Les Crimes


La fin tragique du beau-père incestueux


Née le 9 décembre 1947, à Fontaine-les-Grés, Nicole Maitrot est l’aînée des trois enfants d’une femme tôt divorcée. Elle n’a que 4 ans, et vit alors chez sa grand-mère maternelle, quand l’ex Mme Maitrôt prend pour compagnon le déménageur Bernard Rin, né le 2 octobre 1926, à Troyes. 4 autres enfants naissent de cette union. Quand elle a 14 ans, Nicole revient auprès de sa mère et de son beau-père. Bernard Rin a alors une attitude troublante. Nicole comprend à quelle fin aspire le jeune mari de sa mère. Elle a 18 ans lorsque Mme Rin doit subir une intervention chirurgicale. L’époux, redouble d’assiduité auprès de sa belle-fille, qui cède. Rentrée chez elle, Mme Rin chasse les 2 coupables, qui se réfugient dans un garage, où ils vivent 2 ans, puis quittent Troyes pour Saint-André-les-Vergers, dans une villa impropre à héberger une famille nombreuse. En effet, les amours délictueuses de Bernard Rin et de Nicole Maitrot deviennent bientôt prolifiques, 4 enfants naissent. Les premières années, Nicole travaille dans une fabrique de bonneterie et met ses bébés en nourrice. Elle doit quitter son emploi après la naissance de la petite Maryse. L’unique pièce du logis devient une prison bruyante et mal commode. Les 4 gosses couchent dans de vieux fauteuils-lits. Quand ils sont déployés, il n’y a plus un mètre carré de libre. Bernard Rin, qui est employé chez un transporteur de Troyes, gagne par mois 50.000 anciens francs, sur lesquels il doit prélever une pension de 12.000 francs pour les enfants du premier lit et un loyer 7.000 francs. Au début de la liaison, Bernard a, parfois montré à sa compagne une authentique tendresse. Il a essayé de moins boire, mais sa jalousie lui fait voir des rivaux dans tous les hommes. Il interdit à Nicole de saluer les voisins et la séquestre tant que faire se peut. C’est lui qui se charge des courses. La jeune femme est tenue de l’attendre chez elle. Il continue d’aller dans sa famille, de fréquenter les cafés, de jouer aux boules. Le métier du jaloux l’entraîne parfois au loin. Aussi bien est-il persuadé que Nicole met ses absences à profit pour le bafouer. Ses soupçons sont-ils fondés ? Non, affirment tous ceux qui, connaissent les Rin. Sollicitée comme elle l’est par les travaux de son foyer, la jeune femme n’a aucun loisir. Elle est, du reste, une ménagère et une mère digne d’éloges. A chaque retour du déménageur, de nouvelles scènes éclatent. Nicole est soumise à des interrogatoires forcenés. Si elle proteste de son innocence, Rin la frappe. Si elle se tait, il allume une cigarette et lui en promène l’extrémité brûlante sur diverses parties du corps. N’ayant rien à avouer, la malheureuse ne peut que se débattre, sous les regards apeurés des 4 bébés. Bernard Rin ne peut pas reconnaître les enfants de sa maîtresse, puisque le divorce n’est pas encore prononcé entre la mère de Nicole et lui. En ce qui la concerne, du reste, Nicole est hostile à une reconnaissance. Elle préfère que ses enfants soient de père inconnu. Cet état laisse indifférent le déménageur. Aime-t-il les gosses ? Peut-être. En tout cas, il ne leur veut aucun mal et se montre indulgent à leurs caprices. Mais il ne peut effacer le doute, toujours le même : tous les bébés sont-ils bien de son sang ? Certaines des querelles du couple atteignent une telle violence qu’en décembre 1968, Nicole Maitrot fait constater à la police les traces des coups qu’elle a reçus. Rin en est quitte pour admonestation. Au mois de mai suivant, nouvelle rixe : le jaloux bouscule si brutalement sa compagne que celle-ci vient casser de la tête la porte d’une armoire ! Ce qui oppose Bernard et Nicole est aussi ce qui les rend solidaires en face d’un monde hostile, le terrible ménage paraît destiné à durer. Sauf événement grave… Cet événement, c’est la chaleur torride des dernières semaines. Le petit Alain supporte mal la déshydratation que lui cause l’excès de température. Ses jours sont en danger. Nicole, qui chérit ses enfants, interprète cette maladie comme un avertissement divin : tant qu’elle continue à partager la couche de son beau-père, elle sera maudite, et les siens avec elle… Puisqu’elle est incapable de fuir, il ne lui reste qu’un recours : la mort. Une première fois, elle s’entaille les veines d’un poignet. Pas assez profondément ! Une seconde, elle tente de se pendre, dans le hangar où Rin abrite son cyclomoteur. Le contact de la corde fait jouer l’instinct de conservation. Nicole abandonne l’idée de se tuer…pour ne plus aspirer qu’au trépas de Bernard. Elle attend près d’un mois. Bernard ne se rend pas compte du débat qui agite l’esprit de sa compagne. Il persiste à la battre, à l’insulter…Un samedi soir de 1987, il décide d’aller chez son frère William, qui demeure 9, villa Mon Logis à Saint-Julien. William le retient à dîner, puis ils se rendent au domicile de leur mère, 8, rue de Bourbereau à Troyes. Les frères Rin boivent quelques verres, et le déménageur rentre ivre. La jeune femme lui fait grief de l’avoir laissée seule toute la soirée. Bernard riposte :"cela t’arrange, avoue-le, que je te laisse seule ". Il lui tire les cheveux, la bat, et puis, une fois encore, exige des gages de fidélité. Pour lui démonter qu’elle ne l’a pas trompé, Nicole doit se plier à ses caprices amoureux. Assouvi, il s’endort. Ce qui la retient encore, c’est l’amour qu’elle continue de vouer à son séducteur.

Mais excédée, Nicole se lève sans bruit, prend une traverse de bois qu’elle lève par 7 fois. Lorsqu’elle est certaine de la mort de Bernard, elle éveille les enfants un à un, les débarbouille, les habille de neuf, et s’en va les confier à l’ancienne nourrice des deux aînés, Mme Rose. Puis elle revient chez elle et prépare un loyer d’avance. " Pour dédommager le propriétaire de l’embarras que je vais lui causer ", explique-t-elle.

Après l’arrivée de la police, la silhouette menue à laquelle on prête difficilement la force d’un meurtre aussi effroyable, part au bras d’un agent. " C’était un être odieux, répète-t-elle. Il aurait fini par m’abandonner comme il avait abandonné ma mère… "

 


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