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Adrien Briois


 La commune de Vallant-Saint-Georges peut être fière d’avoir donné le jour à un sujet qui sut profiter de ses heureuses dispositions artistiques et se créer une situation en vue et très honorable, mais surtout de sincères amitiés par tous ceux qui ont été à même d’apprécier ses nombreuses qualités.

 

 Adrien Briois naît le 27 décembre 1838.

 

Fils cadet de modestes ouvriers, il fréquente l’école de son village, qu’il quitte bien jeune, pour se livrer au travail manuel : bonneterie, tonnellerie, travaux des champs, tout en s’adonnant à la musique de contredanse, et n’ayant que son père, un simple ménétrier, comme professeur.  

 

Dès son début dans la musique, il se fait remarquer par sa bonne exécution. Sa réputation s’étend vite, étant puissamment secondé par son frère aîné, Désiré Briois.

 

Ayant perdu son père, Adrien Briois devient le seul soutien de sa famille (son frère aîné étant marié) se composant de sa mère, de 2 sœurs et d’un frère infirme.  

 

Malgré son bas âge, il sut, par son travail soutenu et intelligent, mais surtout par son économie, empêcher la misère de pénétrer au foyer familial.

 

Jusque-là, Adrien Briois n’avait fait entrevoir que d’heureuses dispositions musicales, en composant et faisant exécuter de véritables petits chefs-d’œuvre appropriés aux circonstances et au milieu dans lequel il évoluait.

 

Mais, arrivé à sa vingtième année, ce milieu ne lui suffisait plus, et l’art musical, en le séduisant, lui faisait entrevoir des régions plus élevées où il lui serait plus facile de s’adonner tout entier à son art de prédilection.

 

Une circonstance bien imprévue s’offrit. En tirant au sort en 1859, il ramène le n° 77. Ce numéro était considéré comme devant l’exempter du service militaire. Mais, en raison de la guerre d’Italie, entre le tirage au sort et la révision, on augmenta la levée d’hommes, de telle sorte qu’Adrien Briois fut pris comme soldat et incorporé au 95° de ligne en garnison à Antibes.

 

Le jeune conscrit partit emportant l’estime et les regrets de tout le monde. Mais il était résolu, ayant foi dans son avenir, disant : « Ne pleurez pas, je ferai mon chemin ». Il le fit en effet très rapidement.

 

Ses études de troupier furent vite faites, et il entre aussitôt dans la musique, où il gagne d’emblée l’affection de ses supérieurs.

 

Un détail à noter, et qui en dit plus que tous les éloges que l’on puisse faire de lui : c’est qu’au lieu de demander des secours à sa famille, il trouve non seulement le moyen de subvenir à ses besoins personnels, mais de réaliser des économies en donnant des leçons ou faisant des copies, et d’adresser à sa pauvre mère ce qui est en son pouvoir.

 

 Comme exécutant, notre soldat-musicien ne tarde pas à devenir un véritable artiste, tout en étudiant les lois de la composition et de l’harmonie avec une ardeur sans pareille.  

 

Il quitte la garnison d’Antibes pour prendre part à l’expédition au Mexique où il séjourne 5 ans, et où il est élevé au grade se sous-chef de musique, puis revient en France, où il fait les garnisons de Paris.

 

Là il redouble d’ardeur en se trouvant dans un milieu où la grande musique est interprétée comme nulle part.

 

Il prend part à la guerre de 1870 et assiste à tous les combats livrés par le maréchal Bazaine. Partout, sa conduite est non seulement irréprochable, mais digne à tous points de vue.

 

Il est fait prisonnier après la reddition de Metz.  

 

Après sa captivité, il reforme la musique de son régiment qui se trouve à Marseille.

 

Il se rend à Paris pour prendre part à un concours de musique qui a lieu au Conservatoire en 1872, et en est haut la main promu au grade de chef de musique de son régiment, qu’il quitte après 25 années de service.

 

Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur après 11 campagnes, puis au grade élevé de chef de musique au 7° corps, dont le siège est à Besançon. C’est là qu’il se fait tout particulièrement remarquer  par la belle exécution de sa musique, et prend part à différent concours, notamment en Suisse, où il est l’objet d’une ovation enthousiaste, à tel point que le gouverneur fédéral lui offre un objet d’art pour lui prouver sa reconnaissance.

 

Arrivé à la limite d’âge, il est admis à la retraite et quitte l’armée où il ne comptait que des amis, tant parmi ses supérieurs que parmi ses subalternes. Dans ces derniers, très nombreux sont les jeunes gens aubois qui ont choisi son régiment pour être placés sous ses ordres et aussi pour se familiariser avec l’art musical. Tous sont unanimes à reconnaître le caractère plein de franchise et de loyauté de leur ancien chef, ainsi que la bienveillance qu’il avait pour tous ceux qui étaient placés sous ses ordres.   

 

Adrien Briois aurait pu jouir plus longtemps d’un repos qu’il avait si bien gagné, mais la fatigue ayant épuisé ses forces, une maladie survint.

 

Le 10 novembre 1905, il rend le dernier soupir.  

 

Il est enterré à Vallant-Saint-Georges.    

 

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