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Jehan Guayde, Guaylde ou Guailde


Jehan Guayde apparaît pour la première fois dans les comptes de la ville de Troyes, vers 1492. Cette année là,  au mois de novembre, il est occupé et travaille à la maçonnerie du pied de la Belle-Croix que la ville a décidé de faire refondre. Les travaux vont durer jusqu’au mois de novembre 1493, et c’est en avril 1495 seulement que Jehan Guayde veille à l’érection de cette Belle-Croix nouvellement refondue. Dès cette époque, il semble avoir acquis une certaine importance : il est appelé « Grand Jehan le maçon » ou encore « Grand Jehan Guayde maçon », et est entouré, aidé et servi par des « valets » maçons. Ces derniers l’accompagnent aussi en 1495 lorsqu’il prospecte sur le terrain, à la demande de la ville, les fontaines de la Malmaison près de Torvilliers et d’ailleurs, en vue de les capter pour alimenter la ville de Troyes (voir « Histoire d’eau »). Dans le même temps, il a entrepris les travaux de réfection du chœur et du chevet à l’église de la Madeleine. Ces travaux dureront plusieurs années. 


En avril 1497, le Conseil de ville demande à Jehan Guayde de visiter la porte du Beffroi, fort ancienne, qui est dans un état de délabrement avancé, ce qui la rend dangereuse. Mais rien des propositions qu’il fait ne décide la ville à entreprendre des travaux de grande envergure, hormis des réparations de fortune. En 1499, une assemblée des habitants décide que la porte et les tours du Beffroi et de Comporté seront démolies puis reconstruites sur un autre plan. Jehan Guayde est sollicité pour dresser l’état de ces portes, et il visite le 12 mars ce chantier. Le 24 janvier 1500, il rapporte devant le corps de ville ses observations. Enfin, en assemblée générale du 12 mars, la ville reconnait l’état  misérable et très dangereux de cette porte et décide de la faire reconstruire. Ce n’est pourtant que le 29 mars 1501 que Jehan Guayde signe avec la ville le marché de la reconstruction de la porte du Beffroi. Le 25 mai les fondations sont posées. C’est à l’occasion de ces grands travaux qu’il exerce également ses talents de sculpteur lorsqu’il entreprend la décoration de la nouvelle porte, dont le marché est signé en novembre 1504 : 2 tabernacles, avec statues de l’ange Gabriel et de la Vierge Marie. En novembre 1507, la construction de l’édifice se termine. Jehan Gayde quitte le chantier pour « tailler les formes des œuvres » qu’il doit faire au pont de la Salle, qui enjambe le rû Cordé à proximité de l’ancien Palais des Comtes de Champagne appelé communément  la Salle. Ces travaux s’établiront sur une période de 5 semaines. Deux projets le préoccupent alors : celui de la reconstruction de la porte de Comporté et celui de l’embellissement de l’église de la Madeleine, avec le projet de construction d’un jubé. La ville de Troyes doit faire face à de grandes dépenses pour l’entretien des fortifications. Elle veut en faire part au roi, d’autant plus que la porte de Croncels a aussi besoin de réparations. Ce n'est que le 15 février 1507 que l'Assemblée, alors que la porte du Beffroi est en voie d'achèvement, songe aux préparatifs du nouveau chantier. La démolition de la vieille porte de Comporté est entreprise début 1508, et c'est au mois de mars que Jehan Guayde, qui travaille sérieusement sur le futur ouvrage, présente « un monstre de porte en papier ». Les fondations sont jetées au début d'avril. L'édifice est de moindre importance, ce qui permet à Jehan Guayde d'avoir plus de journées libres pour travailler au jubé de la Madeleine. Il quitte le chantier le 15 juillet 1509. En août, la porte est achevée par ses maçons. Le 22 mai 1510, Jehan Guayde quitte l'église de la Madeleine pour se rendre à la porte de Croncels. Là, une visite de la vieille porte est faite en présence du maire, des échevins et du gouverneur de la province : « il convient de faire un devis et à le montrer  à seigneur le gouverneur et autres », ce qui est fait. Mais ce n'est qu'en mai 1511, que Jehan Gayde dessine « 3 projets pour les ouvrages de maçonnerie ». Notre maître-maçon est très actif car il dirige dans le même temps des travaux de réparation à l’arche de Ryoteuse. En juillet, on lui demande de perfectionner ses projets. Le 29 octobre, le gouverneur et les autorités locales se rendent à la porte de Croncels et là est enfin définie la forme que prendra le nouvel édifice. En janvier 1512, le gouverneur envoie Jehan Guayde 8 jours « en la ville de Mouzon voir la tour qui vient d'y être construite et s'en servir pour celle de Croncels ». La première pierre de ce grand chantier est posée le 26 avril 1512, et c'est le départ d'un édifice important qui devait s'élever  sous la direction de notre maître-maçon.  Il conduit rapidement la maçonnerie des 2 tours de la porte de Croncels pour  que celle-ci arrive bien au-dessus du niveau de l'eau des fossés, et les barrages construits pour fonder ces 2 tours sont démolis et les fossés remis en eau pour raison de sécurité. En juillet 1512, Jehan Guayde s’occupe de la fortification du boulevard de la porte Saint Jacques. En raison de la période troublée, Jehan Gayde arrête ses travaux fin octobre, et les reprend en mai 1513. Mais le danger de guerre est encore plus pressant et Jehan Guayde arrête les travaux à cette porte début octobre 1513. La période de troubles et d’insécurité qui allait suivre devait empêcher la reprise de la construction de la porte de Croncels du vivant de Jehan Gayde.


C’en était fini pour lui de la conduite de grands chantiers. En attendant, il est aussitôt réquisitionné par la ville pour procéder aux travaux de première urgence : c’est alors qu’il commence le 15 octobre 1513 les travaux de maçonnerie au chevet du boulevard de la porte Saint-Jacques. Ces travaux, menés rondement, sont achevés à la fin du mois de novembre. Le 3 avril 1514, il travaille aux canonnières du mur du rempart situé derrière le couvent des Cordeliers, non loin de la porte de Comporté. Les travaux sont terminés début mai. Jehan Guayde retourne sur le boulevard de la porte Saint-Jacques en août, pour des travaux de maçonnerie. En juillet 1515, il visite avec le maire, les échevins et le voyeur « les réparations qui étaient à faire à l’arche du Joly Saut, à celles du Noyer aux enfants et au pont de pierre à eux ». En septembre, il veille sur les travaux réalisés à l’arsenal de la ville situé près de l’église Saint-Nicolas et entretient l’œuvre de maçonnerie des portes du Beffroi et de Comporté. En septembre 1517, il reconstruit les 2 chevets du pont de pierre de Saint-Jacques.


Cette année 1517 est aussi pour Jehan Guayde, l’année de l’achèvement du jubé de la Madeleine. L’inauguration de cet admirable chef d’œuvre eut lieu le jour de Noël. Il figure parmi les sept restants en France, et reste toujours le plus célèbre en Europe. Véritable dentelle ciselée, il a été sculpté dans le style flamboyant. Jehan Guayde est inhumé en-dessous, avec son épitaphe où il dit « qu’il attendait la résurrection bienheureuse, sans peur d‘être écrasé ». Ce jubé est considéré comme un chef-d’œuvre d’élégance, de grâce, de fantaisie, en même temps qu’un tour de force, car d’une virtuosité étonnante. Il paraît suspendu dans le vide.


En mars 1518, Jehan Guayde «  maître maçon pour le Roi notre Sire à Troyes », à la demande du gouverneur de la province, visite le boulevard de la porte Saint-Jacques, pour le fortifier. Il exécute sur « 2 peaux de parchemin… une figure dudit ouvrage ».


A cette date, nous perdons la trace de notre maître-maçon, qui dut mourir début 1519. Ce maître-maçon a été principalement occupé par les affaires municipales, surtout axées sur la défense, en ce début du XVI° siècle.


Délibération du Conseil municipal en date du 30 octobre 1964 : « La voie prolongeant l’Impasse de la Basse-Charme et aboutissant rue de la Haute- Charme, face au Chemin Traversot, et dont le nom actuel de rue de la Haute-Charme donne lieu à des confusions regrettables avec la rue de la Haute-Charme prenant naissance Avenue Général Leclerc, sera dénommée « rue Jean-Guailde », en mémoire de l’auteur du Jubé de la Madeleine ».         


 


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le Jubé de la Madeleine
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