Religion


Ordres religieux

Bons-Hommes, Trinitaires ou Mathurins


La communauté des Trinitaires ou Mathurins, est d’abord connue sous le vocable de prieuré de Saint-Jacques, dans le faubourg qui porte toujours son nom aujourd’hui.

Ce prieuré conventuel de l’ordre de Saint Benoît est créé en 910.

Il est réuni à la Trinité de la Rédemption des Captifs, son supérieur est nommé par le général des Mathurins.

C'est la plus ancienne institution officielle de l'Église catholique romaine consacrée au service de la rédemption sans armes à la main.

 

" Saint Jean de Matha obtint, avec Félix de Valois (neveu de notre comte Thibaud II), du pape Innocent III, en 1198, la permission d'instituer un ordre religieux, dont le but était la rédemption des captifs tombés entre les mains des infidèles, Maures et Sarrasins. Cet ordre a pris le nom de la sainte Trinité, parce que Dieu lui-même en avait provoqué la fondation par des visions miraculeuses ". 

 

Du temps de notre comte, Henri le Libéral, gendre du roi Louis VII, ils sont en 1168, dans la forêt d‘Aumont.

 

En 1259, sept de ces religieux, connus sous le nom de Bons-Hommes, Trinitaires ou Mathurins, créés pour vivre en ermites dans de petites cabanes en une vie très mortifiée, sont installés par le comte Thibaud V, rue de Preize (à la place laissée vacante par les Cordeliers), qui les dote de biens.

Le comte-roi leur donne des bois dépendant de la forêt d’Ile Aumont, qu’ils défrichent et y établissent une grange connue sous le nom de Trinité ou des Bons-Hommes, et ils ont le droit de prendre dans la forêt, le bois nécessaire, tant pour le chauffage de leur maison, que la construction et la réparation de leurs bâtiments situés tant à Troyes qu’à leur grange.

En 1261, l’évêque de Troyes, Nicolas de Brie autorise les Trinitaires à recevoir des offrandes.

Thibaud V concède aux Bons-Hommes un droit de pêche dans les fossés de la ville.

Les habitants de Troyes sont témoins de leurs actions pour les captifs, durant les années 1660, 1720, 1730, avec les processions solennelles au cours desquelles figurent des prisonniers libérés. Pour donner un caractère plus dramatique à ces manifestations publiques, les captifs sont maintenus enchaînés et conduits par deux enfants " habillés en ange ", comme sur le tableau de l’église Saint-Jean. Le rachat des captifs est onéreux. Aussi, pour répondre à ces besoins, les religieux, obtiennent la permission de quêter. Il existe aux archives un document daté du 18 janvier 1737, donnant permission aux Trinitaires de solliciter la charité publique.

 

Lors de la guerre civile engendrée par la Ligue, le couvent est détruit en 1590, sur ordre du comte de Saint-Paul, au nom de l’intérêt général, et de la défense de Troyes contre les troupes du roi Henri IV, avec d’autres édifices religieux dont l’église Saint-Martin et celle des Antonins.

Les chanoines sollicitent alors le maire et les échevins pour s’installer dans l’hôpital du Saint-Esprit.

Ils obtiennent un logement à l’hôtel de l’Aigle (Hôtel Mauroy), " en acquittant les fondations et les charges ", c’est-à-dire de pourvoir à l’instruction des enfants recueillis à l’hôtel de l’Aigle.

En 1593, les Trinitaires disent que l’air qu’ils respirent dans cette demeure est contagieux. Ils se plaignent que la plus grande partie d’entre eux " serait tombée malade ou morte audit hôpital de l’Aigle, à cause qu’ils sont accoutumés d’être nourris à l’air des champs ". Ils sont autorisés d’en sortir pour se retirer au prieuré de l’ordre de Cluny, Saint-Jacques du faubourg.

En 1735, l’état de vétusté de ces bâtiments (" très humide, un plafond bas et menace ruine "), incite le prieur à solliciter du Général de l’ordre, l’autorisation de les reconstruire. Mais pour cela, il faut attendre l’acte capitulaire de 1775. L’architecte choisi est celui de la Princesse de Monaco, pour qui il construisit un hôtel particulier. Les bâtiments ont été bénis par l'évêque de Troyes, Claude-Mathias-Joseph de Barral, ministre de cette maison, le 30 mars 1783.

En 1792, les religieux Mathurins refusent de prêter le serment imposé par le décret du 27 novembre 1791 (sur les 27 religieux, 15 sont restés fidèles, et sur les 59 ecclésiastiques, il y eut 38 refus). 


         Aujourd’hui, il n’y en a plus à Troyes, mais cet ordre aide toujours les prisonniers et les captifs de toutes sortes.

 

 

 

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