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Docteur Viardin



Jacques-Edme-Guillaume Viardin naît à Troyes, rue du Cheval Rouge, le 16 janvier 1803 (26 nivôse an XI).

Il fait ses premières études médicales à l'hôpital de Troyes, et deviendra le chirurgien le plus renommé de son époque dans le département de l'Aube et les départements voisins.

Edme Viardin commence par être pendant 7 ans, officier de santé au 18° régiment de chasseurs à cheval. Pendant le temps de son service, il se lie étroitement avec Murat, le futur roi de Naples. Murat vient même rendre visite à son ami à Troyes !

 Il appartient à une famille médicale : en dehors de son père, son grand-père Nicolas-Didier exerçait à Urville, son grand oncle Louis était maître en chirurgie à Dinteville. Son père, maître en chirurgie, lui fait faire ses premières études au collège de Troyes. En février 1814, Viardin voit Napoléon, après le sérieux combat de la Guillotière, non encore vaincu, mais fatigué et faisant tête à l’ennemi qui le harcelait de toutes parts, alors qu’il entre à Troyes par le faubourg Saint-Jacques.

En 1817, il est admis à l’Hôtel-Dieu comme élève. De 1817 à 1822, il ne quitte pas l’Hôtel-Dieu qui semble être devenu sa demeure. Les religieuses Augustines le prennent en affection. Et il devient véritablement l’enfant de la maison. Il reçoit le titre d’officier de santé alors qu’il n’a pas 20 ans. Notre célèbre docteur Pigeotte disait de lui : "Viardin a un bon coup de bistouri !". En 1819, il devient chirurgien-adjoint de l’hôpital. Par ordonnance royale de 1838, il est nommé chirurgien aide-major du 2° bataillon de la garde nationale. Il est nommé chirurgien titulaire de l’Hôtel-Dieu en 1843 Il fait pendant quelques temps le service du Bureau de bienfaisance. Ses occupations trop multiples le contraignent à abandonner cette tâche à des médecins plus jeunes et moins occupés. Souvent, le tribunal l’appelle comme expert dans des affaires judiciaires. Il est médecin de plusieurs communautés religieuses et de beaucoup d’établissements particuliers. Il laisse le meilleur souvenir au Petit-Séminaire. Il est le médecin du chemin de fer de Troyes à Montereau dès son ouverture en avril 1848, et ensuite du chemin de fer de l’Est jusqu’à sa mort. Les Troyens ont en lui une confiance extrême et le regardent comme une sorte de Providence.

La qualité d’artiste de Viardin ne se remarque pas seulement chez lui pour ce qui concerne la profession médicale, il aime passionnément la musique. Dans une opération grave, Viardin veille à tout, sûr de sa main "prompt dans l’exécution, et miséricordieux pour le pauvre patient ! Une opération chirurgicale est une scène émouvante. Au sang qui s’écoule, vient s’ajouter les cris de l’opéré" (en effet, ce n’est qu’en 1847 qu’a été découverte l’anesthésie, supprimant les douleurs, rendant les opérations plus faciles, leur ôtant leur apparence de torture). C’est surtout en accouchement qu’il a une habileté toute spéciale. Il en fait un grand nombre, en fin de carrière, il lui arrive bien des fois d’accoucher les petites filles de ses premières clientes ! Il s’est trouvé aux peines avec tant de grandes difficultés, que son expérience est l’une des plus vastes que l’on puisse rencontrer à cette époque. Viardin est universel, il fait de tout, la médecine, la chirurgie, l’extraction des dents :" Combien il a arraché de doubles décalitres de dents !". Le docteur Vauthier dit de Viardin : "Le moment de sa plus grande vogue se situe entre 1835 et 1850. Je ne crois pas que l’on ait jamais vu ni que l’on verra jamais à Troyes, un pareil succès. Il court jour et nuit, mangeant où et comme il peut, souvent dans sa voiture. Une nuit d’hiver, il se perd dans les marais de Saint-Pouange, et n’est sauvé de réels dangers, que par l’instinct de son cheval. Ses instants étaient tellement pris, que si les jours eussent 30 heures, il eut occupé les 30 heures ! Il n’est pas un village où l’on n’ait entendu prononcer son nom au moins une fois. Il n’était pas rare qu’il dépassât les limites du département. Ces courses incessantes, à pied, à cheval, en voiture, ces nuits passées sans sommeil, ce réel surmenage, ne furent pas sans influencer le développement de la maladie à laquelle il devait succomber". Sa seule distraction était d’aller passer la soirée du dimanche en famille dans sa propriété de Barberey, et encore venait-on l’y relancer souvent.

Viardin était sobre et avait horreur du tabac, dont il disait : "il compromet la vue, hébète l’intelligence, amoindrit la mémoire, et risque de tarir dans leur source, les générations futures. Je connais des victimes de cette détestable habitude dégénérant bien vite en une véritable passion, qui regrettent que, pendant la traversée d’Amérique en Europe, Nicot et son poison n’aient été engloutis par les flots".

 

Il fut 5 fois membre du Conseil municipal de Troyes, de 1856 à 1874. Il apporta au Conseil les idées libérales qu’il professait dans sa jeunesse. Il fut Président de la Société médicale de l’Aube, de 1869 à 1872, puis Président de l’Association locale des médecins de l’Aube.

 

Le 8 août 1868, il reçoit des mains de Napoléon III, à la gare du chemin de fer, où les salles d’attente avaient été transformées en salle de réception, la croix de la Légion d’honneur.

 

Il se marie en 1830, et a 10 enfants, 7 garçons et 3 filles, dont 4 meurent en bas âge. Un de ses fils est le docteur Eugène Viardin. Il eut 10 petits-enfants.

 

Il décède le 15 septembre1876.

Une décision municipale du 19 août 1902, donne son nom à une rue, près de la caserne Beurnonville.

 

 



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