Aubois très célèbres


Le physiologiste René Quinton


Quinton naît le 15 décembre 1866.

Son trisaïeul maternel Nicolas Amyot, né au milieu du XVIII° siècle est le fondateur d’une lignée de médecins, lui même étant chirurgien à Loches-sur-Ource. Le fils de Nicolas, Aimé Amyot (1784-1850), est lui aussi chirurgien à Loches. Son fils, Pierre-Aimé Amyot (1810-1879), grand-père de René Quinton est docteur en médecine (sa thèse : Epidémie des villages de Landrevile, de Loches…). Paul-Edouard Quinton, son gendre, est aussi médecin, et sa fille aînée Marie-Marguerite Quinton a épousé Paul-Louis Poisson, grand-Père du Docteur Claude Poisson-Quinton médecin à Essoyes. La sœur de Paul-Edouard Quinton est la fille du docteur Pierre-Aimé Amyot médecin à Loches.

René Quinton fait ses études au Collège Chaptal à Paris, à 15 ans, il est bachelier ès sciences, puis fait rapidement sa rhétorique et sa philosophie, puis prépare les examens de l’Ecole polytechnique. Quinton se consacre à la création littéraire, ébauchant des pièces et des romans. Il a aussi le goût des voyages. A la manière des jeunes lords anglais, qui faisaient un voyage pour parfaire leur culture et visiter les antiques. A 22 ans, il entreprend de longs voyages d’études en Egypte, Grèce, Italie, pour se consacrer aux héros de l’antiquité et visiter les musées.

A 30 ans, « sa culture est stupéfiante : il sait tout ce qu’on peut savoir ».

En 1895, à Loches, René Quinton voit apporter une vipère engourdie par le froid, mais qui recouvre rapidement sa redoutable activité dans la chaude atmosphère de son salon. Cet engourdissement hivernal, ce réveil des fonctions grâce à la chaleur, font naître brusquement chez le jeune observateur, une idée qui va déclencher une série d’hypothèses stupéfiantes.

Déterminante pour son avenir, est alors sa rencontre en 1896, avec le célèbre Etienne-Jules Marey, professeur d’histoire naturelle au Collège de France et membre de 2 académies. « Ce grand homme lui ouvre immédiatement son laboratoire du Collège de France, pour lui permettre d’expérimenter ses théories ». C’est ainsi que René Quinton devient du jour au  lendemain, l’assistant d’un savant réputé.  

Quinton dépose à l’Institut, un résumé de sa conception générale intitulée « Les deux pôles foyers d’origine. Origine australe de l’homme ».

Quinton bâtit, puis détaille une gigantesque épopée des êtres vivants, depuis l’apparition de la vie, jusqu’à l’homme. La vie animale, à l’état de cellule, est apparue dans les mers. Tous les organismes animaux dérivent d’organismes marins. La vie animale tend à maintenir les cellules de chaque organisme dans un milieu marin. Chez les mammifères, comme chez l’invertébré marin, l’analyse chimique établit l’identité du milieu marin et du milieu vital. Le globule blanc peut vivre à volonté dans l’eau de mer : un chien est saigné à blanc, puis au moment où il va expirer, on lui injecte une quantité d’eau de mer égale à celle du sang perdu. Le lendemain, il trotte et, quelques jours plus tard, il est rétabli !

La médecine possède depuis les travaux de Quinton, et grâce à eux, une ressource inégalable : l’emploi de l’eau de mer en injections sous-cutanées. Cette découverte relative à l’eau de mer, se traduit par de précieuses applications : notamment pour le traitement des anémiés, et surtout, des enfants rachitiques, par l’eau de mer aseptisée. De nombreux dispensaires ont fait et continuent de faire des cures qui ont longtemps paru miraculeuses.

Vient la guerre. René Quinton est, du fait de son âge, dégagé d’obligation militaire. En 1914, il part comme capitaine de réserve, et en revient en 1918, lieutenant-colonel avec 5 palmes, 2 étoiles et 7 citations. Il est 8 fois blessé et prend part à 1 bataille, étant 8 fois cité à l’ordre.

Il s’intéresse par la suite à l’aéronautique, domaine dans lequel il est également un pionnier. Il est l’un des premiers fondateurs de l’Aéro-club de France. En 1908, il fonde et préside la Ligue Nationale Aérienne. Il est une branche de l’Aviation qui doit particulièrement à Quinton : c’est tout ce qui touche au vol à voile, entre 1922-1925.

Le 9 juillet 1925, frappé au cœur, il succombe avant le soir, commençant sa dernière journée par un coup de téléphone pour annoncer sa mort dans les heures qui allaient suivre, décrivant à l’entourage, et d’un esprit sagace, les progrès du mal, confiant les tâches, donnant ses ordres, lucide, comme à l’ordinaire, à l’ultime limite de la vie : « Le petit salon, comme pour ma mère, l’église, puis Loches ». Son nom est donné à une rue de Loches.

Après son décès, en 1930 , 3 de ses amis réunissent les « Maximes de la guerre » de ce grand savant qui fut un héros (exemples : La guerre est un jeu terrible où l’on gagne toujours, sauf 1 fois, L’homme le plus attentif est celui qui attend la mort…).

        « René Quinton appartenait à cette pléiade de personnages comme en connu le XIX° siècle et le début du XX°. Ses connaissances étaient encyclopédiques, universelles et rien de ce qui était humain ne lui était étranger. Il fut à la fois, écrivain, savant authentique, thérapeute, philosophe, philanthrope, polémologue avant la lettre, pionnier du vol à voile. Aucun titre ne manquait à cet homme de raison et de cœur. Il laissera une empreinte durable. Il a honoré l’humanité et notre département... Son nom figure dans les encyclopédies, et son corps repose en terre auboise, à Loches… ».

         Ses travaux eurent en son époque des répercussions considérables dans les domaines scientifique, thérapeutique et philosophique. René Quinton est alors célèbre et populaire dans toute la France, mais également hors des frontières.

         Il est exceptionnel qu’un médicament mis au point et appliqué il y a plus de 100 ans, soit encore constamment utilisé de nos jours, en notre évolution thérapeutique. Tel est pourtant le cas de ce fameux « Plasma de Quinton ».

            Vie sentimentale : il se marie tardivement en 1922, à 56 ans. Auparavant, il connait une longue liaison avec la célèbre tragédienne Eugénie Weber, 1er prix de tragédie en 1885.

            

 

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