Religieux et saints de l'Aube


Saint Savinien

Eglise de Balnot sur Laigne
Eglise de Balnot sur Laigne

ST Savinien à Balnot
ST Savinien à Balnot

Saint Savinien naît à Samos " de parents gentils " vers le commencement du III° siècle. Son père le fait instruire dans les lettres humaines et fréquenter les écoles de philosophie. Bientôt il surpasse ses condisciples et pénètre dans les sciences. Une difficulté l’arrête, c’est la pluralité des dieux. Le livre des psaumes lui tombe entre les mains et à sa lecture il se sent animé d’un esprit intérieur, renonce à l’idolâtrie et se convertit au christianisme. Ses parents, affligés de ce changement font tous leurs efforts pour l’engager à rentrer dans la voie qu’il vient de quitter. " Leurs caresses ou leurs menaces sont inutiles ", et, pour éviter leurs reproches, Savinien quitte sa patrie.

Il vient dans les Gaules et arrive près de Troyes vers l’an 271.

Dans le cours de son voyage, partout il en annonce les merveilles, et " bientôt le pays des Tricasses retentit de ses prédications ". Tantôt il démontre la vanité de la philosophie païenne, la frivolité du culte des idoles, l’impossibilité de la pluralité des dieux, tantôt il établit la nécessité de la foi en un seul Dieu, en son fils crucifié, la beauté de la philosophie chrétienne, ses avantages, sa sûreté, sa récompense. Il s’applique aux jeûnes, aux veilles, à la prière, visite les malades, console les affligés et " répand partout la bonne odeur de Jésus-Christ ".

         L’empereur Aurélien, alors dans les Gaules, persécute les chrétiens. Il apprend que Savinien fait quitter à un grand nombre de personnes le culte des idoles, qu’il annonce la religion de Jésus-Christ et qu’il fait abandonner pour elle la religion de l’empire. Le prince en est irrité, et il demande au président Crispin de l’arrêter, d’empêcher ses prédications, de le ramener lui-même à l’idolâtrie ou de lui préparer les tourments les plus cruels. Crispin, accompagné d’un détachement de 99 soldats, se rend auprès du saint pour exécuter les ordres de l’empereur. Lorsqu’ils arrivent, Savinien est en prière. Ni Crispin, ni ses soldats n’osent s’approcher de lui, et ils se retirent. Aurélien l’ayant appris, accuse le président de crainte et de lâcheté, et envoie un autre détachement de 90 soldats. Ils trouvent également Savinien en prières, et n’osant l’interrompre, ils se mettent à prier avec lui. La prière étant finie, le président de cette troupe lui demande d’où il était, et s’il n’avait pas été chassé de sa patrie : " Non, répond-il, j’ai cherché Dieu et j’ai trouvé en lui, la source des grâces ". Mais, les soldats l’interrompent, lui signifient que l’empereur veut le voir, et il se rend avec eux à la ville. A sa vue, l’empereur est d’abord pénétré de respect, et s’étant assis sur son tribunal en présence de son conseil : " Qui êtes-vous ? lui dit-il. D’où êtes-vous ? Quel est votre nom ? ". " Samos est ma patrie, répond le serviteur de Dieu, Savinien est mon nom, et je professe le christianisme ". Après diverses interrogations, Aurélien voyant qu’il ne peut le gagner ni l’engager à sacrifier aux dieux, le fait mettre en prison sous bonne garde. Savinien, dans les chaînes, annonce la doctrine de Jésus-Christ aux soldats, il les convertit et les baptise. Le bruit en vient aux oreilles de l’Empereur. Aurélien tente de les dissuader, mais les voyant affermis dans la foi, il les condamne à mort, leur fait trancher la tête et ces nouveaux chrétiens obtiennent la couronne du martyr.

A la vue de ces prodiges, l’empereur est transporté de colère. Il fait venir de nouveau Savinien, le menace et ne pouvant rien gagner sur son esprit, " il lui fait lier les mains et les pieds, commande qu’on l’étende avec des anneaux de fer, qu’on le maltraite de coups et qu’enfin on lui mette un caque de fer rougi au feu ". Tant de cruauté attendrit 3 des bourreaux qui osent se déclarer pour Savinien, et sont mis à mort sur le champ, pour le nom de Jésus-Christ. Alors, Savinien dit à l’empereur : " si vous avez encore d’autres tourments à employer contre moi, vous êtes le maître, je vous déclare qu’ils font le délice de ma vie ". A ces discours, Aurélien devient furieux, ordonne qu’on fasse une grille avec un grand fourneau de fer pour y tourmenter Savinien par le feu. Le saint est conduit au lieu du supplice au centre de Troyes, il est attaché, le bois est préparé, le bûcher allumé, et pour l’enflammer davantage, on y jette 40 mesures d’huile. Mais, par un prodige de Dieu, Savinien demeure intact, la grille et le fourneau fondent comme de la cire. L’empereur s’approche pour voir si le martyr est consumé, mais voyant que les flammes l’ont respecté, il tombe d’étonnement la face contre terre. Puis il fait reparaître Savinien en sa présence. Il l’interroge à nouveau, mais Savinien est toujours inébranlable. Le prince s’emporte, blasphème et dit qu’il lui fera perdre la vie le lendemain. Savinien manifeste le même courage. Le martyr est alors attaché à un poteau et 3 bandes de soldats lui lancent une grêle de flèches. Le vent les dévie, et aucune ne touche son corps, mais Aurélien est frappé et perd un œil. Furieux, il demande de le remettre en prison en le chargeant de chaînes. Le saint se met en prières, les gardes sont aveuglés, ses chaînes tombent et il s’enfuit. L’empereur ordonne qu’on lui coupe la tête quand il sera retrouvé.

Savinien demande à Dieu de lui faire traverser la Seine, pour qu’il puisse recevoir le martyr où il a été baptisé. Ses vœux sont exaucés, et il arrive à Rilly (Sainte-Syre aujourd’hui). Le 24 janvier 275, un soldat lui tranche la tête et porte à l’empereur un linge tâché de son sang, comme le lui avait demandé le saint. Aurélien frotte son oeil blessé avec, et il voit aussi clair qu’auparavant.

Quelques temps après, une veuve aveugle, Syre, des environs de Troyes, se fait conduire à Rilly, découvre la sépulture, et recouvre la vue. En reconnaissance, elle fait bâtir une chapelle en l’honneur de Savinien, et lui élève un tombeau. C’est de cette veuve que le village porte aujourd’hui son nom.

Saint Savinien est le patron des paroisses de Rilly-Ste-Syre et de Balnot-sur-Laigne, avec chacune une statue du saint. Il est représenté sur 2 vitraux de la cathédrale, et sur un à Saint-Nizier et un à Ste-Savine.

Eglise de Rilly Ste Syre
Eglise de Rilly Ste Syre

Sainte Syre
Sainte Syre
Statue en l'Eglise de Rilly Ste Syre

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