Aubois très célèbres


Pierre Comestor


Pierre Comestor naît à Laubressel, canton de Lusigny, au commencement du XII° siècle (vers 1120),"sur la fin du règne de Philippe 1er, ou dans les premières années de celui de Louis le Gros, du temps de Hugues 1er, comte de Champagne, lorsque Philippe de Pons gouvernait l’église de Troyes ".

Il est appelé Comestor ou " le mangeur de livres ", car il dévorait un grand nombre de livres.

Ses parents le mettent " aux écoles qu’entretenait alors dans Troyes le chapitre de la cathédrale. Là, ses heureuses dispositions se développèrent, et il fit, dans l’étude des progrès qui lui méritèrent l’estime et la bienveillance de ses maîtres "

Hatton, de l'ordre de Cluny, évêque de Troyes, connaît bientôt ses mérites, l'élève au sacerdoce, l'attache par un canonicat à son église cathédrale et le fait chanoine de saint Loup.

A la mort d'Hatton, le siège de Troyes est occupé par Henri de Carinthie, comte Champagne, qui a épousé Mathilde de Carinthie

Le nouveau prélat, voulant se former un conseil de personnes sages et éclairées, choisit parmi ses chanoines, Comestor (ses autres conseillers sont saint Bernard, Alain, moine aussi de Clairvaux, premier abbé de Larrivour, ensuite évêque d'Auxerre, et Pierre de Celle). Il obtient du Pape Eugène III, le titre de doyen, et l'évêque, qui a pour lui une estime singulière, le fait président du chapitre.

 

"Les hommes remarquables, qui vinrent alors se former à l’école de Pierre Comestor lui firent le plus grand honneur, et témoignèrent qu’il professait supérieurement les arts libéraux et les dogmes divins. Gérald de Cambrie ou le Gallois, savant anglais, assure avoir fréquenté les cours de notre Troyen célèbre. Le savoir de Pierre Comestor, dit-il, embrassait le cercle entier des connaissances alors répandues. De nombreux élèves se pressaient autour de lui. Pendant le jour, il se promenait au milieu de ses disciples, comme Platon et Zénon sous le Portique, en résolvant les questions qui lui étaient proposées, puis, le soir arrivé, il leur expliquait les révolutions des astres".

La réputation de Comestor augmente de jour en jour, et " franchit les bornes de sa patrie. La renommée le fit connaître à Paris, et les savants se firent un plaisir de lier connaissance et de conférer avec lui " 

Maurice de Sully ayant succédé à Pierre Lombard à l'évêché de Paris, ce prélat " conçu le dessein de l'attirer auprès de sa personne pour profiter de ses lumières ".

Le prélat le fait chancelier de Notre-Dame de Paris et le charge de l'école de théologie en 1164.

"Comestor s’en acquitte avec beaucoup d’ applaudissements, et il fut regardé comme un des plus grands maîtres de son siècle."

C’est ainsi qu’il est parlé de lui dans Vincent de Beauvais et dans les lettres de Pierre, cardinal Pierre de saint Chrysogone au pape Alexandre III. Réputé de très haute culture et fort savant, le cardinal le désigne au Pape pour être candidat à la fonction de cardinal, mais il n'est pas retenu.

La renommée de Comestor est particulièrement fondée sur son Histoire Scholastique dédiée à Guillaume-aux-Blanches-Mains, fils du comte Thibaud II (imprimée en 1488, sur ordre du roi Charles VIII), qui, pendant plus de trois siècles, est regardée comme ce qu’il y a de plus parfait dans le genre.

Cette oeuvre est la suite de l’histoire sainte depuis le commencement de la genèse jusqu’à la fin des actes des apôtres (63 après J.-C.), et est divisée en seize livres. Le texte de Pierre le Mangeur montre qu'il recueille nombre de traditions juives et qu'il a des contacts avec les exégètes juifs.

C’est à Comestor que l’on doit le nom des trois mages qui vinrent adorer Jésus-Christ : Gaspard, Balthazar et Melchior.

On le trouve souvent cité dans la littérature médiévale sous la forme Magister in Historis.

Il a aussi laissé des sermons qui le font passer pour un grand prédicateur de son siècle, dont " on vante l’éloquence et l’érudition ".

Lorsqu’il pense à sa retraite, il choisit l’abbaye de saint Victor pour passer le reste de ses jours, et fait son testament en disposant de tous ses biens en faveur des pauvres et des églises. 

Il décède le 12 octobre 1179 (ou 1198), et est enterré à Saint-Victor.

Il a composé lui-même son épitaphe, retrouvée dans l'Abbaye Saint-Victor et qui rappelle les qualités de l’homme.

  

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