Epidémies


Après les terribles épidémies de la peste, du choléra et de la lèpre, d’autres maladies ont été recensées à Troyes.

  

 

En 1495, pendant la période de contagion pestilentielle, le mal de Naples (ancien nom de la syphilis, que les Français prétendent avoir rapportée de Naples après l’expédition de Charles VIII) fait son apparition à Troyes.

Cette maladie se communique et se propage, comme toutes les maladies contagieuses, par le toucher, même par les exhalaisons.

 

Ulrich de Hutem, notable chevalier, préconise l’emploi du bois de Gayae contre la syphilis. Ce n’est pas, selon lui, l’Amérique qui dote l’Europe de cette maladie, mais c’est cette région qui envoie le remède, le bois de Gayae.

 

En février 1888, un docteur, M. Toinot, publie un rapport très complet, dans lequel il désigne la ville de Troyes comme un foyer de maladies endémiques et épidémiques, dues à l’alimentation des eaux : «  Troyes est un lieu de prédilection pour la fièvre typhoïde.

 

Cette ville est alimentée en eau potable par deux services :

 

1) d’une prise d’eau sur la Seine, laquelle eau est souillée à son origine par les déjections des habitants, et par les immondices des rus et traversins qui l’alimentent, et sur lesquels sont établis des latrines et des lavoirs.

2) des puits particuliers ou publics au nombre de 2.368. 487 latrines sont établies sur les cours d’eau, 2536 sont à fond absorbant les matières et imprégnant le sol : 1256 souillent indirectement les cours d’eau : et enfin, 446 seulement sont dites étanches…

 

L’eau que l’on boit à Troyes, qu’elle provienne de la canalisation municipale, qu’elle vienne des puits particuliers ou publics, est une dilution de matières fécales et sans contredit une des villes les plus éprouvées par la fièvre typhoïde.

Ces conditions hygiéniques générales sont déplorables en tous points, et pas une goutte d’eau que l’on y boit n’est à l’abri des souillures. Il serait grand temps que des mesures fussent prises pour remédier à cet état de choses, afin que l’eau reconnue potable fût distribuée aux habitants » 

 

Lors du conseil du 18 mai 1889, le rapporteur de la Commission spéciale de réorganisation du service des eaux dit :

« L’eau actuelle que nous buvons est jugée par tous les hygiénistes, comme préjudiciable à la santé et à l’hygiène. L’eau de Seine que nous usons actuellement, et dont s’abstenaient nos aïeux, par mesure de prudence, est malsaine ».

Le rapporteur de la Commission fait de nombreuses citations empruntées aux études sur l’hygiène et les microbes, dues aux savants : Pasteur, Belgrand, Dumas… lesquels démontrent que la fièvre typhoïde et le choléra sont dus à la mauvaise qualité des eaux potables.

 

Un article du Figaro de septembre 1893, dénonce Troyes comme une ville de pestilence, qu’il faut éviter à tout prix. La typhoïde sévit car l’on n’a pas d’eau potable. 

 

La fièvre typhoïde était importante dans le quartier bas où des familles entières n’ont qu’une chambre pour les besoins de la vie, et « on y voit des typhoïdes moribonds vivant à côté du reste de la famille ! ».

 

Voici les décès dus à la typhoïde :

        1870-1871 :  300 personnes civiles et militaires

       1872-1878 : 950 civils (dont en 1876, 6 élèves du lycée), 111 militaires

       1879 : 39 civils, 24 militaires

       1880 : 32 civils, 10 militaires

       1881 : 27 civils, 12 militaires

       1882 : 92 civils, 53 militaires

       1883 : 35 civils, 4 militaires

       1884 : 18 civils, 3 militaires

       1885 : 33 civils

       1886 : 77 civils, 14 militaires

       1887 : 23 civils, 2 militaires

       1888 : 13 civils, 7 militaires

       1889 : 23 civils, 14 militaires

       1890 : 32 civils, 1 militaire

       1891 :   9 civils, 2 militaires

       1892 : 47 civils, 5 militaires

       1893 : 28 civils, 2 militaires

       1894 : 22 civils

       1895 : 15 civils, 1 militaire

       1896 : 94 civils, 13 militaires.

       1897 : 37 civils, 8 militaires

       1898 : 17 civils, 1 militaire

 

 

 

 

 

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