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Jacques-Nicolas Camusat de Belombre


Les Etats Généraux
Les Etats Généraux
Parmi les maires de Troyes, il en est un qui le fut moins de 4 mois, mais on ne peut se désintéresser de ceux que l’on trouve au premier plan de l’œuvre révolutionnaire, dont fait partie Camusat de Belombre.
Ce négociant, maire de Troyes, député du Tiers-Etat, est un de ceux qui apparurent dès le début sur la scène révolutionnaire du département de l’Aube.
Jacques-Nicolas Camusat, qui joignit plus tard à son nom le distinctif de Belombre, emprunté au nom de sa femme, naît à Troyes le 21 octobre 1735.
Il exerce à Troyes la profession de négociant en association avec ses frères.
Sa parole facile et éloquente faisait de lui un véritable orateur qui savait se faire écouter dans les assemblées publiques. "
Ces talents, joints à un dévouement toujours prêt à s’offrir, le désignent pour représenter ses concitoyens et défendre leurs intérêts.
D’abord juge-consul en 1789, il est élu du Tiers aux Etats Généraux. " C’est un négociant populaire, ancien juge-consul, homme important, attaché aux principes du Tiers-Etat, et résolu à les faire triompher, comme il le montra dans les premiers essais de réunion des ordres… " Il est élu par un nombre de voix supérieur au double de celles réunies par son concurrent. C’est un fait qui comporte, dans ces circonstances, une signification dépourvue de toute équivoque. Sa popularité repose sur des bases sérieuses, et n’est pas le résultat d’un emballement passager. Les électeurs le connaissent de longue date, et son passé leur répond de l’avenir. Il prend une part active dans les discussions des commissions et entretient avec ses électeurs une correspondance suivie pour les tenir au courant des événements et des travaux de l’Assemblée.
Lors des premiers troubles de la Révolution, les événements de Paris ont une répercussion immédiate à Troyes, où la rivalité des partis en présence, aristocrate et révolutionnaire aggrave la situation.
Néanmoins, les élections municipales fournissent aux électeurs de Troyes l’occasion de donner un nouveau témoignage d’estime à leur député et ils l’élisent maire, le 15 janvier 1790, presque à l’unanimité.
A ce moment, la misère est grande à Troyes : le commerce n’existe plus et l’administration municipale souffre de l’indifférence des pouvoirs publics : " Camusat de Belombre qui a déjà rendu quelques services à la ville comme député est tout désigné pour défendre ses intérêts comme maire. "
Il croit qu’il lui soit possible d’être député en même temps que maire d’une ville agitée, sans même pouvoir présider ses assemblés (il en préside 9 sur 23).
De plus, la mauvaise gestion des officiers municipaux sortants, a laissé la ville sans ressources et son budget grevé d’une dette dépassant 50.000 livres : " l’épuisement de l’administration était tel qu’il lui était impossible de frayer aux plus légères dépenses journalières…"
Camusat de Belombre arrive à Troyes au milieu d’imposantes manifestations et d’un grand enthousiasme, sous les acclamations de Vive la Nation, Vive le Roi, Vive M. Camusat : deux jours de fête avec Te Deum à la cathédrale… " A cette occasion, les indigents bénéficièrent d’une distribution de pain… des illuminations dans toutes les rues de la ville et des feux d’artifice dans toutes les places, témoignèrent d’une manière non équivoque la joie et l’allégresse publiques… "
Mais, retenu à Paris par les obligations de sa charge de député, il ne put jouer qu’un rôle secondaire dans les affaires de la ville dont il était maire et qui attendait impatiemment la solution d’importants problèmes. C’est par exemple un emprunt de 60.000 livres pour combler le déficit laissé par les échevins…
C’est ainsi que le 11 juin, Camusat de Belombre transmet sa démission de maire de Troyes, prétextant que " les travaux de l’Assemblée, par leur nombre et leur importance, reculent indéfiniment l’époque de son retour".
La municipalité insiste pour le faire revenir sur sa décision, mais il la renouvelle six jours plus tard.
Camusat de Belombre, dont l’honneur est intact, se trouve au lendemain de sa démission de maire, à la veille d’une épreuve qui explique sans doute sa fin mystérieuse.
Le temps qu’il consacra aux affaires publiques et ses longues absences de Troyes, compromirent sans doute ses intérêts de commerçant.
En avril 1791, il est en faillite.
La nouvelle, bientôt connue à Paris, il subit les sarcasmes de ses adversaires en même temps que les mesures encourues par sa faillite, et Camusat de Belombre se retire de l’Assemblée.
Telle fut sa fin politique. Cette épreuve, succédant de près aux fêtes données en son honneur par une foule qui mêla son nom à des vivats enthousiastes, obligea le représentant  " déchu ", à quitter brusquement sa ville natale pour n’y plus revenir.
Bien court fut son triomphe, deux années à peine. Le succès des principes qu’il défendait lui réservait une plus longue popularité.
Le 8 octobre 1886, le conseil municipal donne son nom à une rue. 

    

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