Aubois très célèbres


Le baron Louis-Jacques Thenard


 

Le Conseil municipal de Troyes donne le 25 octobre 1932 , le nom de Thenard à une rue parallèle au Boulevard de Dijon, depuis 1858, la rue Thenard porte son nom dans le 5° arrondissement de Paris en face du Collège de France), son nom est inscrit sur la Tour Eiffel, et dès le 20 juillet 1861, une statue en pied est élevée à sa mémoire à Sens (fondue par les Allemands en 1942), et, par décret du 20 novembre 1864, la commune de La Louptière est autorisée à ajouter à son nom celui du baron Thenard. En 1955, un buste en marbre a remplacé la statue, un timbre de 15 F est à son effigie. Le buste a été inauguré en présence de son petit-fils, M. le baron Thénard et de son épouse Mme la baronne.

 

         Fils de la terre, étudiant brillant, professeur recherché, savant passionné, homme de bien et de devoir, tel est celui que je vais vous faire revivre, afin qu’il soit connu, honoré et imité. Sa vie fut trop intense, son activité trop féconde, ses qualités, trop éminentes, pour que tombe sur elles, le voile de l’oubli. Les générations actuelles ne doivent pas ignorer les pionniers de leur culture et les défricheurs de leur science.

 

         Louis-Jacques Thenard naît le 4 mai 1777. Ses parents tiennent un fermage pour la famille Montessus, sur la Louptière et les environs. Ils ont 7 enfants à élever. La mère destine ses 2 fils à l’étude. A 9 ans, Louis-Jacques est envoyé en pension chez le curé de Villeneuve-l’Archevêque. L’abbé Maget sait discerner ses dons et, grâce à lui, l’enfant est confié à 11 ans au collège de Sens. La Révolution ferme le collège, mais il est déjà si brillant qu’un de ses Maîtres le prend personnellement en charge et lui fait achever ses études littéraires.

 

         Sous la Terreur, Jacques-Louis vient passer 1 an chez ses parents. Sa famille éprouve à ce moment des difficultés financières et se trouve placée devant un dilemme : le « ramener à la charrue » ou « le jeter dans la tourmente » en l’envoyant à Paris. C’est finalement cette dernière solution qui prévaut. Au printemps 1794, il part à pied, avec 2 camarades, chacun n’ayant qu’un baluchon et, pour toutes ressources, 16 sols à dépenser par jour à Paris. Louis-Jacques rêve de devenir pharmacien. Les 3 amis s’installent dans une même chambre chez un ménage d’Auvergnats du Quartier Latin où ils prennent aussi leur souper. Thenard fut toujours servi par une admirable mémoire. Il découvre vite  qu’il lui faut manier éprouvettes et appareils. Il suit tout d’abord les cours publics du Muséum. L’étudiant pauvre ambitionne d’entrer comme préparateur au laboratoire de la fabrique de produits chimiques Foureroy, Dessères et Vauquelin, où les élèves doivent payer 20 francs par mois. Il offre de servir de garçon de laboratoire en compensation du prix de la pension. Le maître refuse, mais les sœurs de Foureroy disent : « Il est gentil ce petit. Tu devrais le garder. Il aiderait dans le laboratoire et surveillerait notre pot-au-feu que tous les muscadins nous laissent trop bouillir ». Il suit ensuite Vauquelin professeur à l’Ecole des Mines, où il lui sert de préparateur bénévole. En 1799, alors qu’il est répétiteur à l’Ecole Polytechnique où professe Vauquelin, le citoyen Chaptal, ministre de l’Intérieur, lui dit : « Le bleu d’outre-mer nous manque.  C’est un produit rare et cher et la manufacture de Sèvres a besoin d’un bleu qui résiste au grand feu. Voici 1.500 francs. Va me découvrir un bleu remplissant les conditions que je t’indique ». « Mais, dit Thenard, je… ». « Je n’ai pas de temps à perdre, reprend Chaptal, va-t-en et rapporte-moi mon bleu au plus vite ! ». 15 jours après, le problème était résolu ! Thenard, 35 ans plus tard, encourage puis couronne un de ses élèves pour la découverte d’un nouveau bleu qui, plus pur et meilleur marché, détrône sa propre découverte !

 

En 1818, il découvre l’eau oxygénée, ce produit nouveau a un succès si prodigieux que le scandinave Berzélius vient à Paris tout exprès pour se documenter sur ce que, sceptique, il appelait « un beau pucelage » !  Il faut citer aussi ses travaux de la bile à la sueur, du sucre à l’huile,  sur le bore, la possibilité qu’on lui doit de préparer en grand potassium et sodium par réaction purement chimique, les progrès qu’il fait faire à la fabrication de la céruse et à l’épuration des huiles d’éclairage, sa découverte d’un mastic protecteur des monuments… Des centaines d’études, de mémoires portent les fruits de ses travaux dont il condense l’essentiel dans 2 ouvrages magistraux que pendant un siècle ont utilisés enseignants, étudiants et chercheurs de tous pays : « Les Recherches physico-chimiques » 

 

         De ses travaux, à 22 ans, il tire un premier Mémoire qui lui obtient la plus haute récompense de l’Institut de France. A 27 ans, il est admis à enseigner au Collège de France, à 32 ans, il est professeur de chimie en Sorbonne, et à 33 ans à l’Ecole Polytechnique. Les anecdotes abondent qui révèlent des amphithéâtres pleins à craquer et à la porte desquels on se bouscule pour entrer.

 

         Il fut député de l’Yonne de 1827 à 1832, Pair de France, Conseiller de l’Université en 1830. Brevets d’invention, poids et mesures, propriété littéraire, moyens de communication, monnaies, législation des vins et alcools, exercice de la médecine, douanes, sollicitèrent le parlementaire. L’une de ses plus habiles et patientes stratégies (de 1830 à 1848), fut celle qui permit à la production naissante des betteraves à sucre de se dégager de la concurrence des sucres coloniaux et de se développer en métropole.

 

         En 1810, il fait un riche mariage avec Mademoiselle Humblot petite fille du fameux Humblot-Conté. Sa carrière extrêmement féconde lui a valu les plus hautes positions à travers plus d’une demi-douzaine de régimes politiques. Comme chancelier de l’Université, l’ancien petit laboureur de la Louptière eut l’honneur de marcher en tête de tous les corps enseignants. Il fut précepteur d’au moins 2 princes, dont le duc d’Angoulême.

 

         On doit à son incomparable mérite 2 noms : Thenardie, une plante et Thenardite un minerai.

 

         Louis-Jacques était attaché à son village natal, et y venait chaque automne y passer quelques jours, pendant lesquels il ouvrait souvent sa bourse pour cette humble commune. Un jour, un habitant de La Louptière osa lui demander la permission d’attribuer à l’auberge qu’il tenait, l’enseigne « Au grand chimiste », ce qui lui fut accordé.

 

         Il a publié des centaines de mémoires scientifiques, ayant formé quelque « 40.000 élèves ».

 

Il décède le 21 juin 1857.

 

A 48 ans, en 1825, il consent à recevoir le titre de Baron que lui offre Charles X. En 1832, à 55 ans, il est appelé à la Pairie en succession de Cuvier, et il vient s’asseoir à côté des vieux Maréchaux de l’Empire et des plus grands personnages de l’ancienne noblesse. En 1845, il devient Chancelier de l’Université.

 

Sa notoriété a franchi les frontières. Membre correspondant de 20 Académies et Sociétés savantes dans une dizaine de pays d’Europe, il a reçu de ces Etats, les plus hautes distinctions honorifiques.

 

Chevalier de la Légion d’Honneur à 37 ans, de grade en grade il accède à celui de Grand Officier à 60 ans.           

 

 

 

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