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Napoléon-Ambroise Cottet


La ville de Troyes donne le nom d’Ambroise Cottet, le 11 août 1906, à la rue Saint-Martin qui a elle-même remplacé, en 1868, la vieille rue du Marché-Rupt, vocable aux origines inconnues. C’est bien à tort que les plaques de cette rue lui donnent le seul prénom d’Ambroise, qu’il ne signa jamais. Tous ses ouvrages portent « N. Cottet » et, en 1843 encore, il donne le prénom de Napoléon à son dernier fils. Entre le Saint et l’Empereur, cet homme réfléchi avait choisi : il fallait au moins respecter son choix !

Ambroise Napoléon Cottet naît à Troyes le 20 mars 1808. Il se marie le 27 août 1831 avec Honorine Morel d’Onjon. Après de simples études primaires, M. Cottet devient tisserand aux côtés de son père. Il a le désir de s’instruire, et, dans ses heures de loisir, c’est-à-dire la nuit surtout, il étudie les livres qu’il achète. Il affectionne surtout les sciences exactes, pour lesquelles il est particulièrement doué. En 1826, M. Leymerie ouvre à Troyes un cours de Mathématiques appliquées, Cottet devient un auditeur assidu et remarqué, au point qu’il remplace son maître en 1832. Il tient le poste de préparateur du cours d’Hygiène physique. Il entre comme professeur de Sciences à l’Ecole Normale d’Instituteurs pendant 8 ans. En 1839-1840, il expose dans un cours public, à l’Hôtel de Ville, les principes du Système décimal et des nouveaux poids et mesures. Il fait un cours de Sciences industrielles. En 1844, il devient vérificateur des poids et mesures. La révolution de 1848 le trouve titulaire du poste d’Arcis-sur-Aube. Sa vie s’oriente alors autrement. Jusque là, ses idées politiques n’apparaissent pas. Sans doute, ses origines, sa formation d’autodidacte le dévouement qu’il apporte toute sa vie à l’instruction du peuple, le montrent comme certainement imbu d’idées libérales. Mais il se contente de les appliquer, sans en faire étalage. Le mouvement de 1848 le fait changer de méthode. Il pose sa candidature aux élections législatives comme « représentant des ouvriers et des instituteurs », mais n’obtient qu’un petit nombre de voix. Cet échec ne le rebute pas et il se lance « à corps perdu », dit un contemporain, dans les idées révolutionnaires. Réfractaire au Coup d’Etat du 2 décembre 1851, mis en demeure d’opter entre ses fonctions et ses opinions, il refuse le serment, est révoqué et revient à Troyes où il continue son opposition tout en exerçant la profession libre de géomètre-arpenteur. Mais le gouvernement d’alors ne badine pas avec ses adversaires déclarés : M. Cottet est, en 1852, déporté à Lambessa. Revenu au bout de 2 ans, il entre comme comptable au service de M. Emmanuel Buxtorf, constructeur-mécanicien, un patron aux idées larges. Il est réexpédié en Afrique sans motifs, par application de la loi de sûreté générale du 7 février 1858, après l’attentat d’Orsini contre Napoléon. Il y reste 2 nouvelles années, après quoi il retrouve sa place chez M. Buxtorf. C’est durant ce deuxième séjour que Cottet, qui a été tout d’abord, avec une vingtaine d’autres suspects, « abandonné » à Bougie sans ressources et sans secours, trouve à être employé à la confection du plan d’Alger, en compagnie de son compatriote et ami Habert (une petite rue de Troyes porte le nom de Jean-Claude Habert architecte).

La répression n’a pas modifié ses idées, et il est un des plus zélés ouvriers du mouvement républicain à Troyes, puis, après la chute de l’Empire, des efforts faits pour asseoir le gouvernement de la République sur des bases solides. Il reprend en même temps le rôle d’éducateur bénévole, reprenant ses causeries au Cercle Populaire d’alors, ce pourquoi il est, en 1873, inquiété lors du procès de tendances fait par le gouvernement de l’ordre moral aux membres (tous républicains) de cet institut. Nommé en 1874 conservateur-adjoint au Musée de Troyes, il est chargé par la Société Académique de l’Aube, en 1876, d’explorer le département au point de vue géologique. Mais, la maladie l’empêche de remplir cette mission.

M. Cottet ne se contente pas d’enseigner par la parole et par la pratique. Il écrit quelques opuscules : La clef du système métrique ou les nouvelles mesures clairement et simplement expliquées, Notice géologique sur la craie et les grès de l’ouest du département de l’Aube, Aperçu de la distribution géologique des terrains du département de l’Aube, Mémoire sur les eaux souterraines du département de l’Aube, De l’impossibilité du mouvement perpétuel et de l’accroissement de la force par les machines, Citoyens, libérons la Patrie !, Souvenirs de 1858…

Ambroise Cottet décède à Troyes le 3 février 1880. Décidée le 23 janvier 1881 par la Chambre syndicale de la métallurgie, la réalisation du monument funéraire d'Ambroise Cottet est reprise par un Comité ouvrier puis par un Comité républicain dirigé par des conseillers municipaux. Le 8 mai 1881 le Comité ouvrier organise un spectacle musical au profit du monument. Le succès de la souscription permet la confection du monument et du buste réalisé par Jules Narcisse Cathelin. Il est inauguré le 14 juillet 1881. Un cortège part de la place Saint-Rémi conduit par la musique des pompiers Alexandre Floiras prononce le premier discours : « Cottet appartient à la démocratie toute entière, mais ne vous semble-t-il pas que c'était à une corporation ouvrière de se mettre en tête de cette oeuvre ? Il s'est dévoué à son affranchissement en combattant sans relâche pour la République... Il s'est consacré à l'instruction du peuple et a contribué à lui fournir l'instrument à l'aide duquel il se relèvera au niveau des autres classes...».

Il a été pensionné par le gouvernement de la République comme victime du 2 décembre.

 

Ses enfants sont : Jules-Pierre, né le 20 novembre 1833, mail de la Tannerie, Jules-Léon le 4 mai 1835, aux Faux-Fossés (où habitait le grand-père J-B. Morel), Pierre-Marie-Alfred, le 24 septembre 1836, aux Faux-fossés, Charles-Napoléon, le 29 janvier 1843, rue du Chant-des-Oiseaux. Aucun n’est mort à Troyes. L’un d’eux, le premier a quitté la France avant sa majorité, et fondé une descendance aux Etats-Unis. Les époux se séparèrent vers le commencement du Second Empire. Madame Cottet-Morel décéda à Paris le 2 novembre 1875. M. Cottet épousa un mois plus tard Françoise Stelzer née à Troyes le 5 octobre 1807, et qui décéda à Troyes le 9 octobre 1892.

La médiathèque de Troyes recèle 40 lettres écrites par Ambroise Cottet à son fils Jules. Ces lettres furent déposées en 1995, par un descendant américain de Jules Cottet qui s’est installé aux Etats-Unis en 1854, pour fonder une communauté icarienne. Un de ses 6 enfants, Charles-Napoléon, meurt noyé au déversoir de Saint-Julien en 1843.

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