Troyes et l'Aube précurseurs



La Presse à Troyes



Le serpent glissa sa tête jusqu’à l’oreille d’Eve, décrivit la pomme, en vanta la saveur et les vertus. Ce fut la première information !

Depuis cette origine, l’information est là, nécessaire, indispensable, réclamée, de tous les instants. Très longtemps transmise de bouche à oreille, elle a au cours des temps augmenté ses moyens de diffusion.

Des moyens audio-visuels existent depuis longtemps comme le tam-tam des Africains, la fumée des Indiens, le tocsin, les signaux optiques toujours en usage dans la marine, le tambour de ville…

Dès le Moyen-Âge à Troyes, c’est le trompette d’échevinage qui informe les habitants. Les passants accourent, les habitants sortent de leur maison, des têtes curieuses se montrent entre les meneaux étroits des fenêtres.

Troyes a été du 16° au 18° siècle, le plus important centre de production de colportage de France. Il n’y avait pas encore de journaux ou gazettes à cette époque, et la culture populaire sous l’Ancien Régime, c’était le fonds de la Bibliothèque bleue de Troyes.

A Troyes, en moins de 3 siècles, j’ai relevé 60 titres !

La Gazette Française pour le temps présent, le plus ancien journal de France, fondé en 1631 par Théophraste Renaudot, est imprimé à Troyes, de 1686 à 1709.

Mais il faut savoir que la ville de Troyes en a pourtant imprimé un plus ancien encore, la « Gazette Françoise, pour le temps présent », en 1626.

Il existe en 1781, les " Annonces, affiches et Avis divers de Troyes ", qui deviennent, en 1783, le " Journal de Troyes et de la Champagne méridionale ", le mercredi de chaque semaine, jusqu'en 1795.

La Gazette du Département de l’Aube, 1816.

Le Journal de l’Aube, 1820, républicain modéré.

Le Propagateur de l’Aube, 1820, quotidien républicain.

L’Indépendant de l’Aube, 1820.

La Gazette Française pour le temps présent, 1826.

La Réforme Sociale, 1830.

Le Progressiste de l’Aube, 1832.

L’Aube, journal des intérêts de la Champagne, 1839.

Le Populaire de 1841.

Le Propagateur, Sentinelle Républicaine de l'Aube, 1848.

Le Progrès national, 1851, monarchiste, conservateur.

L'Industriel de Troyes, est supprimé pour publication de nouvelles politiques, sans cautionnement préalable, le 4 janvier 1854. Il tente de reparaître sous le titre " Journal de Troyes ", mais une menace de nouvelles poursuites paralyse cette tentative.

Le Napoléonien 1854 

Nouvelles, 1867, le jeudi, catholique.

Le Journal de Troyes, 1868, politique et agricole.

Le Courrier de l’Aube, 1871, quotidien bonapartiste, remplace L’Indépendant.

La Revue Catholique de Troyes, 1872.

L’Avenir Républicain, 1872, radical, remplace Le Propagateur.

Le Casque à mèche, 1873.

La Lanterne indiscrète, 1874.

La Gazette des Travailleurs, 1880, républicain socialiste.

Le Libéral de l’Aube, 1880, quotidien Bonapartiste.

Le Petit Troyen, 1881, radical-socialiste, à l’influence considérable parmi la population ouvrière. Rédacteur en chef Gaston Arboin, articles du député Jules Guesde.

Le Petit Troyen, supplément illustré de 8 pages 1881, hebdomadaire radical-socialiste.

Le Troyen hebdomadaire,   id

Le Chat Troyen, 1881, premier journal satyrique.

Le Journal des Postes et Télégraphes, 1885.

La Croix de l’Aube, 1885, cléricalisme intransigeant.

La Lune Troyenne, 1885, journal satirique et littéraire

Le Petit Républicain de l’Aube, 1885, Parti Républicain modéré, suite de L’Aube.

La Croix de Troyes et de l’Aube, 1888-1897, catholique, paraissant le jeudi et le dimanche.

Le Patriote de l’Aube, 1888 (+1914), catholique, paraissant le dimanche.

L’Avenir de l’Aube, 1888, catholique (succède à La Croix de l’Aube).

Le Socialiste Troyen, 1892-1896, Parti Ouvrier Français (Jules Guesde), Etienne Pédron rédacteur en chef.

Le Lampion, 1895 (le samedi).

Le Réveil des Travailleurs de l’Aube, 1896, socialiste avancé, collectiviste.

La Croix de l’Aube, 1897-1908, catholique, remplace La Croix de Troyes et l’Aube.

La Dépêche Troyenne, 1900, radical-socialiste.

L’Eveil des Travailleurs,1901, Parti ouvrier.

La Défense des Travailleurs de l’Aube, 1901-1914, Parti ouvrier, organe de la S.F.I.O..

La Tribune de l’Aube, 1901, journal Républicain indépendant, suite de Le Petit Républicain.

Le Réveil des Patriotes, 1902, clérical.

La République Sociale, du 1er au 8/10/1903, socialiste.

Le Clairon de l’Est, 1907, catholique.

L’Avenir de l’Aube, 1908-1923, catholique, remplace La Croix de l’Aube.

La Dépêche Socialiste1912, socialiste collectiviste.

La Dépêche de l’Aube, 1919, socialiste, puis communiste.

L’Express de l’Aube, 1923, quotidien indépendant, remplace L’Avenir de l’Aube.

La Tribune de l’est, 1923, conservateur progressiste.

L’Aube Républicaine, 1923, radical socialiste.

L’Aube Ouvrière, 1927, syndicaliste CGT, communiste.

Champagne, 1930, mensuel régional royaliste.

L’Aube libre, 8 septembre 1944, quotidien du Comité Départemental de la Libération.

La Résistance de l'Aube, hebdomadaire des mouvements de résistance, 1er numéro le 30-09-1944, dure 1 an.

L’Indépendant de l’Aube, 1945, remplace L’Express de l’Aube.

En septembre 1945, L’Est-Eclair, remplace La Tribune de l’Aube.

Et Libération-Champagne, remplace Le Petit Troyen en octobrez1944.

L’Union, 1945, apolitique, issu de la Résistance.

Le Courrier, 1960-1962, quotidien d’information chrétienne, remplace L’Indépendant de l’Aube.

Il nous reste 2 quotidiens : L’Est-Eclair, Libération-Champagne, et l’hebdomadaire La Dépêche de l’Aube.

 

Dès les premières publications, le Commissaire de Police mettait M. le Préfet au courant de tout ce qui touchait la presse.

Voici quelques extraits amusants : 1889 " La Croix de l’Aube, dirigée par l’abbé Nioré qui a fait divers héritages… influence et résultats de sa propagande nuls, n’ayant d’action que sur les intransigeants du cléricalisme. Il a une grande influence sur l’évêque qui, vu son grand âge, ne s’occupe que peu de l’évêché ". 

1896 " Le Réveil des Travailleurs de l’Aube, journal organisé comme les journaux socialistes avancés de province, dirigés par les groupes d’ouvriers, c’est-à-dire qu’il prend son mot d’ordre du comité directeur de Paris socialiste collectiviste ".

1897 " le gérant de Le Réveil des Travailleurs de l’Aube, V. Blanchet n’est pas inscrit sur les listes électorales… cet individu ne travaille presque jamais… ".

1900 " La Dépêche Troyenne, créée par un ancien fondateur du Petit Troyen, brasseur d’affaires alcoolique et incapable, condamné en correctionnelle, soit disant pour défendre la politique radicale socialiste, mais en fait pour se faire des revenus en captant la confiance de capitalistes naïfs, avides d’opérations financières lucratives ".

1902 " nouveau journal organe du Comité républicain nationaliste de Troyes, Le Réveil des Patriotes est subventionné par La Croix, des cléricaux et des quêtes à domicile, créé en vue des prochaines élections législatives… ".

1903 " La république Sociale, organe de la Fédération Socialiste autonome de l’Aube, fondée par des dissidents du Parti Ouvrier, qui veulent combattre ce parti en même temps que le parti radical ".

1907 " Les articles du Clairon de l’Est, sont rédigés par des jeunes gens appartenant aux œuvres catholiques ".

1912 " La Dépêche Socialiste (collectiviste dissidente) est inspirée par l’ancien secrétaire de la Bourse du Travail et a été créé pour combattre ses anciens amis les socialiste unifiés. Le plus vif désir est de se venger… des subsides viennent des membres de l’Alliance démocratique…"

         La Dépêche de l’Aube, 1919, socialiste, puis communiste.

         L’Express de l’Aube, 1923, quotidien indépendant, remplace L’Avenir de l’Aube.

         La Tribune de l’est, 1923, conservateur progressiste.

         L’Aube Républicaine, 1923, radical socialiste.

         L’Aube Ouvrière, 1927, syndicaliste CGT, communiste.

         Champagne, 1930, mensuel régional.

         L’Indépendant de l’Aube, 1945, remplace L’Express de l’Aube.

         En 1945, L’Est-Eclair, remplace La Tribune de l’Aube.

         Et Libération-Champagne, remplace Le Petit Troyen.

         L’Union, 1945, apolitique, issu de la Résistance.

         Le Courrier, 1960-1962, quotidien d’information chrétienne, remplace L’Indépendant de l’Aube.

   

En 2011, les Français lisent peu. Depuis le début des années 2000, la presse locale voit sa diffusion en France chuter, concurrencée par Internet, les quotidiens gratuits, les blogs. Malgré cela, les vieux Troyens ne peuvent se passer de leur quotidien qu’ils lisent, pour certains comme moi, dès 6 h du matin,  lorsque le porteur leur a livré ! 

C’est pourquoi le dernier directeur rédacteur en chef de nos journaux locaux, Patrick Planchenaut m’a dit : " lorsque je vois passer un corbillard, c’est un client en moins ! " 

   


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