Aubois très célèbres


Théophile Boutiot


Théphile Boutiot
Théphile Boutiot

Joseph-Théophile Boutiot est né à Vendeuvre-sur-Barse le 21 novembre 1816, de parents modestes, qui n’avaient pas rêvé pour lui un avenir au-dessus de leur position de cultivateurs, et qui, par conséquent ne lui firent donner que l’instruction primaire de son village. Ce petit paysan, réfléchi, travailleur, étranger aux jeux de son âge, et ne cherchant sa récréation que dans la lecture et l’étude des rares livres laissés à sa disposition apprit donc à lire et à écrire chez l’instituteur communal. Ensuite, ses parents le mirent pendant 1 an ou 2 chez un maître de pension du pays, où il reçut les premières notions de latin. Il était très studieux. Théophile quitta définitivement l’école à 12 ans, pour ne plus y rentrer. Son père, modeste cultivateur en avait besoin pour l’aider dans sa culture. Pendant tous ces travaux, il avait toujours 1 livre à la main. Le dimanche allait-il en promenade ? Toujours un livre à la main. Lorsque du soc de sa charrue il retournait la terre, il regardait s’il n’y avait pas quelque fragment d’un autre âge, quelque silex, quelque monnaie antique. Il rapportait à la maison des échantillons de l’âge de pierre, de fer et de bronze, des scories des forges anciennes… il observa les différentes couches du sol… Dans son premier séjour à Troyes, il partageait son temps entre ses devoirs de clerc dans une étude de notaire et la satisfaction de ses goûts pour les travaux de l’intelligence. Mais son père, venant d’agrandir son affaire, avait besoin des bras de son fils. Nous sommes en 1832, Théophile Boutiot a 16 ans. Il mène alors de front l’étude et les travaux de la campagne. Vers 1840, il vient se fixer à Troyes. Il venait d’être nommé commis-greffier du Tribunal civil. Dans les loisirs que lui laissaient les fonctions de sa charge, il continuait ses études favorites sur l’histoire de son pays, prenait des notes, pour les coordonner plus tard, se familiarisait avec les difficultés de la procédure commerciale, étudiait à fond la géologie, la géographie, l’archéologie, l’histoire, s’occupant de tout ce qui s’apprend. Mais pour accomplir un pareil travail, que de veillées ajoutées aux journées, que de nuits même passées à former cet amas de connaissances. Il, faut dire aussi que son intelligence était servie par une mémoire prodigieuse. Il n’est donc pas étonnant qu’étant aussi bien doué, et travaillant nuit et jour à l’étude de notre histoire locale, M. Boutiot nous ait laissé un bagage littéraire aussi important. La première manifestation de son talent scientifique s’est faite le 22 novembre 1846 : c’est un article critique inséré au « Propagateur de l’Aube », sous le titre de « Géologie du département de l’Aube ». Plus tard, il donne la mesure de sa science géologique dans son « Essai sur les sources de la Barse », ainsi que ses « Observations sur le niveau aquifère de la limite occidentale du calcaire jurassique dans le département de l’Aube ».

En 1852, il est élu à la Société Académique de l’Aube, puis nommé membre de la Société géologique de France, où il laisse ses « Etudes sur le forage projeté d’un puits artésien à Troyes ». A partir de ce moment, les « Mémoires de la Société Académique de l’Aube », l’« Annuaire de l’Aube », les « Journaux », les « Revues », les publications périodiques, les « Almanachs », sont remplis de ses travaux. En 1853, lors du « Congrès archéologique », aucune question n’est traitée sans qu’on ait pris son avis. Au « Congrès Scientifique de France » qui s’est tenu à Troyes en 1864, même autorité : le terrain diluvien du département de l’Aube, les terrains traversés par le chemin de fer de Paris à Mulhouse, les eaux, les dolmens, les fouilles, toutes les questions sont étudiées, décrites, élucidées par M. Boutiot. Ses lectures, à la Sorbonne, aux réunions des Société savantes des départements, ont toujours été très appréciées. François Guizot, président du Conseil lui écrit : « Votre mémoire sur Louis XI et la ville d’Arras m’a fort intéressé et instruit. Vous avez très bien étudié et raconté un épisode jusqu’ici presque inconnu. C’est par de tels travaux que l’Histoire de France deviendra enfin complète et claire ». Une médaille d’or lui a été accordée par l’Académie d’Arras. Son « Dictionnaire topographique du département de l’Aube » a remporté le prix en 1866, au Concours des Sociétés savantes à la Sorbonne. En 1872, il est élu Président de la Société Académique de l’Aube.

L’œuvre capitale de toute la vie de M. Boutiot est un livre de haute importance : « Histoire de la ville de Troyes et de la Champagne méridionale ». Ce sont 4 gros volumes qui renferment des documents précieux : géologie, hydrographie, orographie, climatologie, géographie, topographie, divisions politiques, administratives, judiciaires, commerce, industrie, coutumes, gouvernements, voies de communication… tout y est ! Quiconque veut connaître l’histoire de notre pays est forcé de consulter l’ouvrage de M. Boutiot, et c’est ce que je fais régulièrement.

Il est nommé membre correspondant de la « Société nationale des antiquaires de France ». Il est choisi, en 1848, pour être administrateur du journal « La Sentinelle républicaine de l’Aube ». En 1854, il quitte les fonctions de commis-greffier pour celle d’économe des Hospices, puis est nommé en 1855 expert-juré dans les affaires contentieuses et liquidateur de faillites. Le 14 août 1870, il siège au Conseil municipal de Troyes, où il rend les plus grands services à la ville. Le 8 octobre 1871, il est nommé conseiller d’arrondissement, où là encore, il fit bénéficier ses concitoyens de la solidité de ses connaissances. Il fut l’un des promoteurs de la révision du cadastre. Il était aussi secrétaire-archiviste de la Chambre de Commerce de Troyes. C’est encore lui qui est chargé du classement des « Archives judiciaires » du département, et il donne un répertoire aux archives municipales de la ville de Troyes.

         Dès 1860, il ressentit les premières atteintes d’un mal qui devait insensiblement le conduire à la tombe. Il décède le 9 janvier 1875, à 58 ans. Ce fut un jour de deuil pour la cité, une perte pour le pays. A ses obsèques, auxquelles toute la ville s’était pressée, « les larmes coulaient silencieusement des yeux ».

Il avait reçu le diplôme de membre correspondant de l’« Academia araldica geneologica Italiana » de Pise. A l’étranger comme en France, les travaux de M. Boutiot étaient appréciés.

         Je tiens à votre disposition la liste de ses 80 travaux.      

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