Religieux et saints de l'Aube


Saint Winebaud


Eglise de  Magnicourt
Eglise de Magnicourt

Saint Winebaud nait à Nogent-sur-Seine, de parents aisés et d’une famille romaine, vers le milieu du VI° siècle. Ils ont un soin particulier de son éducation et « le font instruire dans les sciences », où il fait de grands progrès.

Dès sa tendre jeunesse, il s’aperçoit des dangers du monde et il résolut de s’en séparer en embrassant l’état ecclésiastique. Pour mieux s’en garantir encore, il se fait bâtir une cellule près du village de Saint-Pierre-de-Bossenay, à 5 lieues de Nogent, pour mener une vie solitaire et pénitente.

Un jour, un dénommé Honorius, est pris de l’envie de voler un veau dans les prés voisins. Il bondit dessus, l’enserre de ses bras, pour qu’on n’entende pas ses mugissements, le sépare de sa mère et l’entraine à grands coups dans le logis où il se cachait. Saisissant une hache, il veut le tuer, mais la main d’un ange retient la sienne, et ils se battent pendant 3 jours. Alors, le démon entre en lui et il se met à rugir comme du bétail. Du coup, le veau se sauve vers sa mère, et le brigand cours vers Winebaud qui, d’un signe de croix et d’un souffle sur sa bouche le délivre après l’avoir pardonné.

Quelques années après, la réputation de sa sainteté s'étant répandue dans tout le pays, Gallomagne, évêque de Troyes, désire l'attirer dans la ville épiscopale. Il lui envoie un de ses lecteurs tourmenté d'une fièvre forte pour obtenir sa guérison et inviter le saint à venir voir le pontife. Le malade est guéri, Winebaud obéit et suit le lecteur avec la résolution de revenir dans sa chère solitude. Le pontife l'accueille avec de grandes démonstrations d'amitié et lui propose de rester avec lui pour servir de modèle à son clergé. Malgré son premier dessein, Winebaud ne peut s'empêcher d'obéir à son évêque, et il se retire au monastère de Saint-Loup  (où est actuellement la chapelle de Saint-Martin-ès-Aires).

Il est élevé à la prêtrise afin qu'il puisse être plus utile à l'église. Dans cette nouvelle demeure, il continue de mener une vie exemplaire, il offre souvent le saint sacrifice et il sert Dieu avec autant de ferveur que d'exactitude.

En 583, Audéric, abbé de cette maison, étant mort, les religieux demandent à l’évêque Winebaud pour leur abbé. Le peuple même postule pour lui, cette dignité. Le pontife reconnaît dans ces sollicitations l’ordre secret de Dieu, et bénit Winebaud comme abbé de Saint-Loup.

Dans cette nouvelle place, le saint ne diminue rien de sa ferveur ni de la rigueur de ses jeûnes, il ne mange que le soir un peu de pain et couche sur la terre. Tant d’austérités ne l’affaiblit cependant pas, car, lorsqu’il sort de son monastère, on le voit toujours en embonpoint et il semble que sa sobriété contribue à lui donner une santé vigoureuse.

         Sa vie est accompagnée de miracles. Divers malades vinrent implorer son intersession auprès de Dieu, et s’en retournèrent entièrement guéris.

Un dimanche, une femme d’Arcis recevait le parrain de son fils. Pleine d’avarice, devançant son mari qui allait offrir un coup à boire, elle dit : « Si j’avais de l’alcool ou du bon vin, je te donnerais à boire ». Elle mentait, car elle avait de bonnes bouteilles dans sa cave. Le compère s’en alla. Alors, elle voulut laver la tête de son enfant et le peigner en ce saint jour. Mais ses doigts s’attachèrent l’un à l’autre, tandis qu’elle fermait la main et les ongles s’incrustèrent dans la peau, de sorte qu’elle ne pouvait plus ouvrir la main. « Malheur à moi ! Qui viendra à mon aide quand je me vois condamnée par le jugement de Dieu ? ». Il ne lui restait plus qu’à courir jusqu’à Troyes implorer le saint qui se prosterna longuement au tombeau de saint Loup en pleurant. Puis, saisissant la main meurtrie, d’un signe de croix, il la rendit à sa forme première. « Une femme de Précy, nommée Nommula, souffrant de paralysie depuis 7 ans, était privée de l’usage d’une main, incapable de faire quoi que ce soit. Il y avait une telle immobilité dans ses articulations qu’elle ne pouvait plier aucun de ses membres « pas plus que du bois sec ».  Une femme du voisinage eut une vision : un saint abbé venait à la malade, palpait ses  membres paralysés et leur rendait leur ancienne vigueur. Aussitôt, parents et amis hissèrent la malade sur une charrette et accoururent à Troyes en disant au saint : « Déjà vous avez vu cette malade en esprit : la voici présente ». Il s’écria : « Seigneur Dieu, toi le vrai et l’unique, daigne regarder cette pauvre malade et écarte d’elle la mort de ses péchés ». C’est par le signe de la croix et une onction d’huile bénite qu’il lui rendit la pleine santé.

L’éclat de son mérite le fit demander pour solliciter auprès du roi Clotaire II, le rappel de saint Leu, archevêque de Sens, que ce prince avait exilé trop légèrement sur des plaintes calomnieuses. Winebaud qui connaissait la bonté de cette cause et l’innocence du pontife, se rendit avec confiance auprès du roi qui était alors dans une maison de campagne proche de Rouen. Sa sainteté était connue dans le pays, et son arrivée réjouit tout le peuple du voisinage. De toute part, on lui apporta des malades qu’il guérit par la prière et par le signe de la croix. Lorsqu’il parut à la cour, le roi, édifié de tant de merveilles, lui donna promptement audience et le reçut avec distinction. Le prince fut charmé de l’entendre, et, approuvant la manière dont il justifiait saint Leu, il se sentit attendri, fit expédier des ordres, et rendit à l’église de Sens, son pasteur. Celui-ci, revenu de son exil, parut à la cour et fut présenté au roi par Winebaud. Le prince le voyant maigre et exténué, se repentit de ce qu’il avait fait, se jeta aux pieds du prélat, le fit dîner à sa table avec le saint abbé, et le renvoya à son troupeau comblé de présents. Dans leur retour, ils passèrent par Paris, et, soit par compassion naturelle ou en vertu des ordres du roi, Winebaud donna la liberté à plusieurs prisonniers. Il envoya à cet effet un prêtre pour annoncer cette nouvelle au geôlier. Ce prêtre revint dire qu’il ne l’avait pas trouvé et que les portes étaient fermées. Mais le saint y étant arrivé, se mit en prière, entra, ôta les chaines des malheureux, les consola, leur fit donner à manger, distribua des habits, au lieu de leurs haillons, et les renvoya libres au nom de Dieu.

Tant de belles actions augmentèrent l’éclat de la sainteté de Winebaud. A son arrivée à Troyes, il reçut des grands et des petits, les témoignages de la vénération la plus profonde. Tous les malades se présentaient à lui pour obtenir la guérison de leurs infirmités. Malgré les prodiges qu’il opérait fréquemment, il n’en était que plus humble, vivant dans la mortification la plus austère et dans une application continuelle à la prière. « Enfin, on peut dire que le saint Esprit se plaisait d’habiter dans ce vase précieux ».

Il mourut le 6 avril 620.

Le pieux abbé fut enterré à Saint-Martin-ès-Aires. Après la destruction de ce monastère par les Normands, son corps fut transporté à l’abbaye de Sait-Loup, un 16 mai. Ses cendres reposaient dans une châsse d’argent et furent identifiées en 1180. Des reconnaissances eurent lieu le 13 septembre 1418 et en février 1609. Une nouvelle translation eut lieu le 20 septembre 1718.

Ses cendres ont été dispersées à la Révolution, de même que le bras qui était conservé à Saint-Martin-ès-Aires.

Le trésor de Troyes conserve une partie de son crâne et on vénère quelques fragments de ses ossements à Verrières.

Les paroisses de Magnicourt, de Bernon et de Maison-lès-Soulaines sont sous le patronage de saint Winebaud.

L’église de Magnicourt le représente en 2 statues.

A l’emplacement présumé de son ermitage à Saint-Pierre-de-Bossenay, fut édifié un prieuré dépendant de Saint-Martin-ès-Aires. En 1754, il était en mauvais état. Le 24 juin, il y avait « une affluence de plus de 5.000 personnes que la dévotion y attirait ». Il y avait en effet une fontaine « pure, transparente, aux eaux argentées », où venaient se baigner ceux qui souffraient de fièvres. Garnier II de Traînel, sire de Marigny, « brûlé d’une fièvre quarte », était venu se baigner 3 jours durant dans la fontaine et en avait miraculeusement été guéri. En souvenir, il avait fait un don généreux aux chanoines de Saint-Loup.

Le prieuré fut supprimé en 1782, et vendu à la Révolution, comme bien national.

L’église de Troyes fait mémoire de saint Winebaud le 8 mai.

Au prieuré qui portait son nom à Saint-Pierre-de-Bossenay (doyenné de Marigny), sa fête se célébrait le second dimanche après Pâques, pour favoriser le concours des fidèles.     

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