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Arsène Thévenot


Arsène Thévenot naît le 10 octobre 1828, à Lhuitre, arrondissement d’Arcis-sur-Aube, canton de Ramerupt, d’une famille de cultivateurs aisés dont il est le quatrième fils et le sixième enfant. Il fait d’assez bonnes études à l’école primaire de son village, en même temps qu’il reçoit, le soir, des leçons particulières de l’excellent curé du lieu, dont il est l’enfant de chœur. Vers l’âge de 15 ans, malgré ses goûts de plus en plus prononcés pour l’étude, il quitte l’école pour se livrer aux travaux des champs et particulièrement au jardinage, dont il s’occupa toujours avec passion. En février 1846, il est atteint d’une fièvre typhoïde qui, pendant 40 jours, le tient entre la vie et la mort.

         Dès son jeune âge, il aime la lecture (livres qu’il achetait avec ce que lui rapportait sa fonction d’enfant de chœur). Il apprécie beaucoup Chateaubriand, Lamartine, Alfred de Musset et Victor Hugo. Ses goûts littéraires ne s’accordant pas avec les travaux agricoles, il songe à choisir une autre carrière. Il y est encouragé par Arcade Bertrand et Charles Delaunay de Ramerupt, l’un professeur de physique dans l’enseignement secondaire et l’autre professeur de mathématiques dans l’enseignement supérieur. Le jeune Thévenot, se passant d’une permission parentale, emprunte 100 francs dans la bourse paternelle pour aller à Paris, en octobre 1849 et se rend chez un ami au 72, rue Saint-Jacques, son compatriote Alexis Florentin Somsois (qui revient mourir à Lhuître le 13 mai 1852, à l’âge de 22 ans). Il visite et admire les principaux monuments et rapporte une importante collection de romans illustrés dont lui a fait cadeau son ami.

Le 1er mai 1850, il s’enferme pour copier toutes ses poésies éparses et en composer un manuscrit sous le titre « Récréations poétiques ». Il a besoin pour cela de se ménager une retraite cachée dans les bottes de paille dans la grange familiale. Il va à Troyes afin de faire éditer son manuscrit. Il rencontre M. Fossoyeux, inspecteur des écoles primaires du département de l’Aube, qui lui, donne encouragements et protection. Ce généreux et intelligent fonctionnaire le met en pension chez un instituteur, rue Saint-Vincent-de-Paul et se charge de lui donner des leçons et de lui ouvrir la modeste et honorable carrière de l’enseignement primaire. Il lui conseille de renoncer pour quelques temps, à faire des vers, dans la crainte que cette passion ne nuise à ses études littéraires.

Au mois de janvier 1851, A. Thévenot est placé par son protecteur, comme surveillant et maître élémentaire, dans la pension Chéron, l’une des meilleures de Troyes, fonction lui permettant de continuer à travailler et à s’instruire. Le 13 mars 1851, il obtient le brevet de capacité pour l’enseignement primaire. Il publie dans le journal « L’Aube », le 16 avril 1851, sa première pièce de vers, adressée à l’abbé David, chanoine honoraire du diocèse d’Amiens qui était venu prêcher le carême à la cathédrale de Troyes. A la rentrée d’octobre, il est attaché en qualité de maître adjoint à l’école communale de la rue du Bois (rue Général de gaulle). En février 1852, il est appelé à diriger la classe d’application annexée à l’Ecole normale primaire de Troyes, puis en novembre il est directeur de l’école communale des Tauxelles.

Il se marie à Troyes le 22 septembre 1853 avec Madeleine Nérat 16 ans. En 1858, il est reçu membre de la Société des poètes, subit avec succès un examen pour l’emploi de vérificateur des poids et mesures, et remplit ces fonctions dans l’arrondissement de Nogent-sur-Seine. Il insére ses productions littéraires et ses nombreux articles d’histoire locale dans « L’Echo Nogentais ». En 1860, il collabore à « l’Echo d’Arcis » et aux journaux du département. En 1961, il est reçu membre de la Société académique de l’Aube.

Depuis 1864, A. Thévenot porte une barbe taillée. En 1865, il reçoit la médaille de bronze du ministère de l’Agriculture et du Commerce pour services rendus comme membre de la commission cantonale de statistique agricole du canton d’Arcis-sur-Aube. En 1866, il est appelé au poste de vérificateur à Troyes, où il achète une jolie maison avec jardin, Rive droite du canal (avenue Chomedey-de-Maisonneuve). En 1867, il obtient une médaille d’or au concours de la Société académique de l’Aube pour la statistique générale du canton de Ramerupt. En 1868, Arsène Thévenot publie sous le titre « Les Villageoises », un recueil de poésies favorablement accueilli par le public et la presse, et même avec les félicitations de Sainte-Beuve et de Mistral.

         De son mariage, Arsène Thévenot a eu déjà 5 enfants qui, tous mis en nourrice, sont morts en bas âge. En 1870, naît à Troyes, son fils Gaston-Arsène-Louis, que sa mère éleva elle-même et qu’ils eurent enfin le bonheur de conserver.

Le 16 août 1870, il écrit au préfet de l’Aube pour l’informer qu’il met sa maison et son mobilier à la disposition du service des ambulances et pour lui demander l’autorisation de s’enrôler dans la compagnie de volontaires des corps francs (70 hommes âgés de 25 à 55 ans). La compagnie de l’Aube était une véritable troupe d’élite et ses adhérents étaient tenus de s’équiper à leurs frais, avec l’armement carabine et sabre baïonnette. Il prend part à 2 expéditions d’éclaireurs faites en septembre et en octobre dans les environs de Sézanne, ville occupée par les Prussiens, et revient le 10 octobre.

         Arsène Thévenot, avec le concours d’Arbois de Jubainville, archiviste de l’Aube, entreprend d’opérer le dépouillement et le classement de la volumineuse correspondance du prince François Xavier de Saxe aux Archives départementales. Après un travail assidu d’un an, il fait paraître l’histoire de la ville et de la châtellenie de Pont-sur-Seine en 1873.

Il achète un fonds de commerce de papiers en gros qu’il exploite au 5, de la rue de la Trinité, mais dont son épouse assume la direction. Il publie dans les annales de la Société horticole, une notice nécrologique sur Charles Delaunay, et une autre sur Madame Charles Baltet, tous deux morts noyés accidentellement.

En janvier 1873, A. Thévenot assiste au service pour la mort de Napoléon III, à l’église Saint-Augustin à Paris. En mars 1874, il fait partie de la délégation du département de l’Aube qui se rend à Chislehurst (Angleterre) pour présenter ses hommages au prince impérial, à l’occasion de sa majorité constitutionnelle. En novembre 1874, il publie une notice descriptive et historique sur l’église de Lhuitre classée monument historique, en partie incendiée par la foudre. En 1876, il donne dans « l’Annuaire de l’Aube », une notice descriptive sur le théâtre de Troyes, et, en 1877, dans ce même ouvrage, une notice sur l’ancien collège et le lycée. Il obtient une médaille d’or de première classe, pour la biographie de Charles Delaunay. En 1880, il est parrain de la cloche Tanche Augustine Madeleine de l’église de Lhuitre, pesant 850 kilos, baptisée par Mgr Cortet évêque de Troyes.

En août 1882, son commerce de la rue de la Trinité fait banqueroute. Ruiné, de 1883 à 1889, il prend la direction du « Vosgien », journal politique, conservateur et catholique, paraissant à Epinal, 3 fois par semaine.

En 1884, il dépose une plainte en adultère contre sa femme et Louis Malgrat qui avait travaillé avec Mme Thévenot à son commerce de papiers en gros. En mars 1889, son fils meurt d’une maladie de poitrine. Il habite provisoirement rue Claude Huez. Rédacteur en chef de « l’Echo d’Arcis » de 1889 à 1894, il habite 3, place d’Armes.

Il se retire à Lhuitre en mai 1894, avec peu de ressources, et y décède en juin 1915.

Arsène Thévenot était toujours prêt à rendre service ou à faire des démarches pour les autres. Il a  été bien souvent victime de sa confiance et de son dévouement. Au point de vue politique, il était un fidèle bonapartiste.

Une rue porte son nom à Lhuitre.   

        


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