Métiers anciens



Les mariniers


 

En octobre 1655, le roi permet à Hector Boutheroue de rendre navigables et flottables les rivières de la Seine.

 

         Apparait alors le flottage des bois.  En 1584, des forêts de Brienne et de Piney on jetait dans l’Aube, « à bois perdu », presque uniquement du bois de chauffage. C’est ainsi que s’est créé au port de Brienne-la-Vieille le métier de mariniers.

 

En 1721, M. de Vaux de Fierville, ingénieur, est désigné pour continuer les travaux de navigation et de flottage sur les ruisseaux affluant la Seine, pour l’approvisionnement de Paris. En 1789, le flottage à bois perdu se fait à grande échelle dans la rivière Aube.   

 

Les voituriers charriant les grumes de chêne ou certaines pièces de bois de chêne équarries arrivent au port de Brienne par 2 routes, l’une à l’Est, l’autre à l’Ouest.

 

La route Est dessert les forêts de Clairvaux, des Dhuits, Soulaines… En arrivant à l’entrée du village, les voituriers passent entre la grande croix du pays et une statue de saint Nicolas, située dans une niche du mur de la maison d’angle. Ils se signent pour remercier Dieu d’avoir favorisé leur voyage. La route Ouest dessert les forêts du Temple et d’Orient et les bois adjacents, Amance, Dienville, Charlieu…Les voituriers passent devant une croix, et là aussi, ils se signent.

 

Les bois de chêne en grumes et en bois carrés sont rangés et alignés sur le port. En 1880, le trafic du port est de 90.000 décistères de charpente et bois de marine, et de 10.000 mètres de sciage. Les acheteurs de coupes de bois qui ont du stock sur les chantiers du port, invitent les marchands de Paris. Après examen des denrées offertes, les marchés sont conclus. Le garde-port qui effectue le métrage de chaque pièce reçoit l’ordre d’expédier. Lorsque le bois s’amasse sur le chantier, c’est le garde-port qui prospecte et notamment, prévient les marchands de Paris. Il propose les divers produits qui sont alignés, les gros (diamètre 0.51 m et plus), les moyens, et les petits (des baliveaux de 0.25 m). La longueur peut varier de 6 à 15 mètres.

 

Le chef flotteur dirige 8 à 10 hommes pour la confection des coupons. Le coupon est un radeau formé par des grumes attachées côte à côte par des petites perches en saule ou en coudrier fixées aux grumes par des crampons enfoncés à coup de hachette. Un coupon comprend 2 grumes de diamètre supérieur à 0.70 ou 4 grumes  de diamètre inférieur à 0,51 ou 8 grumes de diamètre 0,33 m ou moins. La largeur du coupon ne doit pas dépasser 2,50 m. La longueur des grumes peut être comprise entre 6 et 15 m.  Les coupons sont réunis et assemblés 2 par 2 au moyen de cordages. Ce nouveau radeau s’appelle une brelle. Il sera équilibré, si nécessaire, par l’adjonction de tonneaux pour améliorer la flottabilité. Les bretelles disposées, l’une devant l’autre, au nombre de 8 ou 10 (suivant la longueur des grumes) vont former un convoi que l’on désigne sous l’appellation « train de flottage ». Les bretelles sont reliées par des perches de 6 à 8 m de long.

 

De la paille et une petite cabane sont embarquées sur 1 ou 2 bretelles. Elles serviront à abriter le matériel et les vivres pendant le déplacement. Les hommes les occuperont la nuit et par mauvais temps pendant les journées d’arrêt.

 

Le jour du départ, les hommes (en principe 8 mariniers)) montent sur les bretelles munis de perches, de grappins et de gaffes. Ils portent la hache passée dans une bride du ceinturon. Sur chaque radeau, quelques cordages et une caisse en bois contenant des crampons.

 

Le pilote  hurle à l’approche de chaque village : « ohé ! ohé ! le flot ! le flot !... ». Le voyage pour atteindre Charenton-le-Pont va durer 15 à 20 jours. Ce que les mariniers redoutent le plus, sont les jours d’attente. Une fois sur la Seine ; les barrages se franchissent par les écluses. Il faut prendre rang pour avoir accès au sas.

 

Le retour des mariniers est un exploit sportif. Il s’effectue à pied par le « sentier des mariniers ». Les hommes marchent à la queue leu leu, ils passent à Nogent-sur-Seine, où ils dorment dans la « grange des mariniers », sur de la paille, tout habillés. Le trajet est parcouru en 3 jours, sauf par mauvais temps où il en faut 4.

 

Le flottage s’arrête de façon que les mariniers soient rentrés à Brienne-la-Vieille pour fêter saint-Nicolas (le 6 décembre). Il reprend suivant le régime des eaux vers le 15 mars.

 

C’est en 1760, que la chapelle de l’église est consacrée à saint Nicolas, le patron des gens des flots.

 

La construction du chemin de fer de Troyes à Saint-Dizier en 1886 porte un coup fatal à ce mode de transport.

 

C’est en 1890 que disparait définitivement le port de Brienne-la-Vieille. Sur la cinquantaine d’ouvriers mis au chômage, quelques mariniers partent au port de Troyes qui peu après connait le même sort.

 

 

 

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