Les Crimes


Des condamnés à mort exécutés, à l’abolition de la peine de mort


Robert Badinter
Robert Badinter

De nombreux Troyens ont été condamnés à mort et exécutés. Voici les principaux. Au XIII° s., l'abbaye de Notre-Dame-aux-Nonnains a ses prisons, son pilori, sa potence, sur la place même de labbaye !

Fanatisme religieux : en 1288, le chef de la Communauté juive Isaac Châtelain, voit sa maison envahie par des Chrétiens qui déposent subrepticement un cadavre dans sa maison. Les chrétiens de Troyes sameutent contre les Juifs, et laccusation se répand dun " crime rituel " : " Les Juifs navaient-ils pas besoin de sang humain pour célébrer leurs Pâques ? ". Isaac Châtelain est arrêté ainsi que sa femme, ses 2 enfants et sa belle-fille. Sa maison est pillée. On sempare ensuite des principaux notables juifs de la ville : 13 sont accusés dun crime religieux et livrés au tribunal ecclésiastique. L'inquisition est chargée du procès. En 1307, Perrin vole un vêtement de femme dans le dortoir des religieuses de Notre-Dame-aux-Nonnains : il est pendu.

En 1563, Pierre Clément, qui ne veut pas abjurer, est condamné à être pendu par les catholiques de Troyes. Après avoir subi la question, son exécution a lieu sur la place du Marché au Blé. Le peuple ameuté coupe la corde, fait tomber le corps sur le pavé, lui brûle la plante des pieds, lui arrache les yeux, lui coupe le nez et les parties sexuelles, et le traîne à travers la ville jusquà la Cathédrale. Enfin, elle jette le corps dans le ru Cordé. En 1574, 12 brigands ayant mis à sac un village, tuant des enfants et tout le bétail, sont étranglés et pendus Place du Marché au Blé. Deux des corps, attachés aux portes de la ville, sont longtemps exposés à la vue des passants. En juillet 1586, après avoir tué un huissier usurier, et pillé des maisons, le chef des émeutiers est pendu avec sa femme et 2 chefs de la sédition. Les corps sont exposés au public. En 1594, 15 ligueurs sont pendus. En 1625, des émeutes éclatent, causées par manque de blé : 13 Troyens sont pendus le même jour, et 13 autres l’année suivante.

Par arrêté de 1686, voici les tarifs pour l’exécuteur : brûler vif 1 condamné 10 l. + 10 pour le bois ; rompre sur la roue 15 l. ; trancher la tête 15 l., + 15 autres pour l’échafaud et la roue, s’il y en a plusieurs : moitié prix pour les autres ; pendre 10 l. + 4 pour la potence et l’échelle ; 7 l. pour fustiger et flétrir. En 1700, 1 soldat en garnison ayant exercé des violences envers des bourgeois, est condamné au pilori pour être exécuté au marché au blé. La sentence ne peut avoir lieu, un capitaine et des soldats de son régiment l’en empêchant.

Depuis l'instauration de la Guillotine le 20 mars 1792, dans les 100 ans qui suivent, on compte 80 condamnés exécutés et 14 contumax ou graciés. 

Sont exécutés : 1792,Fleury assassin, Rillotpour avoir frappé à coups de couteau et volé le portefeuille (Place publique d'Arcis-sur-Aube). Rillot, pour avoir tué pour lui voler son portefeuille Mouillefarine vitrier à Troyes (Place du Marché-au-Blé). 1793 Piat, pour avoir pendu sa femme. 

Du fait de la Révolution : 1794 Danton, avocat et tribun, Comte Louis-Marie Loménie, ex ministre de la guerre, maire de Brienne-le-Château, Comte Alexandre Loménie, colonel, Martial Loménie, ex-coadjuteur de l’évêché de l’Yonne, Anne-Marie de Canisy, ces 4 derniers, neveux du comte de Brienne. Simon, geôlier du petit Louis XVII, Pacotte, ciseleur, Morel de Vendeuvre-sur-Barse, tous 3, membre de la Commune. Sœur Vérollot, avec 3 carmélites de Compiègne. Terray et son épouse, du château de la Motte-Tilly, pour avoir fait émigrer son fils. Roussat, pour propos antirévolutionnaires. Roland, ancien maire, pour avoir voulu aider le précédent. Marteau, postillon de Terrey, pour propos défaitistes. Paillot de Fralignes, ancien lieutenant-général du Présidial. Gillet, médecin. Millard, ancien procureur. Parent, ancien avocat du roi au bailliage (auteur des poursuites contre les assassins de Claude Huez).

1794, Herluison, par contumace, ainsi que Pacot exécuté en effigie, Martin gendarme à Romilly, pour avoir tué un marchand: par contumace. 1795 : Durant vol et assassinat, Simonnot viol de sa fille de 8 ans qu’il étrangle. 1796, Houssier assassin de sa femme et l’a jetée dans l’Aube, Lallemand assassin, Emery et Grison, assassins et coupables d’incendie à Vendeuvre (place du Marché-au-Blé). 1797 : Guichard et Brunet, assassins (décapités à Troyes), Mme Mullot, infanticide. 1798, Leblanc et Plessis marchands forains.1799, Villain qui a volé 2 bœufs, Riciher, pour vol at assasinat. 1800, Renard qui a assassiné son fils. 1801, Jacques et Mathieu Lévêque, assassins, Gabut, qui a assassiné, volé et recélé. 1802, Rousselin, qui a arrêté et volé la malle-poste, les 2 frères Leclerc, coupables d’incendie, Antoine André et Marie-Jeanne Sallières, ayant assassiné après l’avoir volée, la cabaretière. 1803, la femme Naudot (crime non trouvé), décapitée. 1804, Claude Jacques (également crime non trouvé), exécuté. 1805, Tubeuf qui a précipité un homme dans la Seine, Voisin qui tua son beau-père à coups de couteau. 1808, Vallot pour vol et assassinat sur 2 domestiques, Louise Fleuriot (place du Marché-au-Blé). 1809, Boivin, exécuté pour incendie, Fayolle, pour avoir empoisonné son troisième mari, Drot pour incendie. 1811, Jacquemard, ayant assassiné 2 femmes, Lécuyer, pour assassinat et vol, Laurent, décapité pour incendie, Demouth-Darau,  décapité pour incnendie. 1813, Renaud, pour tentative d'empoisonnement, Philbert incendiaire. 1814, Fournier et Jendrié pour homicide, le premier par effigie, le second Place du Marché au Blé). 1815, Beulon, Lambert, Roide-Profillet, Gourdon, et Clémensel qui ont assiné un Alsacien des Armées étrangères: les 3 premiers excécutés, les 2 autres, brûlés en effigie. 1816, Flamey et Jacquot, pour fabrication et émission de fausse monnaie, Rougelet, pour assassinat et vol, Papillon, incendiaire, Hébrard : assassinat et vol d'un officier Autrichien. 1817, Marie Guyot, incendiaire, décapitée, son mari, condamné aux travaux forcés, pour vol, Chaltas, officier, pour complot contre l'Etat, renvoyé devant la cour d'assises de Seine et Marne, Daulet et Rousseau, pour homicide, Bertrand et Varache, qui, à la rête d'émeutiers pillent à mains armées et avec violence: décapités le lendemain, Sauvage, pour homicide, Chaulet Edme et son frère François, pour vol avec assassinat, Roy, pour assassinat de sa soeur, Pleuty, capitaine d'artillerie, chevalier de la Légion d'honneur, pour complot contre le gouvernement, condamné par contumace, brûlé en effigie. 1818, Marot et Guyon, pour assassinat avec préméditation, Véron, pour tentative d'assassinat d'un enfant naturel de sa femme, Privé, por assassinat du percepteur (exécuté place publique de Bar-sur-Aube), 1820, Gumy, incendiaire, exécuté en effigie, Beguin, incendiaire. 1821, Vouriot et Derozière, pour avoir fabriqué de la fausse monnaie (place du Marché-au-Blé), Devigne, pour assassinat. 1822, Juillet, tire sur un cordonnier, et lui coupe un doigt avec ses dents, Mennerat (Pierre), Mennerat (Pierre-François) et Victoire Parcy, pour assassinat du mari de cette dernière, Anne Turat, pour infanticide. 1823, Mazelin, assassin de sa maîtresse. 1824, Beaufils, incendiaire de 2 maisons, dont la sienne, pour toucher l'assurance. 1825, Rabiat, assassine avec sa femme, un couple pour le voler. Le mari est exécuté, sa femme condamnée aux travaux forcés à perpétuité. 1827, Claudine Robert, pour assassinat. Claude Gueux en 1831 (qui a donné lieu au réquisitoire contre la peine de mort par Victor Hugo), ayant tué son gardien à Clairvaux, est exécuté Place du Marché au Blé. 1836, la femme Juneau pour parricide. 1840, Constant, pour 16 vols et un assassinat. 1841, Pottejoie, en prison à Clairvaux, assassine un de ses co-détenus. 1843, la femme Besançon, infanticide (aux Charmilles). 1845, Dupuis, convaincu davoir noyé sa femme, est condamné à mort. Coyot, emprisonné à Troyes, est guillotiné à Clairvaux. En 1584 une foule immense entoure la place des Charmilles, où sélève léchafaud, pour assister à l’exécution de la femme Frettey, Rosalie Besançon, 43 ans, condamnée à la peine capitale, pour crime de parricide, sur sa mère, âgée de 77 ans. 1854, Guillard, pour 5 incendies (l’un a dévoré 14 maisons) et assassinat. 1855, le meurtrier Jacques Gaillard subit la peine capitale à Brienne-la-Vieille. 1872, Vosmarin, détenu à Clairvaux pour homicide sur son co-détenu Léon Bourgogne (Mail des Charmilles), Bourgogne, 19 ans, triple assassin.  

Juillet 1885, une foule considérable, avec des femmes et des enfants vient assister à la guillotine de Gagny (ayant reconnu un triple assassinat à La Gloire-Dieu), Place de la Tour.

Avril 1891, Ferdinand Robin, après un double meurtre, est guillotiné lui aussi, Place de la Tour.

En 1899, François Damoiseau accusé dun quadruple assassinat à Rouilly-Saint-Loup, est décapité Place des Jacobins, devant une foule considérable.

Lespion suisse Malherbe, arrêté en gare de Troyes, est fusillé derrière le Réservoir des Hauts-Clos, en 1916.

On aurait du voir la sinistre guillotine en 1942, mais l'empoisonneur de Chesley a été guillotiné à Paris au lieu de l'être dans son département.

Le redoutable Emile Buisson, du Gang des Tractions Avant, ayant à son actif 3 meurtres, dinnombrables braquages et attaques de transporteurs de fonds, est guillotiné en 1956.

Buffet et Bontems, après avoir assassiné linfirmière et un gardien de Clairvaux, sont condamnés à mort et exécutés en 1972. La France entière a suivi lévénement à la télévision.

Enfin, cest en 1977 que Patrick Henry qui a kidnappé et tué le petit Philippe Bertrand 7 ans, sauve sa tête, grâce à la plaidoirie de lun de ses avocats Maître Badinter, qui aboutira à la suppression de la peine de mort en France votée le 15 septembre 1981.

 

 

 

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