La Politique


Hommage du Maire de Troyes à l’Empereur et au Roi 1810-1816


 

Ah, la Politique ! ! !

 

Le maire Nicolas Piot de Courcelles, héritier du château de Courcelles, commune de Clérey, est installé par le gouvernement impérial le 25 février 1810. Il ne manque pas de glorifier l’empereur, en particulier dans le discours qu’il prononce lors de l’inauguration du buste de Napoléon le 29 novembre 1811. Sans aucun doute, le ton de soumission et les termes flatteurs qu’il utilise nous surprennent par leur exagération : « Le buste précieux ne peut être inauguré plus à propos qu’en ce jour solennel, où toute la France, au pied des autels, offre à l’Etre Suprême, les plus vives actions de grâce, en mémoire du couronnement de Sa Majesté… Tous nos sentiments de vénération, de gratitude, d’amour et d’admiration pour sa Personne Sacrée, se manifestent avec énergie. Le voilà, ce héros magnanime qui daigna nous honorer de sa présence, il y a 6 ans. Cette cité reçut de lui mille témoignages d’une affection particulière, avec des actes de justice, de bienfaisance, de générosité et de magnificence… Cet auguste monarque sait que lui somment dévoués pour la vie… Napoléon le Grand est le père de ses sujets… Il répand les dons du génie dans toutes les régions… C’est à ce noble but que se rapportent toutes les pensées de Sa Majesté, toutes ses veilles, ses vastes plans, ses sublimes conceptions et généralement toutes ses entreprises dont la plupart tiennent du prodige… Nous adressons à Sa Majesté un concert de bénédictions et formons mille vœux pour l’affermissement et la perpétuité d’un trône qui réunit tous les genres de gloire. Vive l’Empereur ! Vive l’Impératrice ! Vive l’Auguste famille Impériale ! ».

 

         Mais l’Histoire suit son cours. L’Empereur quitte la France pour l’île d’Elbe le 20 avril 1814.

 

Louis XVIII est le nouveau souverain.

 

Nicolas Piot de Courcelles, resté en place, rend un vibrant hommage à son Roi dans une « Proclamation du Maire de la ville de Troyes à ses concitoyens » datée du 20 août 1814 : « En vous annonçant, pour la première fois depuis 25 ans, la Saint Louis, fête de notre Roi légitime, vos magistrats ne cherchent point à exciter parmi vous un faux enthousiasme, ni à commander de vaines démonstrations. Les libres témoignages de votre amour pour Louis le Désiré, les marques d’une juste reconnaissance pour le bienfait de la paix que le premier besoin de Sa Majesté fut de donner à son peuple… Le peu de temps qui s’est déroulé depuis le rétablissement des Bourbons sur le trône de Saint-Louis, a suffi pour faire sentir à ceux qui sont nés depuis 36 ans, la différence qu’il y a entre le Père des Français et l’Etranger qui les sacrifiait à sa folle ambition, entre un Roi qui prend la bonté, la raison et la justice pour guides, et celui qui parut sur terre pour le malheur des nations, entre le gouvernement qui détruisait et le gouvernement d’un Sage qui répare et fait revivre le principe conservateur de l’ordre social…Ne perdez pas de vue que la France par cela même qu’elle est heureuse et s’enorgueillit d’être gouvernée par les descendants d’Henri IV, doit avoir en horreur, pour jamais, la domination de quiconque n’est pas né français… Livrons notre cœur à la joie, et renouvelons en ce jour le serment de lui être fidèle, et d’un commun accord, répétons les mots si chers et si agréables aux Français : Vive le Roi ! Vive les Bourbons ! ».

 

Remarquons que la Corse fut cédée par les Gênois à la France en 1758 et que Napoléon Bonaparte naquit en 1769. Considérer ce dernier comme un étranger était assez insultant.

 

Napoléon, au retour de l’île d’Elbe, règne 100 jours, du 20 mars au 22 juin 1815. Le 5 avril, le Conseil municipal est convoqué, sous la présidence de Piot de Courcelles, pour voter au nom de la ville de Troyes une adresse à Sa Majesté l’Empereur : « Sire, les habitants de votre bonne ville de Troyes ont tressailli d’allégresse en apprenant l’heureux retour de Votre Majesté et le rétablissement d’un trône élevé par votre génie et par le vœu que le peuple français réitère aujourd’hui avec tant d’énergie… Nous sommes avec le plus profond respect Sire de Votre Majesté, les très humbles, très soumis et très fidèles sujets ».

 

Le 24 avril le Conseil municipal toujours sous la présidence de Piot de Courcelles s’adresse à l’Empereur : « Les habitants de votre bonne ville de Troyes, contemplent avec joie votre belle et noble entreprise. Achevez, Sire, votre ouvrage, assurez à la France la paix et le bonheur, il ne manquera plus rien à votre gloire... Je jure obéissance  aux Constitutions de l’Empire et fidélité à l’Empereur ».

 

Les 100 jours prennent fin. Napoléon quitte cette fois définitivement la France. Le Roi revient. Le maire de Troyes, Piot de Courcelles, le 13 juillet, s’adresse aux Troyens : « Le Roi est entré le 8 de ce mois dans sa capitale, au milieu des acclamations générales… Le drapeau blanc flotte sur tous les édifices publics ». Le 20 juillet, le Conseil municipal au Roi : « Votre absence a prouvé combien vous nous êtes nécessaire… Ah ! Sire, nous savons que Louis le Désiré existe… Nous pourrons vivre encore pour le bonheur et la reconnaissance. Vive le Roi ! Vive les Bourbons ! ».

 

Le 24 août, Piot de Courcelles publie une ordonnance : « Tout particulier qui se permettra le cri Vive l’Empereur, sera arrêté sur le champ et traduit devant les tribunaux pour être puni suivant la rigueur des Lois ».

 

Que doit-on penser de ce maire qui resta en poste malgré les changements successifs de régime de son pays ?   

 

Château de Courcelles
Château de Courcelles

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