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Le Révérend Père Henri Depoix


Emblème des Maristes
Emblème des Maristes

Ce chapitre aurait pu avoir sa place dans les saints du diocèse !

Le 1er avril 1908, meurt saintement, comme il a vécu, le Révérend Père Henri Depoix, religieux de la Société de Marie, connue sous le nom de Maristes. Déjà très affaibli par l’âge, il succombe à la suprême et douloureuse épreuve de l’exil, et achève de mourir dans le Luxembourg belge, où sa congrégation, spoliée et chassée de France, a transféré son scolasticat.

         Henri Depoix naît le 2 Octobre 1830, à Ervy-le-Châtel, où son père tient une maison de commerce. Ce dernier avait épousé une demoiselle Fauron, « femme intelligente et pieuse », qui éleva très chrétiennement ses 3 enfants : Jean-Augustin qui fut curé de Chamoy, Célestine qui se maria et prit la suite des affaires, et Henri, le benjamin, un peu l’enfant gâté de la famille.

Le petit Henri était un enfant aimable, qui apprenait en famille, selon l’ancienne tradition. « Dès sa plus tendre enfance, on voyait en lui des indices et des présages de la haute vertu à laquelle il s’est élevé ». Henri fréquente l’école primaire d’Ervy. Vers sa douzième année, on décide de lui faire commencer ses études secondaires. Le choix de l’établissement où il serait placé était tout indiqué. Son frère, qui avait achevé de bonne heure son cours de théologie, était chargé de la classe de sixième, au Petit séminaire, en attendant l’époque de son ordination sacerdotale (21-12-1844). Il était tout naturel de mettre Henri près de lui et sous sa garde bien que l’enfant n’eût pas encore laissé paraître d’inclinaison pour l’état ecclésiastique. Il y entra en octobre 1842. L’établissement était alors en pleine prospérité, comptant 200 élèves. Mgr de Séguin des Hons nomma le curé de Mussy-sur-Seine comme supérieur du Petit séminaire. Henri était en très bon rang dans sa classe, il reçu ainsi en 1848, le premier « prix accordé à M. Depoix, élève de rhétorique au petit séminaire de Troyes, pour son travail et ses succès littéraires ». Il reçut la tonsure le 22 décembre 1849, en même temps que le futur Père Emmanuel curé de Mesnil-Saint-Loup recevait la prêtrise. Il fut ordonné prêtre le 17 décembre 1853.

Henri choisit d’être religieux et missionnaire. Il choisit « la Société de Marie », et devient le Père Depoix. Il espère que l’on donnera satisfaction à son véhément désir d’aller évangéliser les sauvages de l’Océanie. Il savait bien que ces misérables populations sont anthropophages, et que des membres de sa société avaient déjà été dévorés par les cannibales. C’était à ses yeux, un motif de plus de voler auprès d’eux, pour en faire des hommes et des chrétiens. Le Père Depoix demanda donc à être envoyé en Océanie. A son grand regret, son désir ne fut pas réalisé. Il fut chargé d’une chaire, en 1854, au scolasticat de Belley, des cours d’Ecriture sainte de droit canon. En 1855, il fut choisi pour le cours de théologie dogmatique, et pendant l’année scolaire 1856-1857, il occupa la chaire de dogme au grand séminaire de Moulins. En 1858, il est chargé à Montbel, de cours de théologie morale. « Le jeune maître se distingua, dès le début, par la limpidité d’un enseignement tout lumineux. Sa parole claire et sobre débrouillait les textes obscurs, faisait affleurer les évidences enfouies sous les systèmes vieillis, elle alignait, en bel ordre critique, les appuis sûrs de la doctrine, et en déduisait, avec une logique impeccable, les plus lointains corollaires. Tout cela, avec tant de maîtrise et d’aisance, que ses élèves croyaient gravir sans fatigue les sommets les plus ardus de la métaphysique, quand c’était lui qui les guidait ».

Son traité « de l’Eucharistie » fut son chef d’œuvre, aux yeux de ses élèves. Il s’appliqua, avec ardeur, à la composition de l’ouvrage de 282 pages, intitulé « Tractatus theologicus de Beata Virgine Maria », qui fut achevé et publié pendant que l’auteur était supérieur du grand séminaire de Nevers, où il avait été nommé en 1861, et exerça cette charge pendant 5 ans.

La pensée de l’Océanie obsédait toujours le cher Père. Il n’avait encore que 35 ans, et espérait toujours être envoyé vers ses chers sauvages. Il établit des résidences de missionnaires à l’intérieur, il reprit des collèges menacés dans leur existence, et en fonda de nouveaux, il accepta la direction de plusieurs grands séminaires. Le Père Depoix fut extrêmement surpris lorsqu’à la fin de l’année scolaire 1868-1869, on l’informa qu’il était nommé provincial à Lyon, en 1876 à Paris, et en 1884, il est élu assistant général.

« Il apportait dans l’exercice de ses fonctions, la bonté, la douceur et l’affabilité dont on ne le vit jamais se départir, mais, lorsque sa conscience, toujours en éveil, lui montrait qu’un acte de fermeté s’imposait, quelque peine qu’il en ressentit, il n’hésitait même pas, s’étudiant, toutefois à adoucir avec humilité et par charité, la forme du commandement ».

         Les lois spoliatrices et persécutrices votées et exécutées contre les congrégations religieuses, lui portèrent un coup d’autant plus douloureux, que, dans la bonté et la droiture de son âme, il avait plus obstinément espéré  que des mesures aussi destructives ne pourraient jamais être prises. « Oui, jusqu’au dernier moment, sa bonté et sa droiture l’empêchèrent de croire absolument à la rage satanique et indomptable des ennemis de Dieu, de son Christ et de l’Eglise ». Il en reçut un coup très douloureux, dont sa santé, déjà diminuée par l’âge, ne put se remettre. Il voyait sa chère Société dépouillée, dispersée, exilée, les autres congrégations subissant les mêmes iniquités violentes, l’Eglise de France, que les persécuteurs se flattaient d’écraser, ne soupçonnant pas sa force et sa vitalité. Cette vue le plongeait dans une tristesse profonde. Certains de ne pouvoir plus, désormais, vivre en communauté sur la terre de France, les Maristes s’étaient préparé un refuge à l’étranger, à Differt-Messancy dans le Luxembourg-Belge, où ils transférèrent le noviciat et le scolasticat.

Le Père Depoix passa par Troyes, en prenant la route de l’exil, et vit son frère toujours curé de Chamoy.

Les douleurs de l’exil, plus encore que son âge avancé, avaient achevé de détendre, en lui, les ressorts de la vie. Au mois d’août 1907, il supplia très humblement ses confrères de ne plus penser à le réélire assistant général.

Ne voulant rien laisser à l’imprévu, le Père Depoix avait arrêté, précédemment, ses dispositions relativement à la partie de son patrimoine dont la règle lui laissait le libre emploi. Il avait, entre autres œuvres, constitué et mis en lieu sûr les ressources nécessaires pour des missions décennales à Ervy-le-Châtel, son lieu natal, et à Chamoy, paroisse administrée pendant 40 ans, par son frère.

Il décéda le 1er avril 1908. La dépouille mortelle repose dans le cimetière du petit village de Turpange, où les Maristes ont acquis un terrain réservé pour leur sépulture.

Henri Depoix, par sa naissance et par sa première formation cléricale, est devenu l’honneur du diocèse de Troyes.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           


Fréres maristes de Nouvelle-Calédonie
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