Métiers anciens


Les châtaigneraies

Châtaignier vient du latin castanea, lui-même dérivé du grec kastanon.
Ce nom ferait référence à Kastanon, une ville de Thessalie renommée dans l'Antiquité pour la qualité des châtaignes qu'on y récoltait.

Le châtaignier a été surnommé arbre à pain pour les qualités nutritives de ses fruits. Il remplaçait les céréales dans une grande partie des Cévennes par exemple. Sa longévité est très grande (500-1500 ans).

 

Les châtaigneraies ne font plus partie du paysage de la Forêt d’Othe depuis la fin du XVIII° siècle.

        Après le grand incendie qui, le 5 mai 1524, réduisit en cendres la moitié de notre ville qu’il parcourut depuis la Porte du Beffroi jusqu’à la rue du Sauvage (aujourd’hui rue Saint-Vincent-de-Paul), le châtaigner fut employé, concurremment avec le chêne, pour la reconstruction.

Quelques maisons, entièrement rebâties de ce bois, subsistent encore, plusieurs de ces poutres énormes, qui forment l’encoignure de nos rues anciennes, sont de châtaignier. La charpente ou « ramée » de nos anciennes églises, les montants de plusieurs portes et leurs linteaux, d’un volume prodigieux, sont du même bois, que d’ailleurs on employait, de préférence au chêne pour tous les ouvrages de menuiserie et de sculpture.

         Nous ne pourrions imaginer d’où on les tirait, si nous ne savions, par tradition, que la Forêt d’Othe qui comprend  les bois de Bucey, d’Estissac, de Vauchassis, d’Aix-en-Oyhe, de Maraye-en-Othe, était alors presque toute  en châtaigniers, qui ont entièrement disparu.

         La quantité prodigieuse, qui en fut tirée pour la reconstruction de Troyes, épuisa et tarit la source.

Presque tous ces arbres étaient très gros et fort âgés, et les arbres d’un certain âge ne repoussent pas du tronc. Les moins anciens ne repoussèrent pas, ou repoussèrent mal, par le peu de bois qu’on prit « dans ces abattis tumultueux pou rabattre les estocs ». Enfin, le chêne ayant repris le dessus, sur ce qui en restait, il est devenu le seul objet des réserves pour les coupes postérieures.

         Cependant, le châtaignier a sur le chêne même plusieurs avantages qui eussent pu et dû déterminer, au moins, à en conserver l’espèce, dans un pays dont le terrain montueux et le fond sablonneux, lui étaient très propres.

         Une ordonnance de François 1er du 22 mai 1539, pourvoit à sa conservation, comme « franc-bois à réserver pour bâtir ». D’après l’expérience, Fontanon observe qu’« il surpasse même le chêne, en ce que, pour la charpenterie, il est de plus longue durée ». A cette raison, se joignait celle du poli, dont il est plus susceptible que le chêne, pour lui assurer la préférence que lui donnaient nos ancêtres, à l’égard de tous les ouvrages de sculpture et de menuiserie. Ces fibres allongées, qui distinguent les sèves dans les arbres, raides, ouvertes, ou adhérentes ou isolées dans le chêne, y forment comme un corps étranger au reste du bois, et jettent, dans la menuiserie, ces âpretés ou ces miroirs que l’art et tous les outils de menuisiers ne peuvent ni aplanir ni sauver. Dans le châtaignier, au contraire, ces mêmes fibres très déliées, très souples et fondues dans la substance onctueuse du bois, se prêtent au poli qu’augmente le temps, qui le détruit dans le chêne. Le temps donne même, aux ouvrages de châtaignier, ce vernis dont ne peut se passer la menuiserie de chêne. Cet excellent bois de charpente a une odeur qui repousse les mouches. De ce fait, les araignées n'y tissent pas leur toile, la poussière ne s’attache pas à son bois. C’est ce qu’établit le coup d’œil de la charpente élevée, dans le X° siècle par Hincmar (archevêque de Reims) au-dessus du chœur de la cathédrale de Reims, où elle subsiste encore.

Le châtaignier vient plus vite que le chêne, il repousse avec plus de force, ses poussées et ses premiers rejets, sont aussi élancés et aussi vigoureux que ceux du tilleul, du tremble et de toutes les essences de bois blanc.

Le bois de châtaignier était aussi utilisé pour la couverture de bâtiments (lauzes de châtaignier).

L’avantage capital du châtaignier est la ressource que son fruit offre dans les temps ordinaires pour l’engrais du bétail, et dans les disettes de grain, pour la nourriture de l’homme. Autrefois, les pauvres récoltaient les châtaignes, riches en glucides, sels minéraux et vitamines, pour en faire une sorte de pain.

 



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