Les Crimes


JUSTICE


Dans un but évident de dissuasion, aux XVII°/XVIII° siècles, la cruauté des châtiments dit assez la rigueur avec laquelle sont réprimés les crimes visant la sûreté publique.

La justice est laissée à une juridiction spéciale, dite de Robe Courte, jugeant prévôtalement et redoutée de tous les justiciables.

L’ordonnance de 1670 fait obligation à ces tribunaux de réunir sept magistrats du siège. Voici quelques exemples de jugements.

 

Jean Bernu, laboureur à Fontaine-Saint-Georges, convaincu d’avoir assassiné sa belle-sœur et d’en avoir jeté le cadavre dans le gué du village, est condamné à être roué vif, puis étranglé, son corps étant exposé sur une roue pour y demeurer jusqu’au lendemain.

 

Françoise Mahaut, de Bercenay-le Hayer, a lentement empoisonné son quatrième mari, en lui faisant absorber de la " mort aux rats ". On la soupçonne par ailleurs, d’avoir supprimé, sans plus de façon ses trois précédents époux et d’avoir reçu l’aide de quelques complices. Il importe en conséquence, d’obtenir ses aveux. La " Question " lui est donc appliquée, étant entendu qu’elle bénéficiera en revanche d’une mesure de miséricorde : " la dite Mahaut, lorsqu’elle sera mise sur le bûcher, sera secrètement étranglée par le bourreau, avant que de sentir le feu ". Le procès-verbal de l’exécution indique " qu’à 3 heures de l’après-midi, la dite Mahaut a été conduite sur la place de Bercenay pour être placée sur le bûcher et qu’à environ 7 heures du soir, son corps étant entièrement consumé par les flammes, les cendres en ont été jetées au vent ".

 

Quand elle veut contraindre l’accusé aux aveux, la cour peut appliquer la Question ordinaire et la Question extraordinaire.

Cet effroyable supplice, est ordinairement appliqué dans les prisons de Troyes.

La Question ordinaire se donne " avec 6 pots d’eau qu’on entonne dans l’estomac du patient et à l’aide du petit tréteau, où sont emprisonnées les jambes du malheureux, tandis qu’un puissant tourniquet, étirant lentement le corps, le disloque à mesure. Six autres pots d’eau et le grand tréteau, plus douloureux encore, sont employés pour la Question extraordinaire ".

 

L’insécurité régna longtemps dans nos forêts.

Dans celle de Chaource, deux redoutables bandits, Paupe et Assénat, armés de fusils, " dressaient leurs embuscades sur le grand chemin qui vient de Troyes, et tuaient pour les dévaliser, piétons, cavaliers ou routiers qui venaient à passer ". Capturés après de longues années d’impunité, le 23 mars 1709, un jugement les condamne tous deux à " avoir les os des bras, jambes, cuisses et reins brisés et rompus sur un échafaud dressé à cet effet sur la place du Marché au Blé de la Ville de Troyes, mis ensuite sur une roue, la face tournée vers le ciel. Ce fait, leurs corps morts portés par l’exécuteur de la haute justice au bout du faubourg de Bréviandes pour y être exposés ".

 

Jean Comblet et Madeleine Chevreau " surpris à mendier pour la première fois, sont placés à la renfermerie à ce destinée, pour apprendre à travailler ".

 

Marguerite Trémelet qui mendie " étant valide et par récidive, sera enfermée sous le bastion de la Tour Boileau, pendant l’espace de 3 mois et marquée au fer rouge de la lettre M (mendiante) ".

 

Les peines qui frappent gitans et nomades, sont pire encore.

Convaincus de mener une vie de bohémiens, Jacques Godefroy de la province de Liège et Etienne de la Tour, du diocèse de Verdun, sont condamnés " sans autre forme de procès à être attachés à la chaîne et conduits aux galères, pour y servir le Roi à perpétuité, en qualité de forçats, préalablement marqués au fer rouge des 3 lettres G.A.L. (galèrien). Les deux femmes surprises en leur compagnie, seront rasées par l’exécuteur de la haute justice, en la place du Marché au Blé, et mises par lui hors des murs de la cité, leurs 3 enfants : 8 ans, 6 ans et 18 mois étant confiés à la garde des hôpitaux de la ville, pour y être élevés et nourris ".

 

Par comparaison, la justice de nos jours est souvent trop clémente.

   

 

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