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Gustave Leheutre


 

Le 25 octobre 1932, le Conseil Municipal de Troyes donne le nom de Gustave Leheutre à une rue du quartier de Croncels.

 

Gustave Leheutre, peintre et graveur, naît à Troyes le 26 juillet 1861. Sa famille y habite place Saint-Remy.

 

Il commence d’excellentes études secondaires au lycée de Troyes, mais, comme son père, chef de bataillon d’Infanterie est appelé à changer de résidence, il les poursuit à Digne et les achève à Paris, au Collège Sainte-Barbe.

 

Le père pensait faire de son fils un militaire, mais le jeune homme se sent attiré par la carrière artistique. Le métier des armes ne pouvait le tenter, sa santé médiocre dès son jeune âge, sa constitution un peu frêle pendant son adolescence ne l’y encourageaient pas.  Il accomplit cependant son temps militaire légal.

 

Il fut tenté par le Conservatoire de Paris, d’autant qu’il rencontra lors Claude Debussy, dont en 1896, il grava une pointe sèche.En 1881, il étudie la peinture et entre, en 1884, à l’Académie Bervex-Humbert. Cinq ans plus tard, il expose au Salon des Artistes Français, mais préfère le Salon des Indépendants ou la Galerie Le Barcq de Boutteville.

 

Ses toiles, des portraits, des nus et des danseuses, dans la manière de Degas, se vendent bien.

 

En 1890, il fait la connaissance de Carrière et se lie d’amitié avec lui.

 

Un hasard, en 1892, le met en présence des gravures de Whistler, de l’art de Rembrandt, et des graveurs hollandais du Cabinet des Estampes. Voilà le mode d’expression qui convient à son tempérament. Dès lors il abandonne ses pinceaux et se consacre définitivement à l’eau-forte, à la pointe sèche et à la lithographie.

 

Un voyage en Italie le conduit sur les lieux qui ont inspiré Whistler et il rapporte de Venise 3 petites eaux-fortes qui lui révèlent les possibilités que lui offre un domaine où il peut s’exprimer en toute indépendance.

 

Seul l’intéresse le pittoresque, qui ne se rend que par la notation directe. Retouches et repentirs sont rares dans son œuvre, et lorsqu’il s’en présente, ils n’ont d’autre but que de simplifier pour faire valoir la lumière.

 

Les 6 états successifs de ses « Cités ouvrières à Troyes » en sont le meilleur exemple : d’état en état, les nuages s’estompent, les reflets dans l’eau s’adoucissent, les maisons et les fonds de la rive droite s’éclaircissent, et « l’aspect général est plus naturel ». « Le grand saule à Saint-Parres », « La Chaumière au bord de l’eau », sont des chefs-d’œuvre de délicatesse et de légèreté « qu’on ne se lasse pas d’admirer ».

 

Tout le monde connait « La Rosace de Saint-Pierre de Troyes », mais elle est inversée.

 

L’œuvre de Gustave Leheutre a été appréciée de bonne heure. Dès 1896, ses eaux-fortes sont remarquées. L’année suivante, 50 de ses planches lors d’une exposition, donnent lieu à un article de 3 pages dans la « Gazette des Beaux-Arts », de Roger Marx, critique d’art, inspecteur général des musées des départements au ministère des Beaux-Arts.

 

On compte Gustave Leheutre au nombre des représentants de la gravure française à l’Exposition Universelle de 1900.

 

En 1902, Henri Beraldi, homme de lettres, fondateur et président de la Société des livres, parle de lui en termes élogieux dans la « Revue d’Art ancien et moderne », et le considère comme l’un des graveurs les plus en vue dans le domaine de l’estampe originale. Charles Saunier, dans la « Gazette des Beaux-Arts » d’avril 1909, fait sur Leheutre une étude à la fois biographique et artistique, au cours de laquelle, il analyse un nombre important de ses meilleures eaux-fortes. Loÿs Delteil, historien de l’estampe français, publie en 1921 un ouvrage, indispensable à tout amateur de gravures, où sont présentées 180 planches, y compris les illustrations du « Dominique » d’Eugène Fromentin, artiste peintre et écrivain.

 

Gustave Leheutre décède en 1932.

 

Deux mois après sa mort, à l’occasion du 29° Salon de la Société Artistique de l’Aube, le président organise une exposition rétrospective des œuvres de ce graveur troyen, où il a pu réunir à peu près tout ce que cet artiste a créé.

 

En 1957, pour le 25° anniversaire de sa disparition, Mlle Dubuisson, Conservatrice des Musées de Troyes organisa une rétrospective du Maître : 60 gravures originales furent exposées dans l’ancien Hôtel de Mesgrigny.

 

Sa vie durant, Gustave Leheutre grave des faubourgs aux recoins familiers, la vie des chantiers, des rues aux gris pavés, des maisons sérieuses dominées par la cheminée des usines, des places publiques et des rues ouvrières traversées par des habitants pauvres, de ruelles vétustes abritant 100 petits métiers.

 

L’artiste buriniste travaille assis dans la rue, sa planche de cuivre sur les genoux. Dans son « Impasse Gambey », bordée de masures de torchis et de bois, il grave tout au fond, dans le ciel léger, le chevet délicat de Saint-Urbain. Il sait donner à nos rues la marque des rudes nécessités du gagne-pain. Il fait de ses « Cités ouvrières », un hallucinant classique des défilés de faubourgs matinaux .

 

Tant d’hommages qui lui ont été rendus au cours de sa vie sont une preuve suffisante de sa valeur.

 

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