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Pierre-Nicolas Gerdy


 

 

Professeur de pathologie chirurgicale à la Faculté de Médecine, chirurgien à l’hôpital de la Charité, membre de l’Académie de Médecine, de la Société de Chirurgie, de la Société Philomathique, de la Société Medico-Psychologique, etc…correspondant de la Société Académique de l’Aube, ancien représentant du département del’Aube à l’Assemblée Constituante, etc… etc… Pierre-Nicolas Gerdy naît à Loches (Aube), le 1er mai 1797.

          «  Mon père n’était rien qu’un honnête cultivateur », aimait-il à dire.

          Raconter par quels labeurs, par quel courage indomptable, sans jamais ni se laisser abattre par les injustices, ni se laisser décourager par les maladies, Gerdy seul, sans protecteurs, arrive au faîte des honneurs scientifiques et civiques, est difficile à entreprendre.

A l’âge de 11 ans, il est envoyé au petit collège de Bar-sur-Seine, où il se montre élève paresseux, ardent aux jeux et aux exercices physiques, mais peu disposé au travail. Il s’y fait de nombreux et fidèles amis.

Gerdy passe 5 ans au collège. Son père, qui est loin d’avoir les ressources nécessaires pour l’exonérer du service militaire, voulant, du moins, diminuer les chances fâcheuses, le destine à la chirurgie. Gerdy comprend l’étendue des sacrifices que sa famille s’impose. De ce jour, date pour lui une véritable transformation : il prend la résolution de travailler, et il étudie avec plus de persévérance et de passion. Tout en préparant seul l’examen du baccalauréat, il étudie, à titre de distraction, l’ostéologie sur des os et sur un traité d’anatomie.

En 1813, Gerdy obtient son diplôme de bachelier ès lettres, à Paris. Dès ses premiers pas dans la grande ville, il se trouve seul, sans protecteur, aux prises avec le besoin.

Il souffre quand les armées coalisées envahissant Paris, coupent toute communication avec l’Aube. Il ne sait qu’une chose, c’est que son pays est occupé par l’ennemi. Les hôpitaux sont encombrés de blessés, les élèves manquent, et Gerdy entre à l’hôpital Saint-Louis : détail essentiel, ces élèves y reçoivent la nourriture. Il se trouve seul, au milieu de blessés atteints du typhus. Bientôt il tombe malade, et est obligé, fin avril 1814, de retourner à Loches, près de son père. Le typhus, qui sévit aussi avec une grande violence dans les salles del’Hôtel-Dieu de Troyes, y enlève 3 médecins. Gerdy revient à Paris en novembre 1814 pour l’ouverture du concours de l’externat. Il reprend avec ardeur ses études, quand, à l’approche de la seconde invasion, il s’enrôle dans le bataillon, d’artillerie volontaire de l’Ecole, mais la petite légion est rapidement licenciée. Après cette courte suspension de travail, Gerdy est atteint  d’une variole qui le retient au lit 6 semaines. Cependant, il est à la veille du concours de l’internat, sachant quel champ d’observation le stage pouvait mettre à sa disposition, et pressé par le besoin de recevoir la modeste indemnité attachée à ce titre, il réussit en 30 jours à revoir toutes les matières. Sous prétexte que la digestion est un obstacle au travail, et qu’un régime entièrement sévère surexcite les facultés intellectuelles, il se soumet à la diète : un peu de pain, 2 tasses de lait sont déclarées suffisantes. Préparé par ce travail inouï, il se présente au concours, mais il n’a pas de protecteur, il échoue. Il n’est pas consolé de cet échec, quand un malheur très grave le frappe. En janvier 1816, il est forcé de prendre le lit et le garder pendant 6 mois : le genou droit est affecté d’une tumeur blanche.

Il a 20 ans, lorsqu’il ouvre un cours d’anatomie auquel nombre d’élèves s’inscrivent. Sa famille est aux prises avec des difficultés, conséquences obligées de 2 invasions et de mauvaises récoltes, elle se voit dans l’impossibilité de fournir à Gerdy, même les ressources nécessaires pour obtenir son diplôme. Il apprend alors, avec surprise et la joie pour ses parents, qu’il est nommé aide d’anatomie, en considération du brillant concours qu’il a subi. De nombreux élèves suivent ses cours et lui assurent sa vie matérielle. C’est alors le début de ses premier pas dans la carrière dont il va successivement occuper tous les grades. Il débute par des travaux qui l’engagent de suite, dans le mouvement scientifique : « Mémoires sur l’organisation du cœur, sur la structure de la langue, sur la circulation capillaire, de la physiologie et de la manière de procéder à l’étude de cette science ».

Gerdy est nommé aide naturaliste au Muséum d’histoire naturelle. En 1821, après un brillant concours, il est nommé prosecteur. Il publie son « Essai sur les Phénomènes de la vie ». En 1824, il est promu agrégé aux chaires d’anatomie et de physiologie. En 1825, il est nommé chirurgien du bureau central des hôpitaux, puis à l’hôpital Saint-Louis, jusqu’en 1839.

      Gerdy est « de ce petit nombre d’hommes auxquels nulle connaissance humaine ne demeure étrangère : « L’anatomie de structure », « L’anatomie des régions », lui permettent des découvertes importantes. Nul n’étudie avec une rigueur plus grande la science infiniment compliquée de la « Mécanique animale ». On sait quelles lumières il répand sur « L’histoire de la circulation, de la respiration », sur le « Mécanisme de la voix ». Par son essai « d’Analyse  des phénomènes de la vie », il se place à la tête de la physiologie.

Son « Traité philosophique des sensations et de l’intelligence » est une mine inépuisable d’observations neuves. Il enrichit la chirurgie d’une foule de travaux sur les points les plus obscurs, notamment sur les maladies du système locomoteur, sur les hernies. Il fait un journal, jusqu’ici sans égal, sur l’anatomie des formes.

Quand éclate à Paris l’épidémie de Choléra, Gerdy, plein d’ardeur demande que l’on place dans les salles dont il est chargé, les cholériques qui se présentent. Bientôt, tout l’hôpital en est rempli. Il apprend alors que l’épidémie ravage le département de l’Aube. Il vole au secours de ses compatriotes, parcourt les villages de l’arrondissement de Bar-sur-Seine, voit tous les médecins, leur communique ses observations, les tentatives de traitement, et se donne tout entier aux malades, jusqu’au jour où il tombe lui-même très sérieusement malade.

En 1837, il entre à l’Académie de Médecine, où il se pose rapidement comme le meilleur orateur.

Gerdy est arrivé au faîte des honneurs scientifiques, quand en 1848, ses nombreux amis de Bar-sur-Seine,entre autres M. Gabiot, juge de paix,fiers de sa haute position scientifique, et surtout de son intégrité, le pressent d’accepter la candidature à la députation. Il publie dans « Le Propagateur de l’Aube », des articles de politique électorale, et s’occupe avec beaucoup d’intelligence et d’activité des questions qui intéressent l’avenir du département. (Voir dans le chapitre «  Politique », le sous chapitre « Projet d’actualité »). 

 Pierre-Nicolas Gerdy décède à Paris 18 mars 1856. Ses funérailles sont célébrées le 24 à Loches où il est inhumé dans une chapelle de famille.

Il reçoit la décoration de la Légion d’Honneur en 1842.

Bien entendu, le Conseil Municipal de Loches-sur-Ource a baptisé une rue du nom de « Docteur Gerdy ».       

 

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