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Gabriel Willaume



 

Le 17 juillet 1873, Camille Lenfant Maire de Romilly-sur-Seine reçoit de Célestin Willaume, âgé de 34 ans, marchand de vin rue de la Grande Cour, la déclaration de la naissance d’un fils prénommé Albert Gabriel. La maman, Virginie, née Roy est âgée de 26 ans.

 

         Gabriel (c’est son second prénom qui lui reste), possède de remarquables dispositions, et on le retrouve très jeune au Conservatoire de Paris.

 

         En 1886, il obtient une 3ème médaille de solfège, une seconde en 1887 et une première en 1888. Cette même année, il se voit décerner une 3ème médaille de violon, puis une seconde en1889 et une première en 1890.

 

         En 1890-1892, alors que ses études ne sont pas encore terminées, Gabriel Willaume est 1er violon dans l’orchestre Charles Lamoureux.

 

         Peu à peu, son jeune talent s’épanouit. Dans un style quelque peu dithyrambique, le « Petit Républicain de l’Aube » écrit en mai 1894, à l’occasion de la fête du Livre qui a lieu à Troyes : « A certains moments, les cordes de son violon égrènent non des perles, mais plutôt comme des grains d’or tombant sur un fond de cristal rarissimement pur ». « Le Petit Troyen », parlant du même concert, n’est pas moins élogieux : « Nous entendons encore chanter à nos oreilles ravies l’âme du violon que l’artiste, déjà un Maître, a fait vibrer ».

 

         En 1895, Gabriel Willaume obtient un 1er prix à l’unanimité en interprétant le 3° concerto de H. Vieuxtemps « dont le jeu d’une pureté, d’un charme et d’une maîtrise si parfaite, le désigne comme le premier entre les premiers ».

 

Dès lors, le succès couronne rapidement le talent du brillant lauréat.

 

En 1895, il entre à la Société des Concerts du Conservatoire comme 1er violon, et en est nommé sociétaire en 1898.

 

Gabriel Willaume est aussi violon solo des Concerts Rouges qui se produisent dans toute la France.

 

En 1896, il fonde le « Quatuor Willaume », qui connait alors une très grande notoriété. Il est accueilli dans les grandes salles parisiennes, les principaux centres artistiques de la capitale, puis dans les grandes villes de France, où les appréciations les plus élogieuses saluent son interprétation : « Ces excellents artistes provoquent un enthousiasme unanime. On ne peut rêver interprétation plus intime, plus pénétrante, plus admirablement fondue et nuancée. Une intelligence émue et divinatrice semble guider chacun des 4 archets et leurs jeux suggestif évoquent les paysages les plus délicieusement vaporeux…».

 

La réputation du Quator Willaume franchit nos frontières. Il est connu à l’étranger sous le nom de Quator Parisien et classé comme le meilleur à Londres, Leeds, Newcastle, Manchester, Birmingham, Sheffield… Le 27 février 1909, le Times : «…le quatuor de Ravel est joué à la perfection…», le Daily Telegraph : « la meilleure interprétation du quatuor Debussy qu’on ait entendu à Londres… ». La même opinion est exprimée par le Morning Post, le Yorkshire de Leeds, le Telegraph de Sheffield, le Mercury de Manchester et tous les autres grands journaux anglais se montrent aussi enthousiastes. En 1910, le critique musical du Vanity Fair : « Le Parisien Quartet est vraiment admirable et leur exécution du quatuor de Ravel est le meilleur morceau d’ensemble que j’aie jamais entendu à Londres ».

 

Il dirige également l’orchestre du Casino de Châtel-Guyon pendant l’été 1908.

 

La guerre de 1914-1918 met un terme provisoire à l’activité du quatuor. En 1920 il refait une importante tournée en France.

 

Si le quatuor qu’a fondé Gabriel Willaume connait une éclatante renommée, ce dernier est également un soliste de grande classe.

 

Il serait fastidieux d’énumérer les centaines de concerts qu’il donne en France et à l’étranger : « La Suisse, la Belgique, l’Espagne, l’Angleterre, l’Ecosse, l’Italie, l’Allemagne… l’admirent et lui font des triomphes ».

 

En 1917, L’express du Midi qualifie Gabriel Willaume de « violoniste remarquable, au jeu élégant et distingué, à la sonorité pure et sans vain éclat ».

 

En 1919, Le Journal d’Alsace et de Lorraine : « La délicatesse, la perfection de style, marquent le talent de M. Willaume, violoniste d’une virtuosité invraisemblable et aux sonorités toutes de charme ». L’Avenir de la Vienne : « nous ne croyons pas qu’aujourd’hui l’Ecole Française du violon puisse offrir un représentant plus accompli que ne l’est M. Willaume »…

 

C’est surtout Camille Saint-Saëns qui contribue à la renommée de notre concitoyen, en jouant ensemble. Ce maître dit de Willaume : «… il vous sera impossible de jouer mieux, on ne dépasse pas la perfection…».

 

Lors de la guerre de 1914, il donne des concerts dans les Hôpitaux de Paris, de magnifiques séances pour les Aveugles de Guerre, et interprète  des concerts dans toute la France.

 

Devenu presque aveugle, il décède le 16 novembre 1946, et est inhumé à Romilly-sur-Seine.

 

Il fit partie du Jury des concours du Conservatoire de Paris à partir de 1901, ainsi que de nombreux comités d’examens, et fonda sa propre école de violon dans la capitale. Il y forma des instrumentistes de talent et ouvrit à Troyes une succursale qui compta rapidement de nombreux élèves.

 

Sa fructueuse activité vaut à Gabriel Willaume de nombreuses distinctions honorifiques : Diplôme d’Honneur en 1898, à l’Exposition française de Toronto, Médaille de vermeil de l’Union Française de la Jeunesse, Chevalier de la Légion d’Honneur, Officier de l’Instruction Publique…

 

En 1975, Romilly donne le nom Gabriel Willaume à une rue.

 

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