Métiers anciens



Charpentier


Pendant plus de 150 ans, une famille de charpentiers troyenne exerça sa profession dans notre département.

 

Quelques membres y étaient tellement passés maîtres, qu’ils firent école par la parole, par l’exemple et par le livre.

 

        

 

Les Protot de Troyes, dont le nom s’écrit tout d’abord Proteau, sont originaires de Vauchassis.

 

 

 

René Protot-Bernard vit à Vauchassis vers 1700. Il a un fils, André Protot-Cospois, maître charpentier, qui se marie en 1736.

 

Il a entre-autre un fils, Pierre Protot-Simon, né en 1745, maître charpentier, lequel se fixe à Troyes.

 

Pierre Protot lui-même fait souche de charpentier, par 3 au moins de ses 5 enfants, (nés de 1783 à 1798).

 

D’un premier, il a un petit-fils (en 1811) Alexandre-Pierre Protot-Berthelin (en 1811), qui devient charpentier à Troyes, puis à Sainte-Savine.

 

Jean-Louis Protot-David, fils aîné de Pierre (né en 1785), est d’abord charpentier dans la rue du Bœuf-Renouvelé (portion de la rue de la Cité), en 1820. Ecrivain technique, il publie des ouvrages concernant sa profession. La Bibliothèque Nationale possède de lui 2 volumes « Traité théorique et pratique de l’art du trait de charpente », et « Traité théorique de l’art du trait de charpentier, où l’on trouve des moyens d’abréviations très étendus, tant pour la construction des épures que pour le tracé des bois ». Les ouvriers charpentiers y souscrivent en grand nombre.

 

Entre temps, Jean-Louis « Protot aîné » dessine et grave les planches de « L’Ami des Ouvriers ».

 

Charles Protot-Guérin (né en 1791), suit aussi la profession familiale. Mais, atteint par la conscription en 1810, il prend part aux dernières guerres de l’Empire et se trouve au passage de la Bérézina, dont il narrait volontiers en famille les émouvantes péripéties. Rentré à Troyes, il ne se contente pas de travailler pour lui seul. Comme son frère aîné, il approfondit son métier, son art, et consigne ses observations dans divers ouvrages que conserve aussi la Bibliothèque nationale : « L’ami des Ouvriers, ou Nouveau Traité de Géométrie descriptive, théorique et pratique, applicable aux Sciences et aux Arts, particulièrement à l’art de bâtir, pour l’intelligence des ouvriers studieux, suivi de la Stéréotomie ».

 

« Protot jeune » ne s’y montre pas seulement comme un praticien instruit, il y manifeste, dans un style légèrement amphigourique, des idées avancées. En même temps paraît « Stéréotomie ou  Art du trait ».

 

 

 

Claude Protot eut 2 fils dont il fit aussi des charpentiers :

 

Eugène-Théodor Protot-Hébert (né en 1827), élève de l’Ecole municipale de dessin, il part à 18 ans pour faire son « Tour de France ».Compagnon du devoir, il portait le surnom de « Champagne dit l’Ami des Arts ».

 

Le second, Edme-Théodore Protot-Payn, qui, lui aussi, fut charpentier à Troyes.

 

 

 

Les compagnons actuels du bâtiment disposent de méthodes plus claires ou plus perfectionnées, mais ils conservent le souvenir des livres du vieux charpentier troyen, à qui leurs ancêtres allaient fréquemment demander des leçons et des conseils, et qui fut appelé à faire des démonstrations pratiques à l’Ecole de dessin.

 

 

 

On doit à ces Protot,  les bons ouvriers qui ont fait la renommée de certains chantiers, et l’on cite encore, comme venant d’eux (ou de leur école), certains ouvrages fameux au point de vue technique comme les lucarnes « débillardées », qui attirent sur le sommet des anciennes maisons troyennes, le regard des connaisseurs et des curieux.

 

 

 

Les charpentiers de Troyes et de ses faubourgs avaient coutume de faire tous les ans, en présence d’un sergent royal, une « belle et dévote confrérie », le jour de la fête de Notre-Dame, le 8 septembre, en l’église des Jacobins. Au sortir de la messe, après avoir lu les ordonnances de la confrérie pour « qu’ils ne puissent les ignorer », les charpentiers « boivent et mangent » avec le sergent royal, les ménétriers et les religieux jacobins qu’ils ont invités. Ils ont l’obligation d’assister à la messe le lendemain, 9 septembre, à l’office des trépassés. A la mort de chaque chef de famille, il faut aussi être présent à son enterrement. Par testament, le confrère doit laisser à la confrérie une livre de cire pour les cierges lors des obsèques, sinon, la somme nécessaire sera retenue sur ses biens. En 1445, il y avait à Troyes 1 maître charpentier juré du roi, et 40 maîtres charpentiers, avec 9 valets.

 

 

 

 

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