Aubois très célèbres


Pierre-Louis Coeur


 

 

Pierre-Louis Cœur naît à Tarare en 1805.

Voué par goût autant que par l’ordre de ses supérieurs au ministère de la parole, à 27 ans, il prêche un magnifique sermon sur la communion, à Saint-Jean de Lyon.

            Dans cette même ville, il donne la station du carême, devant une église comble et passionnée.

 

Ensuite, il y a peu de villes en France, y compris Paris, où il ne fait entendre les grands enseignements de l’Evangile.

Partout, il attire un auditoire immense, mais surtout " les classes intelligentes que charment la poésie de son style, la profondeur de sa pensée, et cet accent de conviction passionnée qui remue profondément les âmes ".

Jeune alors, et " plein de la sainte folie de la croix, l’abbé Cœur, en chaire, est plein de dignité. Sa voix onctueuse et sympathique pénètre jusque dans les parties les plus reculées de nos vieilles basiliques. "

 

On compare alors dans les journaux et dans les revues, son éloquence à celle de saint Jean Chrysostome.

 

Dans cette période de sa vie, il compose des discours sur les principaux mystères, sur les peines de l'enfer, sur la parole évangélique, sur les mauvaises lectures, sur la charité, sur le respect humain... 

On lui donne la chaire d'éloquence sacrée à la Sorbonne. " Il fallait voir l'effet immense produit par le nouveau professeur, non seulement sur la jeunesse des écoles, mais encore sur les hommes de la plus haute intelligence et de la plus grande renommée, qui se pressaient autour de sa chaire".

Il fallait qu'il interdise absolument les applaudissements toujours prêts à éclater.

 

Pierre-Louis Coeur occupe la chaire d'éloquence sacrée pendant 6 ans. C'est la période la plus heureuse de sa carrière. C'est alors qu'il se crée d'illustres amitiés qui firent l'honneur de sa vie. 

En 1848, il quitte la Sorbonne pour le siège de Troyes. Il se défend d'un honneur si redoutable à ses yeux. Il se retire à la campagne pour se préparer à son sacre en 1849.

Pendant la cérémonie qui le fait prince de l'Eglise, il ne peut étouffer ses sanglots et l'autel est trempé de ses larmes.

        

Ses discours sont imprimés et " occupent une place d’honneur dans les bibliothèques où ils sont lus et relus ".

Lors d’un discours prêché à la cathédrale pendant la Semaine Sainte, " il trouve les accents les plus saisissants et adresse à son troupeau l’appel le plus pathétique. L’impression est vive et profonde ".

A l’occasion de la bénédiction de la cloche de la chapelle de l’Hôtel-Dieu, dont il est le parrain, la Société Académique écrit : " Ce fut pour Mgr Cœur, l’un de ces jours d’inspiration, rares même pour le génie, où l’esprit divin vous touche et vous élève à des hauteurs inaccoutumées. Dans une improvisation enflammée, l’orateur demanda aux sociétés païennes compte de ce qu’elles avaient fait pour le pauvre et pour l’affligé. Il prouva qu'elles avaient été sur ce point, capital pour l’humanité, la sécheresse et l’impuissance de leurs institutions publiques, ainsi que le manque absolu, parmi elles, de la bienfaisance privée. Puis, montrant le sentiment de la fraternité et de la charité se levant sur le monde avec le Christ, il déroule le magnifique tableau de ce flot toujours croissant de générosités et de fondations charitables… Il dit les prodiges accomplis par les associations chrétiennes, par les ordres charitables d’hommes et de femmes, leur dévouement relevant les ruines de l’invasion des barbares, adoucissant les rudes mœurs de la féodalité, s’interposant dans les luttes implacables du moyen-âge…".

         " Il y avait dans Mgr Cœur, une impuissance touchante à contenir les sentiments qui l’oppressaient, lorsqu’il parlait sur des sujets attendrissants. L’émotion faisait trembler sa voix, les pleurs troublaient son regard, et, il semblait prêt à succomber sous le poids de son inspiration. Cela donnait à son éloquence je ne sais quoi de pénétrant et d’irrésistible… ".

 

Mgr Cœur avait dans son style, l’ampleur de la majesté des prophètes, jointe à une sensibilité ardente et à une sorte de pieuse tristesse qui s’accompagnait bien avec sa devise : " souffrir et compatir "

 

Il décède au château de Charmont-sous-Barbuise (Aube) en 1860 et est inhumé à la cathédrale de Troyes.

  

 

 

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