Troyes et l'Aube précurseurs



Banque Populaire de Champagne


 Je pense que je me dois de parler de la création de la première banque Troyenne, qui est tout à l’honneur de notre département.

 

        La Banque Populaire de Champagne voit le jour en 1920, grâce à l’initiative de quelques commerçants et industriels troyens qui décidaient de mettre en commun leurs moyens et leurs conseils et de se prêter mutuellement l’argent dont ils pouvaient avoir besoin pour l’exercice de leur activité.

 

Cette nouvelle banque ainsi créée à Troyes a tenu son assemblée générale constitutive en l’Hôtel de la Préfecture de Troyes, le 3 février 1921, en adoptant le sigle de « Banque Populaire de Troyes », société anonyme coopérative à capital variable constitué tout d’abord par 1300 actions, représentant 138.000 francs, souscrites par les membres fondateurs : MM. Robiquet, ancien négociant, ancien membre de la Chambre de Commerce de Troyes, véritable pionnier de l’œuvre puisqu’il avait présenté 20 ans auparavant, un rapport sur un programme de banque populaire basé sur des organisations similaires en Italie et en Alsace, Copel, membre de la Chambre de Commerce, Gaucher, négociant, président de l’Union commerciale et industrielle, Montgolfier, industriel en cartonnerie, membre du comité de l’Union commerciale et industrielle, Ployé, pharmacien, membre de la Chambre de Commerce, et Quantin, ancien employé de banque. L’assemblée procédait alors à la constitution de son bureau et nommait M. le Comte de Launay président, MM. Edouard Herriot, né à Troyes, 28, Place Jean Jaurès, le 5 juillet 1872, ancien Maire de Lyon, plusieurs fois ministre d’Etat, Président de la Chambre des députés, de l’Assemblée nationale, qui revenait toujours dans l’Aube avec plaisir, et Rousseau, administrateur de la Caisse d’Epargne.

 

Lors de l’assemblée générale du 21 mai 1924, M. Binet, important industriel parisien, alors président de la Caisse centrale des Banques populaires et de la Banque populaire de Paris, et créateur, en 1913, de la première Banque populaire parisienne, au cours de son allocution, soulignait que la Caisse centrale ne pouvait se permettre d’assister aux assemblées générales de toutes les Banques populaires, mais qu’elle n’hésitait pas à accorder l’encouragement de sa présence, parce que la  Banque Populaire de Troyes se caractérisait par une progression constante et régulière et qu’elle pouvait être citée comme modèle et classée parmi les 10 meilleures de France !

 

         Dès 1923, la Banque Populaire de Troyes, qui ne disposait jusqu’alors que d’un seul guichet, créait une seconde agence à Arcis-sur-Aube. Puis, en 1924, l’arrondissement de Chatillon traitant plutôt avec Troyes qu’avec Dijon par suite de la facilité des moyens de communication. Pour permettre les relations commerciales du département de l’Aube avec Chatillon, il était décidé, avec l’accord de la Caisse centrale des Banques Populaires, l’ouverture d’une agence dans cette ville. L’année 1925 vit la création d’une agence à Bar-sur-Seine qui dut bientôt être présente dans les communes environnantes en ouvrant 2 bureaux périodiques à Essoyes et aux Riceys. La même année, une autre agence était créée à Bar-sur-Aube et le Barsuraubois était conquis par l’ouverture de 2 bureaux, l’un à Brienne-le-Château, l’autre à Vendeuvre-sur-Barse, à la fin de cette même année. Puis une nouvelle agence était créée à Nogent-sur-Seine en mars 1927, une autre à Romilly-sur-Seine en juin 1927, ainsi qu’un bureau hebdomadaire à Aix-en-Othe, la même année, et qui devint permanent en 1930.

 

En 1923, il existait en France 200 Banques populaires, la Caisse centrale des banques populaires en groupant 96. Elles comportaient 115 succursales et 280 établissements avec les bureaux. Le département de l’Aube étant couvert, la Banque populaire de Troyes devenait le 5 mai 1926, « Banque Populaire de l’Aube », et, au moment où éclata la Seconde Guerre mondiale, elle disposait de 7 agences, son effectif atteignant alors une cinquantaine de personnes.

 

         En juin 1939, elle s’étendait au département de la Marne en reprenant à Reims, place Royale, une agence exploitée par la Banque populaire de la région Est de Paris dont le siège était situé à Vincennes, elle-même ayant succédé à la Banque populaire des régions libérées, installées à Reims depuis 1924. La Banque populaire de l’Aube, par suite du rattachement du département de la Marne à sa circonscription, devenait alors « Banque Commerciale de Champagne ».

 

         La Banque commerciale et industrielle de l’est de la France (B.C.I.E.F.) dut en 1942, sous la pression des mesures prises à son encontre par les autorités allemandes, suspendre l’exploitation de sa circonscription territoriale dans les départements de la Haute-Marne, de la Meuse et de la Meurthe-et-Moselle, et, devant cette opportunité, la banque troyenne décidait de poursuivre le développement du crédit populaire dans cette région en ajoutant à son réseau les agences de Saint-Dizier, Wassy et Nancy. Son exploitation était ainsi assurée au plan régional, sa position se trouvant fortement consolidée dans une des régions les plus prospères de France et c’est ainsi qu’en 1942, la Banque commerciale de Champagne devenait « Banque Commerciale de Champagne et de Lorraine ». Elle exploitait alors 11 agences et rayonnait sur 5 départements.

 

         Après la Libération de 1945, un certain nombre d’organismes nouveaux prirent pour cadre d’action non plus le département mais la région. La région Lorraine étant née, il était tout à fait légitime que la B.C.I.E.F., pour exercer pleinement son activité dans sa propre région, souhaite rentrer en possession de sa succursale de Nancy, assez éloignée de Troyes. Fin 1952, l’exploitation de Nancy était reprise par la B.C.I.E.F. à Metz. La Banque commerciale de Champagne et de Lorraine, perdant de ce fait son activité en Lorraine, devenait à nouveau, le 1er janvier 1953, « Banque Commerciale de Champagne ».

 

         Enfin, pour donner une image commune à tous les établissements dépendant du Crédit populaire, il devint préférable, pour ces banques, d’affirmer leur identité sur tout le territoire français et le mot « populaire » fut adopté. C’est ainsi que le 17 mai 1968, la Banque commerciale de Champagne est devenue tout naturellement « Banque Populaire de Champagne ».

 

         Dans les années 1970, l’expansion se poursuit dans la Marne avec la création des agences de Châlons-sur-Marne en 1969 et d’Epernay, région de vignoble par excellence, en 1971. Le bureau périodique de Vitry-le-François, ouvert en 1950, devenait permanent en 1974.

 

         Puis, les banques étant de plus en plus sollicitées par les particuliers et la gamme des services s’étant étendue à toutes les clientèles, la B.P.C., s’implanta dans les quartiers périphériques : en 1963 à Sainte-Savine, en 1970 à La Chapelle-Saint-Luc, en 1971 aux Chartreux, puis à Dormans dans la Marne, à Estissac dans l’Aube, et en Haute-Marne, à Joinville, Langres, Nogent-en-Bassigny et Fayl-Billot.

 

         Histoire du siège troyen : installée primitivement dans un modeste local situé 6, place Audiffred à Troyes, la Banque populaire de Troyes acquiert en 1925, les anciens locaux de l’hôtel du Chaudron, 16 place de la Préfecture (qui s’était appelée successivement rue du Point du Jour, rue des Merlettes, rue du Marché-au-Foin, du Petit-Marché, cour et place Notre-Dame, rue du Cimetière-Notre-Dame, des Lisses, place du Beau-Portail, Saint-Jacques, Marie-Thérèse, d’Armes, de la Halle-au-Blé), et 21 rue de l’Hôtel-de-Ville (rue Georges Clémenceau aujourd’hui), et s’y installe après travaux, en 1926. Mais, avec son développement dans la région, la Banque populaire de Champagne démolit, en 1963, 2 immeubles datant des XVI° et XVII° siècles, maisons dites du Coutelas et du Signe de Croix. A cet emplacement, elle construit des bâtiments neufs, qui sont rénovés en 1983. En 1982, la banque acquiert l’immeuble de l’ancien Hôtel Saint-Laurent et s’y installe en 1984. C’est ensuite la démolition et la reconstruction de l’immeuble Robinet, 10, place de la Libération, dont les travaux ont duré de 1983 à 1985, reliant par une passerelle sur 3 étages, enjambant la rue du Cardinal Ancher (neveu du pape Urbain IV). D’autres travaux de construction, de 1984 à 1986, comprenant entre autres, une salle des coffres en sous-sol, concernent les immeubles des rues Ancher (dont celle de Guillaume Lemoyne coutelier) et Clémenceau, à l’emplacement de très vieilles maisons. Avec l’immeuble Saint-Laurent, les locaux représentaient au centre ville, une surface utilisable de 5.800 m².

 

En 2017, la banque, comme ses concurrentes, ne simplifie pas ses relations avec sa clientèle (on ne peut appeler au téléphone que la plateforme de Nancy…), mais, heureusement elle emploie d’excellents agents, comme Thomas Dessauvages, chargé de clientèle-particuliers.     

 


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