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Alfred Droin


 

Alfred Droin naît à Troyes en 1878, rue Jaillant-Deschainets, où ses parents tiennent une boulangerie.

 

         Dès l’âge de 18 ans, alors qu’il étouffe dans notre vieille ville, il s’engage dans l’infanterie coloniale. En ses moments de liberté, que lui laisse son service accompli à Paris, il fréquente les cénacles littéraires.

 

         Ses poèmes commencent à être remarqués dans les petites revues à périodicité incertaine et aux trop rares lecteurs.

 

         A 26 ans, il publie son premier volume « Amours divines et terrestres ».

 

         Sully Prudhomme rayonnant alors au firmament littéraire, auréolé par le prix Nobel de la poésie, accueille ce jeune sous-lieutenant, à la lecture de ses essais, avec une belle confiance. « Le jeune auteur montrait déjà que pour lui, la poésie ne consistait pas seulement en une jonglerie sonore, mais que les mots devenaient en réalité des miroirs, ciselés, appelés à réfléchir, non seulement des images visibles, mais aussi les sentiments intérieurs ».

 

En 1906, il publie « La Jonque victorieuse », dédiée à Sully.

 

Engagé selon son vœu dans les marsouins, il se retrouve à Madagascar, puis au Moyen-Orient. Il dédie à son ami troyen Lucien Morel, la pièce inspirée par la jeune saïgonnaise Thi-Theu, cette ondoyante courtisane « aux cheveux parfumés à l’huile de coco ».

 

Un recueil de vers, le « Collier d’Emeraude », vient marquer les 30 ans du poète. La critique s’enchante à nouveau, ses suffrages se confirment, Alfred Droin figure dans l’ « Anthologie des Poètes contemporains ».

 

« Du sang sur la Mosquée » sort en 1934. Alfred arrive au Maroc, attaché en tant que capitaine, à l’état-major du maréchal Lyautey. Au cours de la campagne, Droin paie de sa personne, à Taza, son cheval, atteint par les balles destinées à Alfred, s’abat sous lui.

 

Ses vers, pleins d’un colonialisme humain et tolérant, rapportés d’Indochine ou du Maroc, le font qualifier de « Poète de la plus grande France ».

 

Au début de la guerre de 1914, le capitaine Droin se bat en Lorraine où il reçoit un éclat d’obus qui lui fracasse le bras, et un coup de lance qui lui perce la poitrine. Evacué à Orange, les docteurs évitent l’amputation du bras, mais il restera atrophié. Il reçoit la Légion d’honneur.  

 

         Madame Guillaume Beer, sous le pseudonyme masculin de Jean Dornis, romancière née à Turin en 1870, dans son livre « Hommes d’action et de rêve », publié en 1912, célèbre le rôle patriotique d’Alfred Droin, le couvrant de louanges. De son côté, le poète comble d’éloges la romancière. Cette admiration réciproque aboutit au mariage d’Alfred Droin et de Jean Dornis, le 23 septembre 1916, en l’église Saint-Honoré d’Eylau. Ce fut un grand moment quand, au sortir de l’église, le mari et l’épouse, arborant tous deux la Légion d’honneur, passèrent devant la haie de leurs intimes, académiciens, généraux…

 

Alfred, avec « Le crêpe étoilé » (1917), consacre ses vers à la lutte sanglante de la France.

 

Impropre au combat, le commandant est incorporé à l’état-major particulier du ministre de la Guerre. Il écrit un acte en vers : « Pour la Victoire », pièce vibrante jouée avec succès sur le plateau de la Comédie Française en 1917.

 

En 1922, Alfred Droin goûte une saison de détente au couvent de Sainte-Odile, et écrit « A l’ombre de Sainte-Odile ».

 

« La triple symphonie » sort en 1929, l’année où le poète est mentionné dans le Larousse du XX° siècle, parmi nos sommités littéraires

 

« Le Songe de la Terre » est publié en 1932, « Les Flambeaux sur l’Autel » en 1936, « Paul Valéry et la tradition poétique française » vers 1940.   

 

         A chaque nouveau recueil d’Alfred Droin, les commentateurs s’exclament ; « C’est le meilleur de ses livres !».

 

         A partir de 1940, le commandant Droin se retire en solitaire, en déclarant cette déclamation bouleversante : «Je vis en anachorète. Je me détache de tout ce que j’ai écrit. Une seule chose compte : La recherche de Dieu ». Un peu plus tard il écrit ce quatrain :

 

« Après avoir été béni par mon curé,

Dédaigneux des honneurs que le vulgaire envie

Sans faste, sans musique et sans prose fleurie,

De ce monde cruel, tout seul, je partirai ».

 

         La Bible et l’Evangile deviennent ses livres de chevet. Ceux de saint Thomas d’Aquin, sainte Thérèse d’Avila et saint Augustin restent sur son bureau, à portée de sa main. Il les ouvre tous les jours.

 

         Le 18 février 1949 décède son épouse Jean Dornis. Quand elle agonise à l’hôpital, elle reçoit la visite de Madame Suzanne Emery, militante de l’Action Catholique qui lui prodigue un grand réconfort. Le commandant en ressent une vive émotion, et après le décès de son épouse, il s’en rapproche. En 1951, ils s’unissent (elle est de 28 ans sa cadette), sous l’emprise d’une ardente foi religieuse.

 

         Adonné à la vie mystique, Alfred s’enfonce dans une voie différente, pour y trouver le renoncement et la paix. Il n’en oublie pas moins sa chère poésie, et écrit une centaine de poèmes.

 

Il décède le 22 mars 1967. Ses funérailles sont empreintes de simplicité

 

         Au cimetière de la Haute-Charme, sous un sarcophage de granit rouge, sa famille repose : son père Eugène en 1906, sa mère Emilie Mathieu en 1920, ses deux sœurs Amélie Ardenne et Angèle Joffroy et son beau-frère Joffroy.

 

Alfred Droin, membre de la Société des gens de lettres était grand prix de l’Empire français.    

 

Le Conseil municipal de Troyes donne le nom d’Alfred Droin à une rue.

 

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