il reçoit le prix Lalande (récompense d'astronomie attribuée par l'Académie des Sciences) en 1830.

 

Le Ministère de la Marine le choisit comme Ingénieur en instruments de navigation et le Bureau des Longitudes de Paris l’accueille comme membre en 1834. En 1835, il devient membre de la Société Philomatique de Paris, et en 1837 de l’Académie : il a 50 ans.

 

En 1840, le roi des belges Léopold le nomme chevalier de son Ordre.

 

L’Angleterre, la Russie, les Etats-Unis veulent enlever notre compatriote. Il repousse les offres les plus brillantes.

 

Il décède le 29 janvier 1847, à la suite d’une cruelle maladie. Il est inhumé au Père Lachaise.

 

Son œuvre se poursuit avec les ouvriers qu’il a formés, et sa veuve et son frère continuent de produire des instruments de précision.           

 

Henry-Prudence Gambey était un homme simple, discret, réservé, fuyant les honneurs. Toujours insatisfait de son travail pourtant déjà si parfait, il ne quittait pas son atelier, cherchant, adaptant sans cesse des améliorations de détail aux instruments qu’il concevait. Aucune place pour l’anecdote ou la vie publique. Ses seules relations étaient celles de savants comme Arago, Fresnel, Coulomb, Petit… et encore se limitaient-elles souvent à des préoccupations de travail.

 

L’œuvre de Gambey a été cependant considérable. A partir du moment où intervint l’instrument, la part du constructeur dans la marche du progrès est aussi importante que celle du savant.

 

En ce début du XIX° siècle, la science fait des progrès considérables et nécessite un appareillage de plus en plus abondant, de plus en plus perfectionné. Gambey est l’un des ouvriers les plus doués de son époque.

 

En 1848, la ville de Paris honore la mémoire de Gambey en donnant son nom à l’ancienne rue d’Angoulême dans le XI° arrondissement.

 

Le Conseil municipal de Troyes du 12 août 1851, en réunissant les 3 anciennes rues de la Grande-Ecole, du Donjon et de la Grimace crée  la rue Gambey, non loin de sa maison natale.

 

En 1847, le célèbre sculpteur Pierre-Joseph Demongé Chardigny sculpte le buste de Gambey qui est sur sa tombe.

 

Un autre buste de Gambey œuvre de notre sculpteur troyen Désiré Briden a été exposé en 1881.

 

Gambey laisse une fille, Claire, Athénaïse qui épousa le Marquis Charles Prosper Gabriel Le Roy, descendant de Julien Le Roy, célèbre horloger de Louis XIV, qui décéda en 1853.

 

Madame veuve Gambey décède en 1856 et est inhumée au cimetière du Père Lachaise, aux côtés de son mari.

 


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