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René Vigo



Pourquoi ? Mais pourquoi ? Pourquoi avoir attendu jusqu’à aujourd’hui 25 novembre 2014 pour parler de René Vigo ? ? ?

Sans doute parce que ce très bon ami était toujours présent autour de moi !

Au mur de mon bureau j’admire plusieurs fois par jour une très belle peinture qu’il m’avait fait choisir avant de me l’offrir… Sur une étagère, à côté de moi, ses livres qu’il me dédicaçait à chaque sortie… René avait fait 2 mandats avec moi dans la municipalité Henri Terré (1959-1971)… Je lui avais consacré une très belle émission sur Canal 32, qui lui avait beaucoup plu… J’assistais à ses conférencesIl m’avait fait la magnifique préface de mon livre « Des Tricasses aux Troyens d’aujourd’hui » sorti en 2000…  

Homme aux multiples talents, c’était un bourreau de travail, infatigable, plus de « 12 heures par jour, y compris le dimanche ! »… Dans ce chapitre qui lui est consacré, je lui laisserai plusieurs fois la parole.

          René Vigo naît à Nancy le 18 février 1914. Après ses études de droit, il choisit la carrière d’avocat au barreau de l’Aube (1940-1988). « De toute manière, en changeant de région, je ne perdais pas Jeanne d’Arc, puisque la bonne Lorraine devint Champenoise, car en 1412 la châtellenie de Vaucouleurs, dont relevait Domrémy, se trouvait juridiquement incluse en Champagne ». Il fut 4 fois bâtonnier de l’Ordre des Avocats, Critique littéraire chaque semaine dans « l’Est-Eclair » à partir de 1956 (il me disait lire un livre par jour « jamais en diagonale »), de même à l’hebdomadaire « La Vie judiciaire » depuis 1957, à la Gazette du Palais depuis 1958 et aux « Petites affiches » (il avait reçu une lettre de compliments émanant de Montherlant)

René était un très bon peintre, il passait beaucoup de temps, très tôt le matin dans son atelier installé dans la cour de sa villa, rue Beaujean à Troyes. « A 16 ans, j’avais la passion du dessin. Je caressais un grand et noble rêve : entrer aux Beaux-Arts… Ce doit être l’Armée, responsable de l’abandon de ce rêve. La vie militaire fut une parenthèse que je voulus fermer le plus tôt possible... Donc, pour occuper mes loisirs, j’ai pioché quelques manuels de droit. Ensuite je suis entré à la faculté de Paris » (sa thèse de Doctorat, consacrée aux Cours de Justice, lui valut la mention Très Bien) ». René Vigo a fait des expositions au centre culturel de Troyes, à Vittel, ou Antony… J’avais été son intermédiaire auprès du maire de Troyes Robert Galley, lorsqu’il avait offert une de ses toiles représentant Méphisto,personnage de Faust, au théâtre de la Madeleine à Troyes.

Il définit sa vocation d’avocat : « Selon le Tribunal et aussi selon les circonstances de l’affaire, je fais appel au cœur plus qu’à la raison, ou inversement. On ne parle pas aux Jurés d’une Cour d’Assise sur le même ton qu’aux Juges du Tribunal Civil…».  

          Parmi les très bons livres de ses œuvres littéraires, citons : « Julia » (1951), court roman plein de vie et de chaleur, pour lequel Pierre Benoit rédigea une élogieuse préface. C’est son premier livre : « Julia était l’histoire d’un double crime, histoire romancée, tirée fort librement d’une affaire réelle qui avait agité l’Aube pendant l’Occupation, un drame du cœur, du ventre et de la terre » ; une remarquable trilogie Les Hommes en noir (il voulait faire le pendant « Des hommes en blanc » d’André Soubiran), tome I « Prestiges » 1953, prix du Palais littéraire, tome II « Clair Obscur » 1953, tome III « Les Démons et les Anges » 1954 ; « Le Septième Imposteur » 1956, « Les Jeux imprudents » 1958, « Les Plaies ouvertes » 1961, « Voyage à travers la Champagne méridionale » 1972, « Tragédie à Clairvaux » 1974, qui reçut la Bourse Goncourt du récit historique en 1975 (en novembre 1972, Claude Buffet et Roger Bontems avaient été guillotinés à la maison d’arrêt de la prison de la Santé, après avoir été condamnés à mort par la cour d’Assise de Troyes) ; « L’Assassin qui aimait les femmes », l’affaire Berdardy de Sigoyer 1975, médaille de bronze du prix François Millepierres…

René Vigo était membre de la Société des gens de lettres, de l’Association des écrivains combattants, Président des Ecrivains et artistes de Champagne, de la Société académique de l’Aube (1975-1995),

Il avait reçu la Médaille d’argent du Conseil général de l’Aube, était commandeur des Palmes académiques, chevalier des Arts-Sciences-Lettres,  Médaille d’or de la Renaissance française et de la Société académique, Officier de la Légion d'honneur, Chevalier de l'Ordre national du Mérite, il avait la Croix du combattant...

René Vigo décède en janvier 2009, dans sa 95° année : « Le jugement de Dieu, je ne le redoute pas. Si ce n’est que devant lui on ne peut faire appel ». Il est inhumé au cimetière de Troyes.

J’espère qu’il me pardonnera d’avoir attendu si longtemps avant de lui rendre l’hommage qu’il mérite !

 

 

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