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Paul Dubois


 

L’une des œuvres d’art les plus remarquables et les plus dignes d’être admirées, qui ont figuré à l’Exposition universelle de 1878, se rattache au département de l’Aube, par l’origine de son auteur.

 

Il est en effet difficile de parler de l’Exposition universelle sans parler des statues du tombeau de La Moricière, qui sont dues à l’inspiration et au ciseau de M. Paul Dubois.

 

Albert Babeau écrit en 1878 :« Ces statues sont un honneur pour la sculpture française, et doivent être particulièrement pour nous un sujet de patriotique orgueil. Elles nous prouvent que notre terre n’a pas dégénéré depuis le jour où elle voyait naître les François Gentil, les Girardon et les Simart ».

 

Paul Dubois, nait le 18 janvier 1829 à Nogent-sur-Seine.

 

         Après des études de droit, il est admis à l'Ecole des Beaux Arts de Paris, dans l'atelier d'Armand Toussaint, puis il se rend à Rome.  

 

Il débute au Salon de Paris de 1860, en exposant le Buste de la comtesse de B. et Un Enfant. Il obtient une médaille pour ses deux premières statues Saint Jean-Baptiste et Narcisse au bain (1863).

 

Profondément influencé par l'Italie et l'art de la Renaissance, il devient chef de file des sculpteurs dits "florentins".   

 

De retour à Paris, il rencontre un vif succès avec le Chanteur florentin du XV° siècle, et remporte la médaille d'honneur du Salon de 1865.

 

Le duc d'Aumale lui commande la statue équestre du connétable Anne de Montmorency, située au centre de l'esplanade menant à l'entrée du château de Chantilly. 

 

Le tombeau de La Moricière, destiné à la cathédrale de Nantes est exposé au Champ de Mars en 1878. « On est saisi par je ne sais quoi de frappant qui se dégage des œuvres supérieures. La statue de La Moricière étendu sur le tombeau et les 4 autres statues assisses qui en occupent les angles ». Elles représentent le « Courage militaire », la « Charité », la « Méditation » et la « Foi ». Les 2 premières sont coulées en bronze, les autres ne sont encore qu’en plâtre. « Mais on les voit pour la première fois, et si, au point de vue de l’ensemble, on peut regretter qu’elle ne fussent pas en bronze, elles n’en attirent pas moins l’attention et l’admiration ».

 

La « Foi » est une jeune fille à longue robe collante et sans plis, les bras et la tête élevés au ciel dans un mouvement sincère et passionné : « on sent et l’on voit sa pensée et sa prière monter au ciel ». La « Méditation », qui, grâce à la tablette sur laquelle s’appuie le personnage, est un vieillard amaigri par l’âge et absorbé dans « des réflexions sévères. Il a autant de calme que la Foi d’ardeur, et ces 2 statues sont dignes des premières, dont on ne les séparera plus désormais  ».

 

Les premières, c’est le « Courage militaire », c’est la « Charité ». C’est cette jeune femme qui tient entre ses bras ses 2 enfants, groupés d’une façon si naturelle et si heureuse. C’est ce jeune guerrier si calme, si bien trempé, si fier dans son repos ; il est assis, mais il est prêt à se lever ; on dirait qu’il attend le signal du clairon, et qu’au premier son il va partir ; il a le casque en tête, l’épée à la main ; comme le héros de Bossuet, il semble disposé à voler à la victoire ou à la mort. Il est comparé au « Penseroso » de Michel-Ange, dont il rappelle l’attitude et la pose. Il doit à ces inspirations des plus grands sculpteurs de la Renaissance, les Ghiberti, les Donatello, les Michel-Ange ses premiers succès et sa célébrité.

 

On se souvient du « Chanteur florentin », dont il a donné une représentation au Musée de Troyes.

 

On peut dire, comme le critique de la « Gazette des Beaux-Arts », que l’auteur du Tombeau de La Moricière se rattache à notre école troyenne, qui au XVI° siècle, s’est inspiré de l’art florentin.

 

Le Président de la Société Académique dit de lui qu’il est « de la forte et fine race des artistes de la Renaissance, comme eux, ses beaux portraits l’attestent, il manie avec un égal bonheur le ciseau et le pinceau, il est de son temps et de son pays, et son temps et son pays sont fiers de lui ».  

 

Principales autres sculptures : 1865,Chanteur florentin du XVe siècle, au musée d’Orsay à Paris, 1873, Ève naissante, Petit Palais, Paris, 1882, Busted'Alexandre Cabanel, Musée Fabre, Montpelier. 

 

Son monument à Jeanne d’Arc à Reims et place Saint-Augustin à Paris, contribue également à sa renommée.

 

En 1873, Dubois est nommé conservateur du Musée de Luxembourg. En 1878 il succède à Eugène Guillaume comme directeur de l'Ecole nationale des Beaux-Arts.

 

En 1865 et 1876, il obtient une médaille d'honneur au Salon des beaux-arts. Il est également décoré grand-croix de la Légion d'honneur et membre de l'Académie des Beaux Arts. 

 

Il décède à Paris en 1905

La Ville de Troyes, le 14 octobre 1905, donne son nom à une rue qui longe les Petits Jardins.

 

Tombeau de La Moricière
Tombeau de La Moricière

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