Troyens très célèbres



Les Casimir-Perier


Les Aubois n’ignorent pas que le souvenir de cette illustre famille est lié à leur département. La branche la plus célèbre de cette véritable dynastie s’est en effet fixée à Pont-sur-Seine en 1821, par l’achat de l’antique domaine. Le magnifique château du XVII° siècle avait été incendié au cours de la Campagne de France. Casimir-Pierre Perier, le futur Président du Conseil, n’acheta donc que les dépendances du château primitif et ce sont celles qui, restaurées et agrandies, formèrent le second château après 1825. Auguste Casimir-Perier, son fils, qui fut ministre de M. Thiers, fit détruire cette demeure et fut l’artisan du château actuel !

 

La famille Perier, depuis Jacques (1702-1782), a écrit son nom sans accent comme en témoignent les signatures à l’état-civil.

 

         Casimir-Pierre Perier, Président du Conseil sous Louis-Philippe est né le 11 octobre 1777 à Grenoble, il était le septième des 10 enfants de Claude Perier, conseiller en la chambre des Comptes du Dauphiné. Banquier à Paris, il épouse en 1805, épousé Mlle Marie, Cécile Loyer, d’une famille de la bourgeoisie lyonnaise. Après une longue série de spéculations commerciales couronnées de succès, il publie plusieurs brochures retentissantes sur des questions financières et est envoyé en 1817 à la Chambre des Députés. Il participe à la fondation de l’Ecole supérieure de Commerce (1816-1820) et de l’Ecole centrale des Arts et Manufactures (1829). C’est en mars 1821 qu’il achète la propriété de Pont-sur-Seine. Il est un imposant banquier appartenant à la Haute Banque parisienne et régent de la Banque de France de 1822 à 1832. A la Chambre, il siège au parti monarchique constitutionnel, et se signale par son éloquence de polémiste pendant une longue et rude campagne d’opposition. En 1828, il a le privilège d’être élu député à la fois à Paris et à Troyes. Il opte pour la circonscription auboise, et est réélu en juillet 1830. C’est alors que Charles X (1824-1830) promulgue les ordonnances qui déclenchèrent la Révolution de Juillet. Il est amené, malgré lui, à aider le mouvement révolutionnaire et, lorsque la monarchie s’effondre, il appartient à la  commission provisoire après que Charles X lui eut vainement offert un ministère, en tentant de sauver son trône. Elevé ensuite à la présidence de la Chambre, il est nommé ministre sans portefeuille, et est réélu député de l’Aube. En février 1931, il se voit confier le portefeuille de l’Intérieur avec la présidence du Conseil. En juillet, il est à nouveau élu député de l’Aube. Il meurt brusquement (on attribue sa disparition au choléra qui sévissait) en mai 1832. Sept discours sont prononcés lors de ses obsèques, au moins 31.000 parisiens suivent le convoi. Un monument commémoratif est édifié au Père-Lachaise et un à Bar-sur-Aube.

 

         Auguste Victor Laurent Casimir-Perier, fils aîné de Casimir-Périer, nait le 30 août 1811. Il débute comme secrétaire d’ambassade à Londres en 1832, puis il est nommé très rapidement, dans diverses capitales européennes.  Il est chargé d’affaires à Naples en 1839, puis à Hanovre en 1843, il représente le canton de Nogent-sur-Seine au Conseil général de l’Aube (1841-1851). En 1846, il est nommé Grand Officier de la Légion d’Honneur et élu député de la Seine, puis en 1848, il se retire dans sa propriété de Pont. Les Aubois le font entrer à l’Assemblée législative en 1849. Il écrivit de nombreuses publications sur les finances et l’économie politique. En 1852, le sous-préfet de Nogent regardait Casimir Perier comme un des « hommes politiques les plus considérables » de son arrondissement. En 1861, il est élu conseiller général du canton de Nogent. Cet opposant de l’Empire n’est pas épargné par les Prussiens lorsqu’ils envahissent le département de l’Aube. Arrêté comme otage, il est emprisonné à Troyes, puis envoyé à Reims où il reste détenu jusqu’à l’armistice. En février, il est brillamment élu député de l’Aube. Il adopte la politique d’A. Thiers. Après s’être fait remarquer pour sa compétence financière, il est nommé en 1871, Ministre de l’Intérieur, puis élu Président du Conseil Général de l’Aube. Il n’a pas de peine à faire nommer préfet de son département en 1872, le futur homme d’Etat, Paul Cambon (1843-1924), avec lequel il était lié d’amitié. En 1873, il est nommé à nouveau Ministre de l’Intérieur. En mai 1874, un décret l’autorise à ajouter à son nom patronymique de Perier, celui de Casimir et à devenir ainsi le chef de la lignée des Casimir-Perier. Il avait voulu faire modifier son nom de famille, en hommage à son père. En décembre 1875, notre député de l’Aube est élu pour le premier Sénat, sénateur inamovible. Il décède le 6 juillet 1876.

 

         Jean-Paul-Pierre Casimir-Perier, fils aîné de l’homme d’Etat, naît le 8 novembre 1847. Sa jeunesse est « grave et travailleuse, comme soucieuse de la gloire de porter un nom aussi grand ». Les palmarès du Lycée Bonaparte qu’il fréquente de 1862 à 1866 révèlent que c’était un « fort en thème ». Licencié en Droit et ès-Lettres, ce grand bourgeois curieux de questions militaires, collabore, en 1870, à la création du Corps des mobiles de l’Aube. Il se distingue au combat comme capitaine et est décoré de la Légion d’Honneur. Lorsqu’Auguste Casimir-Perier démissionne de son mandat de conseiller général de l’Aube, c’est en faveur de Jean, qui est élu (sans concurrent) en juillet 1874. Il devient député en février 1876 (seul candidat dans son fief). En 1877, Jean Casimir-Perier devient secrétaire de plusieurs bureaux de la Chambre, lorsque surviennent les évènements du 16 mai qui amenèrent sa dissolution. Il devient député et est immédiatement appelé aux fonctions de Sous-secrétaire d’Etat à l’Instruction publique (1877-1879). Il est réélu député en août 1881, et démissionne fin janvier 1883, lorsque la Chambre discute une loi hostile aux anciennes familles régnantes. Il est réélu en mars et redevient Sous-secrétaire d’Etat en octobre. Le 23 juillet 1884, le capitaine Armand Henri Pierre Casimir-Perier, frère cadet du député de l’Aube, décède au Pérou d’une angine couenneuse. Son corps arrive le 27 octobre à Pont. En octobre 1885, Jean Casimir-Perier est réélu député de l’Aube et occupe le poste de vice-président de la Chambre. Il est réélu une fois de plus en 1889. En 1890, il accueille à Troyes le Président Carnot… sans savoir qu’il lui succéderait bientôt à la tête de l’Etat. Il reste sans interruption vice-président de la Chambre et cumule cette fonction avec celle de membre de la commission du budget, jusqu’à son élection comme Président de la Chambre, le 10 janvier 1893. Le 9 avril, le député de l’Aube est fêté comme il convient par ses concitoyens, par un banquet de 2.500 couverts ! Il est réélu le 30 août. Il devient Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères en décembre 1893. Il démissionne le 22 mai 1894, las de gouverner avec une majorité que l’on a qualifiée de « fuyante », mais il est de nouveau porté à la Présidence de la Chambre le 2 juin et, enfin, à la Présidence de la République le 27, à la suite de l’assassinat du Président Carnot. A cette occasion, il reçoit de très nombreux télégrammes de félicitation de Troyes et de l’Aube. Le journal « Le Temps » écrivait après l’élection suprême : « Il ne suffisait pas, dans les circonstances présentes, que le premier magistrat de la République fût un homme de mérite, il fallait que ce fût l’homme auquel les autres avaient pensé, tandis qu’il n’y pensait pas lui-même ».

 

Président de la République, Casimir-Perier se heurte aux mêmes difficultés et aux mêmes adversaires qui avaient entravé son activité comme président du Conseil. L’instabilité ministérielle a raison de son endurance politique. Les crises de cabinet se succédent à une telle cadence que, le 15 janvier 1895, le chef de l’Etat démissionne, imitant le Président du Conseil Barthou. Le reste de sa vie est consacré à la philanthropie, à sa famille, à ses intérêts financiers.

 

Le Président décède le 12 mars 1907, d’une angine de poitrine.

 

Le couple présidentiel ne connut pas la première guerre mondiale qui emporta son fils Claude, tué le 12 janvier 1915, à la tête d’une compagnie du 276° Régiment d’Infanterie.

 

         La première école publique de Troyes (anciennement du Ravelin, voir ce chapitre) est dénommée Ecole Casimir Périer

 

Le 30 avril 1910, le Conseil municipal de Troyes donne le nom de Casimir Perier à la Place en haut du Boulevard Gambetta. Comme il est normal, le Conseil municipal de Pont-sur-Seine en fait de même, ainsi que de  très nombreuses villes de France.

 

         A l’Assemblée Nationale, un Salon porte le nom de Casimir Perier.

 

Jean Casimir-Périer fut président de la S.N.T., Société Nautique troyenne (voir ce chapitre) pendant 25 ans, jusqu’au moment où il est élu Président de la République, en 1894.

 


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