Les Crimes


Il agresse 3 femmes et en violente une 4° dans son après-midi



La jeune vendeuse de chaussures pénètre dans l’arrière boutique de ce magasin de Troyes et se met à fouiller dans les cartons, lorsque deux mains de fer s’abattent sur ses épaules. Elle se retourne. Braqué sur elle, le canon d’une arme. Elle pousse un hurlement : " Au secours ! ". Le directeur de la boutique, se dirige vers la remise : "Qu’y a-t-il ? Qu’est-ce qui se passe ici ? ". " Un homme me menaçait avec un pistolet. Je l’ai à peine vu dans la pénombre, mais je suis sûre que c’était mon client de tout à l’heure ". La porte donnant sur la rue claque. L’individu s’est envolé. Il est 16 h, ce mardi 18 mars 1980. L’ombre d’un homme s’allonge sur le trottoir, la barbe pointant vers l’avant. A la ceinture, une arme. La silhouette s’approche d’un immeuble. Au rez-de-chaussée, une femme de 26 ans frotte les carreaux de sa fenêtre. Elle ne voit pas tout de suite le passant s’avancer vers elle. Levant la tête, elle aperçoit un pistolet braqué sur elle. Elle recule vers l’intérieur, en poussant un cri. Une détonation. Elle court se cacher dans son appartement. Son agresseur a déjà disparu dans la foule. Mais son visage reste gravé dans son esprit. Dans le centre de Troyes, vers 18 h ce soir-là, les rues s’animent, c’est l’heure de la sortie des bureaux. Madame X, 35 ans, se dirige vers son domicile. Soudain, une vitrine attire son attention. Achètera-t-elle ce pantalon ? Non, il vaut mieux réfléchir. Lorsqu’elle s’engage dans la ruelle qui fait le coin avec la boutique, le contact d’un objet dur et froid dans son dos, la fait sursauter. "Pas un mot ! Suis-moi. Fais ce que je te dis, si tu ne veux pas être sérieusement amochée ! ". " Laissez-moi tranquille ! N’importe qui peut nous voir. Vous allez avoir la police sur le dos ! ". L’arme s’enfonce un peu plus. Elle est sur le point d’être immobilisée lorsqu’un passant s’approche. "Lâchez-la tout de suite, petit salaud ! ". L’agresseur s’enfuit et Mme X n’a que le temps de voir son profil : un homme jeune, avec une barbe. 18 h 15. Un peu plus loin, la ravissante Yvette Z fouille dans son sac, à la recherche de ses clefs de voiture. Au moment où elle s’introduit dans sa 2 CV, un objet s’enfonce dans ses reins et une voix ordonne "Allez, entre dépêche-toi, c’est moi qui prends le volant ! Fais ce que je te dis ou je tire ! ". Terrorisée, la fille obéit. L’automobile roule à petite vitesse dans la ville : "J’hésiterai pas à te descendre si tu bouges ! J’ai rancard avec des copains dans un parking, pas loin ! ". L’homme s’engage dans un garage souterrain, éteint les phares et coupe le contact. Au bout de quelques minutes, le moteur ronronne à nouveau. La voiture jaillit à l’air libre. " Ils n’ont pas dû m’attendre, dit le conducteur, il n’y a plus qu’à aller les rejoindre dans la cabane en forêt de Vauchassis ". 19 h., la 2CV s’arrête dans le bois. Yvette le supplie de la laisser en paix. Elle a essayé de sauter en marche, mais il l’a rattrapée au vol. Une fois stoppée, elle se précipite vers la portière. Trop tard ! Une poigne s’abat sur son cou : " Fais pas l’idiote ! Tu vois bien que tu dois m’obéir ! Si tu cries pendant que je t’enlève tes fringues, je tire ! ". La malheureuse se laisse ôter son manteau, puis son débardeur. Son pantalon ouvert par une main brutale, glisse sur ses chevilles, ainsi que le collant et le slip. " Couche-toi là ! ". Il fait basculer sa victime sur le tas de vêtements étalés sur le sol. Yvette sent des dents qui s’enfoncent dans son cou. Elle hurle lorsque le pervers assouvit son abominable désir. Il ne se contente pas de la violer une première fois. Il la contraint ensuite à se plier à tous les fantasmes sexuels, l’oblige aux caresses les plus intimes. Yvette exécute ses ordres. Ses sens comblés, le bourreau rajuste ses vêtements. Il est près de 21 h. " Prends le volant et ramène-moi à Bucey ! ". Yvette obéit comme un automate. Enfin, sur une place à Bucey, il lui demande d’arrêter la voiture. Déjà, il est dans la rue, pistolet au poing. Avant de s’éloigner, il se penche vers la portière et lui jette : « Allez salut ! Pour toi, c’est fini maintenant ! Pour moi, tout commence ! Il va falloir payer ! ".

Yvette rejoint son appartement, et efface sur elle les traces ignobles de cette affreuse journée. Puis, sanglotant, elle se confie à son fiancé qui la convainc d’aller porter plainte. Dès lors, l’itinéraire sinistre de l’homme au pistolet est achevé. Au commissariat de Troyes, plusieurs femmes sont déjà venues déposer dans la journée. Les signalements se recoupent : il s’agit bien d’un seul et même personnage. Cet individu figure déjà sur les fichiers de la gendarmerie d’Estissac pour délit de fuite : il se nomme Hervé Bérost. Une photo du garçon est formellement identifiée par Yvette. Le mercredi 19 mars, à 6 h du matin, Hervé est arrêté au domicile des parents de sa fiancée. Conduit au commissariat, il passe sans résistance aux aveux. Hervé, né le 19 octobre 1960 à Troyes, et y travaille. Il va commettre, à 19 ans, sa première erreur : en décembre 1979, il est surpris en train de faire l’amour à son amie dans les sous-sols de l’entreprise. Le chômage l’entraîne à fréquenter les bars où il fait bientôt partie d’une petite bande réunissant les jeunes du Foyer de Jeunes Travailleurs " Copainville ". Il s’installe chez les parents de son amie, se dispute avec elle. Il refuse d’aller à l’armée, il refuse le travail. Ce mardi 18 mars, il se rend à Troyes dans la matinée et fait l’acquisition d’un revolver d’alarme. A 14 h, il quitte une amie de Marie-Ange, avec laquelle il vient de déjeuner, dans un petit restaurant de la rue piétonne de Saint-Jean. A 16 h, il entre dans le magasin de chaussures…et c’est le début d’un cycle infernal…

Inculpé d’agressions avec armes et de viol qualifié, Henri est écroué à la Maison d’arrêt de la rue Hennequin, et passe aux assises.

 


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