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Charles des Guerrois


 

 

Charles des Guerrois naît à Troyes, le 3 août 1817.

Le plus marquant des membres de sa famille est le chanoine Marie-Nicolas des Guerrois, né vers 1580, intendant des affaires de madame la duchesse de Bouillon, et mort à Troyes, le 21 décembre 1676, auteur de différents ouvrages d’hagiographie locale, notamment de « La Sainteté chrestienne », publiée en 1637.

Charles des Guerrois fait à Paris de solides études et les pousse jusqu’à la licence en droit. Dans la Capitale, il fréquente les cénacles littéraires, où il se perfectionne dans l’étude des belles-lettres, et devient secrétaire de Sainte-Beuve.. Mais il préfère revenir dans le calme de Troyes, pour se préparer et se consacrer à la belle carrière littéraire qui est la gloire de sa vie. Il comprend que ce n’est " que par un travail opiniâtre que partout l’on arrive".

 En 1847, il lance, sous le pseudonyme Polémis, « Le cri Public », appel à la France libérale endormie, dont il salue le réveil.

En février 1848,  au lendemain de la proclamation de la République, il signe un Hymne à la République, hymne à la liberté, vendu au profit des blessés des 22, 23 et 24 février.

Il écrit en vers dans la Revue des Deux-Mondes, en 1850 et en 1854.

 Comme poète, M. des Guerrois se distingue non seulement par des œuvres « fines et d’une délicatesse attendrie », tel son recueil Sous le Buisson, de 1854, mais il aborde aussi avec succès le genre épique et patriotique. Il se montre également critique littéraire éminent, appliquant son étude aux poètes de l’antiquité et à la poésie anglaise qu’il admire très fort.. Il possède à fond la langue de nos voisins de l’Entente cordiale.

Président du Comité d’inspection, de surveillance et d’achats de livres de la Bibliothèque de Troyes, M. des Guerrois est un bibliophile passionné. Erudit et connaisseur, il réunit une collection précieuse qu’il laisse à la Bibliothèque municipale.

L’œuvre de M. des Guerrois est considérable. Il publie plusieurs volumes, « Une Urne de bronze », ou « De Sainte-Hélène à la Colonne », Méditation au pied du monument », des vers, la critique sévère des principaux écrivains de son temps, Pensées de l’Art et de la Vie, De la Causerie et des Causeurs littéraires, Études littéraires et biographiques (Amyot, Mme de Staël, Saint-Simon)...

 Après les évènements de 1870, il écrit un livre très émouvant Pro Patria, puis Nos Grandes Pages, La France héroïque,  Au Pays des Épées, France toujours (1890), Notes épiques, Autour de Port-Royal, Jean Passerat, Le Président Bouhier…et de très nombreux autres ouvrages, dont 140 en vers. « La poésie lui appartenait comme un sacerdoce; il se considérait comme l’interprète d’une puissance supérieure, écrivant sous la dictée du maître Apollon...»     

Mais surtout, l'important testament de Charles Des Guerrois, déposé chez Me Moineau, notaire rue de la Cité, en septembre 1909, révèle la grande générosité de ce bibliophile passionné qui a légué à la Ville de Troyes son immense bibliothèque. Il traduit aussi l'aspiration de l'homme de lettre à diffuser son œuvre.

Il lègue à la Société Académique : 8.000 F dont la rente doit servir à perpétuer 4 prix, qui seront distribués chaque année à 4 ouvriers typographes de la ville de Troyes, et ne travaillant pas exclusivement au journaux. 20.000 F dont la rente servira à fonder à perpétuité un prix de poésie décerné tous les 2 ans. Tous les 6 ans, le prix de poésie sera remplacé par un prix de prose. 2.000 F pour faire frapper une médaille de bronze à ajouter au prix de poésie ou de prose.

Il lègue à la Ville de Troyes, son énorme bibliothèque comptant 15.732 volumes, spécifiant qu’ils ne doivent pas sortir de la bibliothèque de crainte qu’ils ne soient perdus, salis ou endommagés. Cette disposition est respectée, les livres pouvant seulement être consultés sur place. Par contre, un rêve un peu extravagant de M. Des Guerrois, n’a pas été réalisé : « Je recommande instamment et expressément la disposition suivante : après mon décès (bien constaté), mon cœur sera retiré de ma poitrine, dûment préparé et déposé dans mon ancienne écuelle d’argent à couvercle, pour être conservé dans la grande salle de la Bibliothèque où il me sera doux de prendre mon dernier repos parmi les livres qui ont été la passion et le bonheur paisible de ma vie avec le travail, consolateur de presque tout ».

Il lègue au Musée Sain-Loup ses tableaux et objets d’art dont une série de très belles gravures des XVIII° et XIX° siècle.

Il lègue 50.000 F à l’Hôtel-Dieu de Troyes et revenu pour y être employé dans l’Hôpital militaire pour y fournir quelques douceurs aux pauvres soldats au moment de leur sortie de l’hospice.

Il décède à Troyes, le 13 mars 1916, dans sa 99° année.

La Ville de Troyes donne son nom à une rue le 14 octobre 1916.

 


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