Aubois très célèbres


Mgr de Boulogne


 

Etienne-Antoine naît à Avignon en 1747. Il "ne parvient que tard à l’école, par la négligence de ses parents. Il y vient cependant assez tôt pour donner à ses maîtres les plus hautes espérances. Les bons Frères entrevirent bien vite les desseins de Dieu sur cet enfant extraordinaire par son intelligence, son ardeur au travail et sa piété."Ils lui apprennent à lire, à écrire et à compter. A 15 ans, il sort de pension après sa rhétorique qu’il a fait seul, à l’aide de quelques livres d’emprunt. A moins de 18 ans, il entre au Grand Séminaire et reçoit le sous-diaconat 5 ans après. Ses dispositions pour la chaire s’éveillent de bonne heure. L’archevêque le fait prêcher avant même qu’il soit diacre : " l’extrême jeunesse de l’orateur, que rehaussaient les charmes peu communs de sa personne, l’exception toute nouvelle dont il était l’objet, son talent incontestable déjà, lui valurent d’unanimes applaudissements ". Devenu prêtre, il exerce surtout la prédication. L’organe de l’orateur " a de la puissance et de l(harmonie, son geste est vrai, noble, énergique, sa diction véhémente...". Il est couronné par l'Adadémie de Montauban, pour le prix d'éloquence de 1773

Il arrive à Paris en 1774, et emploie tous ses loisirs à aller entendre les prédicateurs en vogue. Lui-même, se fait entendre avec faveur, et sa réputation commence dans la capitale. En 1776, année jubilaire, il est mis à contribution dans de nombreuses églises de Paris. C’est un vrai triomphe, une révolution dans les mœurs de la capitale : " jamais spectacle plus consolant pour la piété, jamais on ne vit plus d’aumônes en tout genre, plus de conversions éclatantes… "

Dès 1775, sa réputation commence à Paris. Il est appelé à Versailles, et prêche devant Mesdames de France, Adélaïde, Victoire et Sophie, tantes de Louis XVI. Un tel auditoire n’intimide pas le jeune orateur.

En 1782, il prêche le Panégyrique de saint Louis à l’Académie des sciences et belles-lettres et est ovationné par tous, dont d’Alembert.

Le cardinal de Rohan, grand aumônier, ayant entendu parler du Panégyrique de saint Louis et ayant assisté à son éloge du Dauphin, le désigne pour prêcher le sermon de la Cène devant le Roi, en 1783. De la manière dont il allait se tirer de ce pas difficile, dépendait sa fortune. Le roi, très satisfait, dit au grand aumônier: " Il faut faire prêcher ce jeune prêtre". Le jour même, de Boulogne est retenu pour les carêmes de 1786 et 1787 à la Cour.  

Louis XVI lui assigne en même temps, une pension de 2.000 francs, avec le titre de prédicateur à la Cour.

Lors de l’assemblée du clergé de 1785, on lui demande le panégyrique de saint Augustin, qui se prêche tous les ans, devant la grande assemblée. Ce discours est l'un des plus beaux, et " celui dont la chaire française du XVIII° siècle s’honore davantage, on sent que c’est un maître qui parle devant des maîtres ."

Le point culminant de sa carrière oratoire avant la Révolution, est " sa station " de 1787 à la cour. Louis XVIII, après la Restauration, lui en parlait encore avec plaisir.

Pendant la Terreur, il s’occupa de polémique religieuse dans les journaux, étant collaborateur puis directeur des Annales ecclésiastiques.

En 1808, Mgr de Boulogne, aumônier de l’empereur est nommé évêque de Troyes et créé baron de l’Empire. Il est sacré en 1809.

Il fait un sermon à Notre-Dame, le 3 décembre 1808 jour anniversaire du sacre et de la bataille d’Austerlitz. Toute la cour accompagne l’empereur à Notre-Dame, et c’est une cérémonie magnifique. L’empereur sur un trône dans le chœur, l’impératrice, les rois de Naples, de Saxe, Bavière, Wesphalie, Wurtemberg, plusieurs princes souverains d’Allemagne, 11 cardinaux, de très nombreux évêques, tous les ambassadeurs, les ministres, les grands officiers, les sénateurs, le Conseil d’Etat, les cours souveraines, l’Université, l’armée étaient là. Une chaire provisoire est placée en face du trône. Mgr de Boulogne tient sous le charme son immense et imposant auditoire. L’empereur se montre satisfait.

Un Concile national s’ouvre en 1811. La 1ère session se tient à Notre-Dame. L’évêque de Troyes, orateur obligé de toutes les solennités publiques prêche après l’évangile. L’auditoire est immense, 100 évêques occupent les stalles ayant devant eux leurs théologiens et leurs aumôniers, la foule remplit les bas-côtés.

Dans la nuit du 11 au 12 juillet, l’évêque est arrêté, ses papiers saisis, il est conduit au donjon de Vincennes, au secret, sans livres, sans encre ni papier.

Il est à nouveau arrêté le 28 novembre 1813 et enfermé au donjon de Vincennes, au régime rigoureux. On lui refuse jusqu’à un rasoir pour se faire la barbe… Le 6 février 1814, il est conduit à la prison de la Force à Paris. Les alliés ayant pris le gouvernement de Paris, l’un des premiers actes de l’empereur de Russie fut d’élargir les prisonniers politiques, dont notre évêque.

Il prend part au triomphe que Paris fait à M. le comte d’Artois le 12 avril 1814 et au roi le 3 mai : " Monseigneur l’évêque, lui dit le roi en souriant, nous nous souvenons de votre talent d’orateur et nous pourrons y faire appel à l’occasion.  Vous avez été le dernier qui avez prêché à la cour avant la Révolution, vous serez le premier après la Restauration ".

Louis XVIII le nomme à l’archevêché de Vienne.

Léon XII l’autorise à porter le titre d’archevêque-évêque.

Le vendredi 13 mai 1825 à Paris, la presse titre : " Nous avons la douleur d’annoncer la perte que viennent de faire la religion, l’épiscopat et l’éloquence chrétienne " Les obsèques ont lieu à Saint-Sulpice.

Monseigneur de Boulogne avait manifesté l’intention que, en cas de mort à Paris, son cœur fut porté à Troyes. Le 28 mai, le vicaire général apporte donc précieusement à Troyes ce dernier souvenir de l’illustre prélat à ses ouailles bien-aimées.

Le diocèse de Troyes, toujours reconnaissant des services que lui rendit Mgr de Boulogne et de l’honneur insigne qu’il fit au siège de saint Loup, fait exhumer, en 1842, les restes de notre prélat, pour les déposer dans la cathédrale.

Etienne-Antoine de Boulogne (XCV° évêque de Troyes 1809-1825) chancelier de la compagnie d’infanterie pontificale fut le plus grand prêcheur de son époque : " Il y a de la chaleur dans tout ce qu’il écrit. L’organe de l’orateur a de la puissance et de l’harmonie, son geste est vrai, noble, énergique, sa diction véhémente ".

   

 

 

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